LE PARQUET FAIT APPEL. Selon le journal LA MEUSE (18.09.2017), qui aurait recueilli les confidences de Philippe DULIEU, Procureur du Roi de Liège.

Non, ce n’est pas de l’acharnement ni de l’animosité !

La partie civile ne s’est pas encore prononcée mais je voudrais rappeler que dans ses déclarations au psychologue chargé d’expertiser sa crédibilité Mademoiselle G. ( 26 ans,n qui ne s’est jamais présentée au procès) disait :

Sur le plan des plaintes actuelles : « Je suis stressée. Je pense que ce serait plus vite passé si je n’avais pas déposé plainte».

( à suivre)

Victor Hissel : fin de saga ?

Comme une grande partie de la presse l’annonce aujourd’hui : Me  Victor Hissel a repris ses activités professionnelles.
Ce qui est exact depuis le 27 août 2013 : fin de suspension effective, puisque condamné à une suspension d’un an par l’Instance disciplinaire d’appel  en fin février 2013, il bénéficie d’un sursis, avec conditions probatoires, pour six mois (et ce jusqu’en février 2018).

On peut lire déjà sur un certain nombre de forums en ligne les réactions négatives, voire scandalisées, sous les articles qui annoncent cette reprise par l’avocat, de ses activités normales.

Il apparaît évident que les circonstances atténuantes ont été minutieusement examinées  et accordées, replaçant ce qui est reproché à l’avocat, et ce pourquoi il fut condamné,  dans un contexte  de vie et d’évolution qui fut scruté avec minutie mais sans passion.

C’est le 28 février 2013 que le conseil de discipline d’Appel de l’Ordre des Barreaux Francophones et Germanophones réformait ainsi la décision  du Conseil de Discipline de Liège, du 29 mars 2012, qui sanctionnait l’avocat d’une radiation à vie.

Si on a l’occasion de la lire en entier, on peut constater que cette sentence d’appel est développée avec une très grande rigueur et ne n’occulte rien du passé pénal de l’avocat, dans les attendus, les rétroactes, la discussion et même  la réfutation des arguments juridiques invoqués par  la défense, ainsi que dans les considérations sur la sanction et les circonstances atténuantes. Ce qui fait qu’en cette fin de saga on peut survoler dans sa globalité ce que fut l’itinéraire de l’avocat Victor Hissel. Mais il faut lire tout jusqu’au bout.

C’est pourquoi le lecteur de ce blog trouvera en annexe (sentence d’appel), l’entièreté de la sentence en document pdf. 

Mais ce qu’il faut souligner, c’est que se dégage de ce texte en plus du respect de tous les aspects de la procédure et de la jurisprudence disciplinaire, le respect des droits et de la personne de l’accusé.

En août 2010 alors qu’il était le centre d’une campagne d’articles destructeurs de la part de la presse écrite et audio-visuelle  ( j’ai conservé une centaine d’articles et d’enregistrements)   j’ai rédigé sur ce blog un premier texte, à propos de « l’affaire Hissel » (VICTOR HISSEL DOIT-IL CONTINUER A VIVRE ?( https://hisselsaga.wordpress.com/2010/08/) dans lequel je disais:

« Il m’est apparu évident, tant il était isolé, que le simple fait de vouloir continuer à vivre, difficilement, non seulement face à  la réprobation sociale mais aussi face au  risque d’effondrement de lui-même, était ressenti par beaucoup et même par des proches,  comme une arrogance insupportable. Comme s’il fallait le détruire complètement. C’est cette puissante capacité de réduire l’image d’un homme à sa faute que je veux combattre ici. »

Eh bien c’est cette rigueur intellectuelle qui replace l’homme accusé dans le contexte de tout ce qu’a été sa vie en refusant la caricature et le réductionnisme que j’ai retrouvé dans les dernières pages de la sentence d’appel.

 

(…) 4. SUR LA SANCTION

L’appelant sollicite la clémence du conseil de discipline d’appel et demande la réduction de la peine prononcée et/ou l’octroi d’un sursis, le cas échéant probatoire, voire le bénéfice de la suspension du prononcé.
Il demande aussi la suppression de la mesure de publicité de la sentence qui a été décidée par la sentence dont recours, laquelle serait inutilement vexatoire..
  1. a.      But de la sanction.
Ainsi qu’il a déjà été dit ci-dessus, il incombe à la juridiction disciplinaire de faire le choix de la nature et de la hauteur de la sanction en se déterminant par rapport à la gravité et à la spécificité du grief déclaré constant, à la personnalité du contrevenant et aux impératifs d’une bonne pratique professionnelle.
  1. b.     Les critères d’appréciation.
En ce qui concerne la gravité des faits, le conseil de discipline d’appel renvoie à ce qu’il a déjà écrit ci-dessus sub 3, b à propos de l’atteinte à l’honneur de l’Ordre des avocats et aux principes de dignité, de probité et de délicatesse qui font la base de la profession d’avocat et doivent garantir un exercice adéquat de celle-ci.
 
En ce qui concerne la personnalité de l’appelant le conseil d’appel se penchera, sur la foi des renseignements portés à sa connaissance, successivement, sur sa biographie, sa carrière, ses engagements associatifs, son profil psychologique et sur les circonstances atténuantes susceptibles d’être retenues dans son chef.
 
L’appelant est né, le 30 janvier 1956 dans le hameau de Te-Berg du village de MONTZEN (actuellement PLOMBIERES), dans la région des Trois-Frontières.
Ses parents étaient fermiers.
 
Il était le puîné dune famille de 4 enfants : sa soeur aînée est décédée le 29 juin 2010, son frère cadet, qu’il a fait entrer chez HANNECART ET RASIR (aujourd’hui ELEGIS) est avocat à Eupen, de même que le fils de sa soeur cadette.
 
Sa maman, âgée de 87 ans, vit aujourd’hui en la maison de repos du village, tandis que son père est décédé en septembre 1990.
 
Divorcé en novembre 2009, suite aux événements évoqués en partie ici, l’appelant s’était marié le 24 juin 1982, union dont sont nés deux enfants, Célianne (25 ans) et Romain (24 ans).
Son parcours scolaire fut exemplaire :
 
–        primaires à l’Ecole Communale de Montzen : il sortira premier (sur 252) du « concours cantonal » d’Aubel, avec 95,5 % ;
–        secondaires: 3 ans (« modernes ») en internat à Carlsbourg, chez les Frères des Ecoles Chrétiennes, puis 3 ans (« Scientifique A ») à Gemmenich (acte Plombières au collège Notre – Dame des Oblats de Marie Immaculée ;
–        Université en droit à l’ULG : sortie en 1979, sans échec.
 
Il entrera au Barreau de Liège, sous le Bâtonnat de Me René THIRY, en novembre 1979.
Stagiaire officiel de feu Maître Luc MARCHAL (alors le conseil attitré de la CSC de Liège), il fera ses
classes, outre les dossiers pro deo, en collaborant avec Maître J.L. DEWEZ, généraliste et curateur de faillites, et avec Maître P. DELBOUILLE, pénaliste de la place, avec lequel il fera ses premières cours d’assises.
 
A la demande du futur Bâtonnier M.MERSCH, il se présentera avec lui au conseil de l’ordre, où il sera élu, puis réélu, en 1992-93 et 1993-94. Il y assumera la charge de rédacteur en chef du Bulletin de l’Ordre (jusque septembre 1996).
 
Le Bâtonnier MERSCH le chargera en outre de mettre au point la réforme du BCD (le BAJ de l’époque) en vue de permettre l’avènement de l’aide légale (le BAJ d’aujourd’hui).
 
Membre de diverses commissions de l’Ordre durant l’ensemble de son parcours, il sera aussi un membre assidu du FC Barreau, et participera en outre à de nombreuses activités de lOrdre et du  Jeune Barreau, jusquà ce jour.
 
Durant sa jeunesse au village natal, il a fait toutes ses classes au Patro Saint-Louis, de benjamin (à partir de 6 ans) à président : il a ainsi participé à de nombreux camps et activités de plein air, comme patronné, puis comme animateur, enfin comme président.
 
Jamais aucune plainte ne fut émise à son encontre : il était au contraire particulièrement apprécié dans son village. Pendant ces années, il aidait aussi ses parents à la ferme familiale, tout en menant de front ses études primaires, puis secondaires.
 
Plus tard, il fit partie de léquipe de football locale.
 
A divers autres titres, il a également participé, toujours sans la moindre plainte de quiconque, à de nombreuses activités d’animations pour jeunes (Festival Non Stop à Welkenraedt, Manoir à Kettenis, … )
 
A l’Université, il sest engagé avec dautres à POUR LE SOCIALISME, et dans les activités estudiantines.
 
A partir de son entrée au Barreau, il a privilégié la vie avec les confrères, via les activités de l’Ordre, de la CLJB, du football du Barreau, etc.
 
On connaît son engagement professionnel dans les matières qu’il préférait (pénal, jeunesse, faillites, droit des victimes, …), et dans certaines des affaires qu’il a menées au long de sa carrière (« Marc et Corinne », « Julie et Mélissa », Elisabeth BRICHET, Gevrije GAVAS, plusieurs cours dassises, tant à la défense des accusés que des parties civiles).
 
Actuellement, il continue de gérer son cabinet, seul, et une quarantaine de faillites anciennes (le Tribunal de Commerce a en effet cessé de le désigner dans de nouveaux mandats depuis son inculpation en février 2008). D’après l’appelant, ‘de nombreux clients lui ont gardé leur confiance. Il affirme vouloir les défendre avec sérieux et détermination.
 
Plusieurs décisions obtenues dans des affaires qu’il a plaidées depuis 2008 ont fait l’objet, encore très récemment, de publications, parfois commentées, dans des revues juridiques spécialisées, y compris en Flandre (JLMB, JT, RDP, TVS, …).
 
Plusieurs affaires importantes de son cabinet sont fixées sur calendrier, en passe dêtre plaidées ou en voie d’être jugées; des faillites en cours sont à clôturer, ou en voie de l’être; l’appelant est régulièrement désigné par le BAJ, y compris pour des affaires .en néerlandais, pour lesquelles les candidats ne sont pas pléthore à Liège.
 
Malgré le ralentissement très réel de ses affaires, durant les 5 dernières années, l’appelant affirme avoir pu, à ce jour, grâce à une gestion saine et prudente de son cabinet, avec restriction sévère des dépenses, tant professionnelles que privées, maintenir jusqu’ici une situation financière saine et en équilibre.
 
Afin de parer aux conséquences des événements et des procédures mues contre lui, et d’une éventuelle- sanction l’empêchant d’exercer temporairement ou définitivement sa profession, l’appelant déclaré s’être appliqué à entretenir, voire à améliorer ses compétences : certificat universitaire pour mandataires de crise, aux Ateliers des FUCAM (25 novembre 2010), séminaire de procédure pénale internationale ULG (2011-2012). Il atteste avoir suivi des cours d’approfondissement de la langue allemande, à l’Académie des Langues de Liège.
 
Il souhaite pouvoir encore faire face à ses obligations alimentaires à caractère familial : il déclare servir une pension alimentaire de 1.250 Euros par mois pour la subsistance de son ex-épouse, et de leur fils Romain, qui ne travaillent actuellement ni l’un, ni l’autre.
 
Le témoignage du professeur MORMONT devant la juridiction d’appel a apporté un éclairage décisif sur la personnalité de l’appelant, sur ses difficultés passées et actuelles et sur l’absence de risque de récidive.
 
Les rapports psychologiques et psychiatriques qui figuraient déjà dans la procédure pénale annonçaient d’ailleurs déjà les mesures concrètes qu’il avait prises pour entamer un suivi psychologique.
 
Sagissant de faits de la vie privée perpétrés en solitaire par l’intéressé dans un contexte de grande souffrance morale, et divulgués à son corps défendant, la sanction de radiation infligée en la première instance apparaît donc disproportionnée, dautant que l’intéressé peut faire valoir certaines circonstances atténuantes :
 
–        l’absence d’antécédents disciplinaires ;
–        le contrecoup, frustrant pour lui, de l’affaire Dutroux qui semble l’avoir plongé dans le plus extrême désarroi ;
–        les regrets qu’il a manifestés devant le conseil d’appel, lesquels sont étayés par sa prise, de conscience des fautes commises et sa volonté d’amendement ;    
–        les difficultés personnelles et professionnelles rencontrées (divorce, rupture avec ses enfants, mépris public, difficultés financières liées à la perte de la confiance dans laquelle il était tenu  auprès du tribunal de commerce de Liège qui le désignait jadis en qualité de mandataire de justice) ;
 
L’appelant souligne aussi (ce qui est de nature à rassurer encore, pour autant que de besoin, sur la connaissance qui est la sienne de la jurisprudence disciplinaire), que dans son analyse citée supra, Philippe HALLET relève que les conseils de discipline retiennent, à titre de circonstances atténuantes, notamment labsence dantécédents disciplinaires, la prise de conscience des fautes commises, la volonté d’amendement et les difficultés personnelles ou professionnelles rencontrées par l’intéressé.
L’engagement social de l’intéressé ou le dévouement dont il a pu faire preuve en faveur de son Ordre ont également été retenus au bénéfice des prévenus.
 
Ces éléments seront donc pris en considération en faveur de l’appelant.
 
Il en va de même de son engagement dans l’Ordre des avocats, lequel n’a pas été mis en doute : élu plusieurs fois conseiller de l’Ordre, il a participé bénévolement à diverses commissions et s’est montré, comme on l’a vu, actif, créatif et dévoué.
 
En ce qui concerne l’examen préalable des impératifs d’une pratique professionnelle adéquate, il s’impose de préciser que celui-ci s’inscrit dans la perspective de toute démarche de sanction : la recherche des meilleures conditions de la réinsertion.
 
En effet, dans une société démocratique, la sanction ne peut participer d’une logique d’exclusion.
 
La gravité intrinsèque des faits commis doit donc ici être mise en rapport avec l’état quasi dépressif dans lequel l’appelant se trouvait à l’époque de leur perpétration et avec la mise en place par lui, depuis lors, dun suivi thérapeutique adéquat de nature à dissiper tout risque de récidive.
 
L’engagement total dont l’appelant a fait preuve en faveur des enfants victimes de Marc Dutroux, et la sincérité de son combat pour l’amélioration des droits des victimes et la lutte contre la pédophilie ne peuvent être rétrospectivement niés, de même que son dévouement à l’égard de l’Ordre des avocats et de ses clients.
 
Il s’impose donc de faire le choix d’une peine qui permettra à l’avenir à Maître HISSEL de reprendre et de poursuivre l’exercice de sa profession d’avocat, afin d’être en mesure de répondre de toutes ses obligations à l’égard de sa famille, de ses clients, du Barreau et de la société en général.
 
Un sursis probatoire partiel sera aussi ordonné afin de permettre à l’Ordre des avocats d’encadrer et de soutenir la réalisation de ces objectifs, et de préserver Maître HISSEL de la réitération de tout comportement qui serait de nature à compromettre l’honneur et l’image de la profession d’avocat.
c. La sanction.Pour les raisons qui précèdent, il sera infligé à Maître HISSEL, une suspension pendant UNE ANNEE du droit d’exercer la profession d’avocatIl sera toutefois SURSIS à l’exécution de la moitié de cette sanction pendant une durée de CINQ ANS à compter du prononcé de la présente sentence, moyennant le respect par Maître MISSEL des conditions probatoires qui seront précisées an dispositif repris d’après, ceci afin de le dissuader de toute velléité de récidive.
Conformément à l’article 460 du Code judiciaire, il lui sera fait interdiction de participer au vote dans les assemblées de l’Ordre pendant le temps qui sera précisé ci-après. De même, pendant ladite période il sera inéligible aux fonctions précisées à l’alinéa 3 dudit article. Ces mesures sont de nature à lui faire prendre conscience de l’atteinte portée à l’honneur de l’Ordre et à l’inciter à l’amendement à l’égard de ses confrères.

  1. Quant à la publicité de la présente sentence.

Le conseil de discipline d’appel adopte les dispositions pratiques adoptées par le conseil de discipline de Liège afin d’assurer la publication de la présente sentence. Mutatis mutandis elles s’appliqueront à la mesure de suspension prononcée ici, ainsi qu’aux modalités d’exécution de celle-ci.

Il s’agit en effet d’apaiser le trouble professionnel et social causé par le comportement de l’appelant en assurant la transparence des décisions prises ici.

  1. Quant à l’application de l’article 468, § 3, alinéa 2 du Code judiciaire.

L’appelant a conclu en sollicitant qu’en cas de prononcé d’une peine de suspension ferme, ce qui sera le cas ci-après, le caractère suspensif d’un éventuel pourvoi en cassation soit maintenu.

Le conseil d’appel n’estime pas devoir faire droit à cette demande tant il est urgent de mettre fin à l’incertitude de la profession sur le sort réservé par les autorités disciplinaires aux poursuites mues à l’encontre de Maître HISSEL, cette incertitude étant de nature à susciter le discrédit de l’Ordre des avocats, suspect de laxisme corporatiste à l’égard de l’un de ses membres.
PAR CES MOTIFS,

Après en avoir délibéré, le secrétaire n’ayant pas pris part à la délibération, le Conseil de discipline d’appel des barreaux francophones et germanophone, statuant contradictoirement :

Reçoit l’appel ;

Confirme la sentence dont appel sous les émendations suivantes :

–        la sanction est ramenée à une suspension d’UNE ANNEE

–        il sera SURSIS pendant une durée de CINQ ANS à compter du prononcé de la présente sentence à l’exécution de la moitié de cette sanction (soit six mois), moyennant le respect par Maître HISSEL des conditions suivantes :

  1. poursuivre pendant le temps d’épreuve le suivi thérapeutique entamé et en fournir la preuve à toute demande émanant de son Bâtonnier ;
  2. se soumettre scrupuleusement, pendant le temps d’épreuve, aux indications qui lui seraient données par son Bâtonnier de s’abstenir d’intervenir dans des causes intéressant des faits de moeurs impliquant des mineurs ;
  3. se soumettre, pendant le temps d’épreuve, à l’autorisation préalable de son Bâtonnier, avant toute intervention personnelle dans les media en rapport avec l’exercice de sa profession ou les faits évoqués dans la présente sentence ;

–        les modalités de publication prévues dans la sentence entreprise concerneront les sanctions prises dans la présente sentence ;

Prononce l’interdiction pour Maître Victor HISSEL de prendre part, durant un délai de cinq ans, au vote prévu à l’article 450 du Code judiciaire.

Prononce l’inéligibilité de Maître Victor HISSEL, durant un délai de cinq ans, aux fonctions de bâtonnier ou membre du conseil de l’Ordre, de membre du conseil général ou du conseil d’administration de l’Ordre des barreaux francophones et germanophone.

Par application de l’article 468, § 3, alinéa 2 du Code judiciaire, déclare non suspensif tout pourvoi en cassation qui serait formé contre la présente sentence.

Ainsi décidé par le conseil composé de :

M. Jean-Francis Jonckheere, président,

M. Jacques Malherbe, ancien membre du conseil de l’Ordre, assesseur,

M. Louis Dermine, ancien membre du conseil de l’Ordre, assesseur,

M. Pascal Chevalier, ancien bâtonnier, assesseur,

M. Michel Van Doosselaere, ancien bâtonnier, assesseur,

M. Olivier Gernay, secrétaire, lequel n’a participé ni au délibéré ni au vote.

Il est constaté que M. Pascal Chevalier et M. Michel Van Doosselaere ayant participés au délibéré et au vote, se trouvent dans l’impossibilité de signer la présente sentence.

Par application de l’article 785 du Code judiciaire, les autres membres du siège qui l’ont prononcée signent celle-ci.

 

CHRONIQUE D’UN ETE TRES TOLERANT

Cela avait commencé avec une lettre ouverte adressée à l’administrateur général de la RTBF, Monsieur Jean-Paul Philippot, pour manifester mon inquiétude devant l’annonce de la rediffusion de l’émission «  Devoir d’enquête » sur le double dossier Hissel (père et fils). Je n’ai jamais obtenu de réponse de la part de Jean-Paul Philippot. Mais certaines personnes qui avaient pris la peine de signer leur adhésion à ma démarche ont reçu, elles, une réponse de la part du service de médiation de la Rtbf, signée par Françoise de Thier : « …pour autant que de besoin, je vous précise que cette rediffusion s’inscrit pleinement dans les choix éditoriaux de la RTBF dont la mission est d’informer ses téléspectateurs sur toute question d’intérêt public, en totale indépendance et dans  le respect des droits de chacun.»

La RTBF et sa mission d’information ?

Mission d’information focalisée sur un seul homme depuis plus de quatre ans, alors que l’opération Koala, à la suite de laquelle son identité avait été révélée, avait réussi à identifier 170 adresses e-mail de « consultants » belges. Mais cela ce n’était pas d’intérêt public d’en parler.  

Mission d’information qui prétend pénétrer les secrets de la famille Hissel en ne donnant qu’une  seule version, celle du fils lui laissant attribuer la responsabilité de ses propres actes au seul coupable, c’est à dire, sans nuance, sans contradiction, et sans aucune assertion vérifiée, son « horrible » père !

En toute indépendance, est-ce possible ? Quant on ne fait que se couler dans le moule d’un jugement de première instance, frappé d’appel,  que la présidente du tribunal, Béatrice Wilmart avait permis  de filmer intégralement, chose tout-à-fait exceptionnelle ! Il y a, à certains moment, entre la presse et la magistrature, une confusion de rôle qui rend le travail d’indépendance très difficile et pour les uns et pour les autres.

    La présidente du tribunal,en face d’une vingtaine de journalistes et pas moins de 5 caméras : « Le tribunal estime que Monsieur Victor Hissel est bien ici en qualité de citoyen, comme tout un chacun, que la publicité des jugements est bien présente, que la lecture d’un jugement ne signifie pas en avoir une copie, et le tribunal, d’une manière unanime, considère qu’il n’y a pas d’objection à ce que le prononcé soit filmé… ».  (On appréciera donc l’affirmation dans la même phrase  entre «ne pas en avoir une copie » et  «être autorisé à filmer »)

Les MEDIAS et leur mission d’information ?

On peut relayer les décisions de justice, mais quand on se targue d’être le quatrième pouvoir, on peut aussi prendre du recul, les analyser, on peut même, en bonne démocratie, les critiquer.

Rien de tout cela.

 

 

On voit ici dans quelle ambiance s’est déroulé ce procès et qu’il est difficile d’écarter l’hypothèse d’une mise sous pression de la magistrature par les médias.

Dans ce cas-ci on pourrait même parler de surenchère entre la presse et la justice, et précisément dans le cas du double dossier Hissel, où près de 300 articles de presse écrite et  audio-visuelle, ont précédé les procès.

Les nouveaux justiciers

J’ai déjà, dans des articles précédents,  fait part de mon point de vue sur la dérive médiatique par laquelle des journalistes se transforment en  justiciers et prétendent dire la vérité,  avant même les tribunaux. Ce qui crèe une confusion des rôles avec ceux qui ont pour profession de juger et  les rend vulnérables à la pression de l’opinion.   https://hisselsaga.wordpress.com/2012/04/05/a-propos-des-deux-affaires-hissel-vers-un-tribunal-mediatique/

Bruno Dayez, je l’ai constaté cet été, partage à ce propos  la même analyse.  L’avocat pénaliste, chroniqueur connu, avec lequel je n’ai pas toujours été d’accord, soulevant un tollé de la part des têtes à penser de la liberté de la presse, l’a dénoncé violemment, en étant interviewé sur « La Première » Radio (RTBF) : « Il faudrait évacuer la presse des prétoires » pense l’avocat. « Les conditions du travail journalistique font que les impératifs [de la presse] vont exactement aux antipodes de ce qu’exigerait une justice juste. La justice a besoin de sérénité, elle a besoin de se dérouler hors du champ des caméras. A partir du moment où on médiatise une affaire, le mal est déjà fait. On travaille sous le feu d’une actualité qui finalement entraîne moult dérapages. »

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_bruno-dayez-il-faut-evacuer-la-presse-des-pretoires?id=7829681 

Quelques jours plus tard Bruno Dayez explicitait, dans une rubrique de la Libre Belgique, sont point vue en employant les mêmes arguments que ceux que j’ai déjà personnellement employés pour dénoncer cette dérive de la presse  dans le rôle de justicier. Voilà ce qu’il y disait : « ….les médias obéissent quant à eux à de tout autres impératifs que la recherche de la vérité et la juste mesure de la peine. Ils leur privilégient, en bref, le spectaculaire, l’émotif, l’instantané. A l’affût du scandale, ils montent systématiquement en épingle ce qui indigne l’opinion, la bouleverse ou la divise. Car, lui étant redevables de leur succès, ils sont quasi contraints de flatter ses instincts les plus viscéraux. Leur objectif est de prendre la justice de vitesse (ce qui ne leur est guère compliqué) pour lui ravir le pouvoir qu’elle a si longtemps détenu en propre : énoncer ce qui doit être tenu pour vrai et pour juste. On est ainsi passé en quelques décennies d’une presse de connivence, qui servait seulement de caisse de résonance à une justice s’exerçant en circuit fermé, à une presse de concurrence, en passe de confisquer à la justice sa force de persuasion. Sans aucun égard, faut-il préciser, pour la présomption d’innocence, ni l’égalité des armes, ni, de manière générale, pour les « droits de la défense » dont les médias ignorent jusqu’à la notion… » (http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/758252/les-trois-cancers-de-la-justice.html)

Un fait divers livré « clé sur porte »

C’était plus facile d’amplifier la trame d’un fait divers dont la dramaturgie s’offrait d’emblée comme particulièrement spectaculaire (La Chute du Chevalier Blanc/La trahison des idéaux/la transgression du caractère sacré de l’enfance/ Les souffrances d’un fils/La « tragédie » du parricide/L’avocat étendu sur son seuil/ l’auteur des coups de couteaux victime de son père, tyran domestique…) que de chercher ce que l’on pouvait humainement dire à ce sujet, en rendant sa complexité à l’interprétation des faits.

Les journalistes avaient la possibilité de choisir dans l’éventail  qui va des problèmes de personnalité du fils à la responsabilité totale du père en passant par la situation familiale qui aurait pu inclure d’autres acteurs – a-t-on jamais parlé de la mère ?-  : mais il ont choisi le père uniquement en le rendant abominable. Un travail de destruction totale d’un homme : un lynchage !  

L’indignation, le sentiment d’injustice, le petit écrasé par le(s) grand(s)…etc., font partie, pour moi, des émotions primaires sur lesquelles il est facile de surfer. Ces émotions primaires n’ont, pour moi, de valeur d’humanité que si elles sont revues et reconstruites par une approche de raison et d’analyse, sans quoi l’on pourrait parler, comme le fait Jean-Jacques Jespers, de dérive populiste de la presse[1]. Généralisée, sans résistance intellectuelle cette dérive pourrait devenir dangereuse à terme pour la démocratie.

Faire de la caricature n’est pas une mission d’information. [2]

Vous pensez peut-être que j’exagère en parlant dans cet article de «lynchage» à propos de Victor Hissel, et dans d’autres articles déjà écrits à son propos, de « mise au pilori » ?  

Ces termes font partie du vocabulaire constamment employé par les médias, mais toujours pour en dénoncer d’autres qu’eux-mêmes.

4 juillet : ANONYMOUS

Là où il n’était pas question de laisser « lyncher » des personnes et  où  propos médiatiques étaient beaucoup moins caricaturaux et infiniment plus nuancés,  c’est quand il s’est agit de traiter de l’information selon laquelle à partir du début juillet, ANONYMOUS avait mis sur internet l’adresse IP,  l’adresse e-mail,  le numéro de téléphone  le nom et l’adresse, de plus de 1000 « consultants payants » de sites pédophiles. Immédiatement le caractère de « délation » est mis en évidence, et le souci de protection des enfants passe à l’arrière plan devant l’étalage, accessible pour tous, et même pour l’autorité judiciaire,  de tant de noms de belges ou de hollandais.

Dès le 11 juillet 2012 la RTBF, dans son journal de 19h30 parlait « d’une nouvelle forme de  délation qui peut  avoir des conséquences sur la sécurité publique »  en, diffusant l’interview de Me Etienne Wery, spécialisé dans le droit des médias : « Si ces personnes sont déjà identifiables aujourd’hui, je pense que le procureur du roi doit prendre des mesures pour assurer leur sécurité malgré tout. L’hypothèse n’est pas théorique, l’année passée un site hollandais a mis  en ligne des  noms  et des adresses de pédophiles condamnés, et très vite on a eu peur pour la sécurité de ces gens, qui allaient se faire lyncher par les voisins tout simplement. La même chose risque de se produire ici…. » 

« Ce n’est pas dans l’intérêt des enfants »

Le même jour l’agence Belga avait relayé les propos désapprobateurs du porte-parole officiel de CHILD FOCUS,  fondation pour les enfants disparus et sexuellement exploités : « Dans l’intérêt des enfants, nous devons éviter toute récidive des pédophiles. Pour cela, il ne faut pas que des sanctions, mais aussi un traitement et un contrôle. Si vous clouez quelqu’un au pilori, ce genre de procédure devient totalement impossible. Le résultat en est alors qu’il y a davantage de récidives et de méfaits commis ».

Quelle prise de distance et, tout d’un coup, quelle tolérance par rapport aux interventions de Me Michèle Hirsch, avocate de CHILD FOCUS, s’étant portée partie civile,  au procès  de Victor Hissel, pour consultation de sites pédophiles (rappelons qu’il n’y avait dans son cas ni paiement, ni téléchargement).

 

 

 

 

 

 

– Le Commentateur  (Devoir d’Enquête. RTBF) : L’avocate Michèle Hirsch défend les intérêts de l’association Child Focus dans ce dossier. Pour elle, le comportement de Victor Hissel est gravissime vis-à-vis des enfants :

– Michèle Hirsch : « Les consommateurs de ces films de viol d’enfant ne font que regarder… que regarder… c’est quoi regarder ? C’est être là devant son écran et c’est oublier la réalité de ce qui se passe derrière, la réalité c’est les viols d’enfants en chair et en os, c’est la souffrance, la vraie souffrance donc regarder c’est quelque part violer aussi… »

Il est évident que toute photo renvoie à une réalité, elle n’est pas la réalité mais elle renvoie, et je suis d’accord qu’il fallait dénoncer cette réalité. Je l’ai écrit dans le tout premier article de ce blog. Mais si l’on s’en tient à cette logique là, qui confond un support image avec la réalité « en chair et en os », et qui ne vaut, semble t’il, dans la bouche de Child Focus, que pour  Victor Hissel !) , Anonymous a révélé sur le net l’identité d’au moins 1500 violeurs d’enfants, vivant librement en Belgique et en Hollande !  Depuis, plus rien n’a bougé. La presse n’en parle plus, la police non plus.
 « Si des choses illégales se déroulent sur le net,  c’est à la police d’agir»  disait encore Dirk Depover, le porte parole de Child Focus au mois de juillet.

En a t’elle les moyens ? En a t’elle la volonté ? Aucune enquête n’est jamais partie de la police Belge. Les grandes opérations ont toujours été initiées par d’autres pays. Parce que, souvenez-vous… « il n’existe pas de réseaux pédophiles dans notre pays ! » proclamaient la majorité des médias pendant toute la durée de l’affaire Dutroux.

Encore en début juillet la presse s’est bien empressée de dire que la Belgique n’était en aucune façon concernée, lorsqu’une enquête de la police autrichienne contre la pédophilie sur internet, baptisée « Carole », avait été menée avec succès dans 141 pays. Des centaines de pédophiles avaient été identifiés. En Autriche, 272 pédophiles qui diffusaient des vidéos sur internet ont été démasqués. L’enquête a démarré voici près d’un an. Mais poursuivait l’article sur la base d’un communiqué de l’Agence Belga : « La Belgique n’est actuellement pas activement impliquée », dans l’enquête de pédophilie autrichienne menée par les autorités autrichiennes, a-t-on appris auprès de la police et de la justice. Il n’est « certainement pas exclu » que des Belges soient impliqués mais la Belgique n’a pas encore reçu d’informations sur ce point (par exemple des adresses IP). » (Édité par: 7 sur 7  le 4/07/12 – 11h17  Source: belga.be) 

Ne serait-ce pas parce qu’il est plus convenable de ne pas évoquer le nombre considérables d’honorables citoyens belges ou hollandais qui consultent, téléchargent, achètent, échangent des photos  pédopornographiques, que la mission d’information d’intérêt public des médias belges, s’est focalisée depuis quatre ans sur la personne de Victor Hissel ?  [3]

 

 

 
C’est le constat effarant  qu’une journaliste de Sud Presse-Liège[4] a pu faire en plein mois d’août alors que le Palais de justice était désert pour cause de  vacances judiciaires.

Comment fallait-il interpréter ce titre spectaculaire auquel renvoyait même un encart, avec photo en première page, et un article pleine page à l’intérieur du quotidien ?  Devait-on en déduire que Victor Hissel hantait des prétoires vides, sans pouvoir s’abstenir de pérorer devant des tribunaux imaginaires ? 

Jamais, vu le contexte, ce quotidien Liégeois n’a pu exprimer plus clairement sa volonté d’intervenir dans une procédure disciplinaire en cours, puisque Victor Hissel avait fait appel, bien avant l’été, d’une décision de radiation à son égard, prononcée par le Conseil de Discipline du Barreau de Liège.

 Outre un article truffé d’erreurs et de rumeurs, la pleine page intérieure comprenait les déclarations du fils de Victor Hissel relayées auprès de la journaliste Laurence Wauters, par l’avocat Jean-Louis Gilissen et selon le quel

« Romain n’a jamais compris

qu’il puisse encore plaider »

 Dans le journal, ce titre apparaît en gros caractères, ici réduits, comme si l’avis du fils pouvait être déterminant.

 Tous les avocats dans cette affaire ne sont pas astreints au même silence que Victor Hissel.

J’espère, en finale de cette chronique sur un été « très tolérant »,  que l’Appel de la décision de radiation de Victor Hissel sera examinée avec une totale indépendance et neutralité puisqu’elle sera le fait d’une instance disciplinaire qui sera en dehors de cette ambiance liégeoise détestable.


[1] JJ Jespers parlant devant l’Ordre des barreaux Francophones et Germanophones (Actes du Congrès de l’OBFG Février 2011. Ed Anthémis pge 183 et svtes
 [2]Je suis tellement habitué à l’auto justification des journalistes qui ne fait que renforcer  un pouvoir, souvent abusif, sur la réputation et la vie des personnes, que la lecture de quelques extraits de la jurisprudence en matière d’objectivité me paraît nécessaire pour réaffirmer quelques principes déontologiques.« Il appartient au journaliste de prouver que ses affirmations correspondent à la vérité où, à tout le moins, qu’il a fait les recherches nécessaires pour donner au public les renseignements les plus exacts possibles (…)  Si l’on ne peut exiger du journaliste une objectivité absolue compte tenu de la précarité relative de ses moyens d’investigation, il n’empêche que celui-ci a l’obligation d’agir sur la base de données contrôlées dans la mesure raisonnable de ses moyens » Brux. 9ème Chambre, 20 sept 2001 ; « Si le principe de la liberté de presse consacré par l’article 25 de la Constitution permet aux journalistes de diffuser des informations et d’émettre des critiques, ils se doivent de donner au public des renseignements exacts relativement complets et objectifs et de s’entourer de la plus grande prudence et circonspection aussi bien dans la recherche des informations que dans leur diffusion : ils ne sont pas autorisés à déconsidérer les individus ou à dénaturer les faits qu’ils relatent » Civ.Brux. 14ème Chambre, 10 mars 1998.
Ces principes unanimes dans la jurisprudence devraient-ils être estompés dès qu’il s’agit de faits divers, de secrets de famille, ou tout simplement de ….Victor Hissel ?
[3] Cela me rappelle que j’ai moi-même fait, en 1998, une enquête sur les révélations du Werkgroep Morkhoven à propos du réseau pédophile de Zandvoort et que j’ai vu des dizaines de photos de viols d’enfants et de bébés (oui vous avez bien lu : de bébés) que j’avais demandé à Jean-Yves Hayez, spécialiste de la psychologie juvéno-infantile,  d’authentifier et de commenter devant la caméra de l’émission « Faits Divers TV ».(sans les montrer évidemment !). Dans cette émission était révélée l’existence d’un réseau de pédophiles belges qui opéraient entre Temse (Province d’Anvers) et Madeira, ainsi que  d’un réseau pédophile hollandais, le réseau de Zandvoort, ayant des ramifications dans toute l’Europe,  et qu’un travail acharné du « Werk Groep- Morkhoven », une  association privée sous la direction de Marcel Vervloessem avait réussi à mettre au jour. La presse de l’époque n’a donné aucun écho à cette émission et peu de temps après sa diffusion la seule personne inquiétée par la justice  Parquet de Turnhout) fut Marcel Vervloessem lui-même «  pour détention de matériel pédopornographique)Cette émission est visible sur You Tube à l’adresse suivante

[4] Laurence Wauters LA MEUSE du 9 août 2012.

REPONSE DE FADILA LAANAN, Ministre de la Culture et de l’Audio-visuel, à l’auteur de la lettre ouverte à Jean-Paul Philippot, Administrateur général de la RTBF

L’objet de la réponse  est, rappelons-le, le problème posé par la rediffusion de deux reportages consacrés aux dossiers « Hissel », un an après la première diffusion.

Cette réponse m’est parvenue ce 20 juillet 2012 et se montre très attentive à la démarche entreprise par cette lettre ouverte adressée à 15 autres personnalités du monde médiatique et judiciaire.
Il me paraît important de la faire connaître, d’autant plus que Jean-Paul Philippot n’a toujours pas répondu à la lettre ouverte qui lui était adressée en premier.
Pour la lire : cliquer sur ce lien Réponse de Fadila Laanan

REPONSE AU CSA (Marc Janssen) A PROPOS DE LA REDIFFUSION DES DEUX REPORTAGES SUR LES DOSSIERS « HISSEL »

A ce jour, je n’ai toujours pas reçu de réponse officielle de la part de Mr Jean-Paul Philippot. Je sais seulement qu’une réponse a été envoyée,  par la responsable de la médiation, aux citoyens qui ont soutenu cette démarche en signant une lettre d’adhésion adressée également à l’Administrateur Général de la RTBF.[1] Il s’agit plutôt d’un accusé de réception réaffirmant le droit à l’information, auquel je répondrai dans l’article suivant.
 Sur Face Book, plusieurs avis favorables me sont parvenus  (parmie eux,  Christian Pirard, Aimé Bille, Michel Bourlet, Léon Michaux, Catherine Godard (Collectif RTB89), et Jean-Louis Sbille, qui donne cours de « Critique des Médias » et qui se propose de se servir du texte de la lettre ouverte pour travailler avec les étudiants.
Parmi les quinze autres destinataires de la lettre ouverte, personne n’a répondu sauf André Linard, secrétaire général du CDJ (Conseil de déontologie journalistique) qui a envoyé un  accusé de réception, comme l’a fait également  Me Robert De Baerdemaeker, président de de l’OBFG (Ordre des Bareaux Francophones et Germanophone de Belgique) et  Bernard Hennebert, fondateur de l’ATA ( Association des Téléspectateurs actifs) et de CONSOLOISIR ( Défense des droits des consommateurs culturels), qui a mentionné sur Face Book son entière adhésion au texte de la lettre ouverte.  Marc Janssen, président du CSA (Conseil supérieur de l’Audiovisuel), qui a eu l’extrême obligeance de rédiger une lettre circonstanciée et argumentée[2] à laquelle cependant je réponds dans la suite de cet article.
Le principal argument proposé à la réflexion par Marc JANSSEN était que le droit à l’oubli, dans la diffusion d’informations par les médias, avait été reconnu par le  Conseil de l’Europe dès 2003, mais ne pouvait être invoqué qu’après l’exécution de la peine, ce qui, pourVictor Hissel ne serait valable qu’après octobre 2016, puisqu’il a été condamné en octobre 2011 à 10 mois de prison avec un sursis de 5 ans.
J’ai donc répondu ceci.

A Monsieur Marc Janssen

Président du CSA

Objet : rediffusion du reportage «  Le dossier Hissel » dans le cadre de l’émission « Devoir d’Enquête »  sur la RTBF

Monsieur le Président,

D’abord merci pour votre réponse argumentée. Je vous suis d’autant plus reconnaissant que MonsieurJean-Paul Philippot, à qui était adressée la lettre ouverte me laisse encore actuellement sans réponse, négligeant ainsi tout citoyen à partir du moment où il ne participe plus au « pouvoir » audio-visuel.

En ce qui concerne votre réponse sur le droit à l’oubli, je ne peux qu’en prendre acte en soulignant cependant que l’évocation de ce principe n’est qu’une partie des questions que je pose. La principale étant le harcèlement dontVictor Hissel est l’objet de la part de la RTBF, en particulier. Lorsque l’on parle de son fils, ce n’est que pour rappeler sa faute et sa condamnation. Je peux le prouver puisque sur les trois années au cours desquelles Victor Hissel n’est plus en contact avec son fils, chaque fois que son fils doit passer devant le tribunal pour des choses qui ne concernent plus du tout le père, le rappel en détail de ce pourquoi le père a été condamné est fait. Mais ce n’est qu’un exemple de rededondance caractérisée, qui touche plus un système de propagande qu’une véritable information.

Là où pour la plupart des faute commises par des adultes leur anonymat est soigneusement préservé (par exemple, le médecin ivre qui a écrasé un jeune homme : on préserve soigneusement son identité, et je comprends pourquoi : il  faut préserver le restant de sa vie professionnelle !), pour certains autres la répétition incessante du  nom, de la profession et des antécédents judiciaires équivaut à une  « mise au pilori » permanente. C’est dans cette répétition sans raison adéquate à la valeur informative qu’il y a, pour moi, « pilori ».

Il y a là un véritable débat de société qui me paraît absolument indispensable.

Lorsque j’ai publié la lettre ouverte sur FACE BOOK, le  procureur du roi honoraire, Michel Bourlet, dont le récent livre «  La traque au loup » évoque toutes les manipulations de ses propres interviews par la RTBF, approuve le contenu de la lettre ouverte en ces termes :

« …sans parler de la manipulation des images, des dates, des faits etc…, pour arriver à faire croire à leur vérité, alors que celle-ci est démontrée, pièces à l’appui, comme étant l’exact contraire; et bien sûr, en tenant la contradiction sous silence. Dans le cas Hissel, cet acharnement tient de la haine! »

Et j’attire votre attention, sur ce qui me paraît se placer en dehors de toute déontologie, en tout cas celle que j’ai pratiquée pendant 30 ans. Il y a de la part des journalistes qui ont produit et monté ces reportages une véritable instrumentalisation du fils, fragile comme on sait, et qui depuis la dernière diffusion de ce reportage a plusieurs fois été en état de « démence passagère», pour mieux diaboliser le père.

Le consensus général dans lequel tout cela se passe, non seulement m’écœure mais m’inquiète au plus haut point relativement à la déontologie globale de la presse actuelle, qui semble considérer tout cela comme normal, dès qu’il s’agit de certaines personnes dont Me Hissel.

Vous me direz : adressez-vous donc au nouveau Conseil de Déontologie. C’est déjà fait. Il s’agit de la Plainte 23-11. Et j’ai pu analyser la réponse qui me fut faite :  » plainte déclarée non fondée« , par un survol peu détaillé et parfois faussement documenté.(La réponse « bâclée » du CDJ a été analysée dans mon article https://hisselsaga.wordpress.com/2012/04/04/deposer-plainte-au-cdj-cela-vaut-il-encore-la-peine).

Je pense que pour juger de la déontologie des journalistes, nous pourrions avoir d’autres instances plus compétentes et performantes, sans compter que je ne connais que peu de journalistes qui oseraient donner raison à un citoyen contre leurs confrères (voyez les statistiques du CDJ, les plaintes citoyennes sont déclarées fondées à 1 ou 2 %, et encore, partiellement, alors que les plaintes déposées par les journalistes eux-mêmes le sont toutes.)

Reste donc la nécessité pour les consommateurs d’informations de s’associer comme en France (« Les indignés du Paf »), comme en Belgique (« RTBF89 »), avec comme objectif obtenir des médias responsables et de qualité, dans un contexte où je m’étonne que rien de tout cela ne fasse débat.

Encore une fois, permettez moi de vous remerciez, et de vous remettre mes salutations les plus distinguées.


LETTRE OUVERTE A Jean-Paul PHILIPPOT, Administrateur Général de la RTBF (restée à ce jour, sans réponse)

Avertissement: Je viens d’apprendre que l’émission concernant « Les Dossiers Hissel » qui m’avait été annoncée pour le 4 juillet passe en fait ce prochain mercredi 20 juin.La programmation aurait-elle été changée ? Étant retraité je n’ai pu suivre l’évolution précise des choses mais cela ne change absolument rien au contenu de la LETTRE OUVERTE A JP PHILIPPOT, qui, s’il m’avait répondu, aurait pu m’éclairer sur la date exacte de cette re-diffusion.

EMBOURG, ce 5 juin 2012

À Monsieur Jean-Paul PHILIPPOT
Administrateur général de la RTBF
Boulevard Auguste Reyers, 52
1044 Bruxelles

Monsieur l’Administrateur,

Concerne : La rediffusion d’une émission par la RTBF

Je tiens à vous faire part de ma préoccupation concernant le cas de Maître Victor HISSEL.

Mes inquiétudes sont fondées sur le fait que j’ai appris tout récemment et de source sûre que, dans le cadre de son émission « DEVOIR D’ENQUETE » du 4 juillet prochain, la RTBF va procéder à la re-diffusion du reportage de 50’00 diffusé le 6 juin 2011 intitulé « Le dossier Hissel, le prix du silence » et dont le contenu est déjà apparu, à d’aucuns, partial, partiel, et à charge, uniquement, de Victor Hissel, qui, un an auparavant, fut déjà l’objet d’un autre reportage de 50’00, unilatéral, et sans qu’il ait eu la possibilité d’y répondre, diffusé le 22 septembre 2010, suite à sa condamnation en Appel.

Pendant cette longue période l’avocatVictor Hissela dû s’en tenir aux recommandations pressantes, des autorités de l’Ordre, de ne pas intervenir dans les médias, compte tenu, quoique père, de sa qualité d’avocat. Il s’est plié au devoir de réserve que lui imposaient et lui imposent encore des procédures toujours en cours. Lui-même n’a pas désiré, non plus, entrer en conflit ouvert avec son fils par l’intermédiaire des médias. Mais ce droit au silence, doit également être respecté par les journalistes et ne les dispensent pas de leur devoir d’analyse et d’objectivité.

Il est un principe, actuellement débattu d’une façon aiguë en ce qui concerne les informations en ligne sur Internet, mais dont la pertinence aurait dû s’appliquer depuis longtemps aux médias, tant nombre de personnes en ont souffert. C’est le principe du « droit à l’oubli » que semble renier toute re-diffusion en dehors de délais raisonnables.

J’ai personnellement été impliqué dans la production de la série d’émission « Faits divers TV », qui fut respectueuse de tout antagoniste, alors que des malheurs, des états psychologiques, des réputations étaient chaque fois en jeu. Jamais je n’ai accepté de procéder à une rediffusion sans en avoir averti les principaux acteurs et obtenu d’eux leur consensus.Victor Hisseln’a jamais été consulté.

Mais il est un autre principe énoncé par des spécialistes du droit pénal : « le but d’une condamnation et d’une peine est de permettre la réhabilitation à terme » . Et donc il existe un droit fondamental à vivre l’apaisement qui doit permettre de se reconstruire une vie familiale et sociale après condamnation.

Cette re-diffusion, qui ne fait même plus partie de la liberté d’informer, puisque totalement redondante, et qui va s’accompagner de communiqués de presse et de bandes annonces, ne va pas dans le sens de l’apaisement nécessaire dans une période cruciale où une instance disciplinaire d’appel doit encore décider de l’avenir professionnel deVictor Hissel, – la RTBF voudrait-elle faire pression, qu’elle ne s’y prendrait pas autrement !

Il est cependant est d’autres motifs de préoccupation.

Cette démarche est d’autant plus déroutante et contestable qu’à de nombreuses reprises la RTBF a souligné que Romain HISSEL était une personnalité fragile et nécessitait des soins.

Le simple bon sens devrait considérer qu’être à nouveau hyper-médiatisé et utilisé pour donner « sa » version et « sa » vision de son père, ne saurait d’aucune manière bénéficier à Romain HISSEL. Et on peut se demander quel psychologue ou psychiatre pourrait soutenir le contraire.

En conclusion, et comme je sais que les changements de mentalité, individuels ou institutionnels, sont souvent le fait de la résistance de certains, dans des cas particuliers, je me permets de formuler une demande pressante pour que la RTBF montre qu’elle peut promouvoir une information digne, dans la responsabilité et la qualité, et qu’ainsi elle soit pionnière dans le respect des principes repris, entre autres, dans la déclaration européenne des Droits de l’Homme et la Constitution belge et notamment

– Droit à mener une vie conforme à la dignité humaine

– Droit de ne pas être exposé à des traitements inhumains et dégradants

– Droit à un procès équitable

– Droit au respect de la vie privée

Je laisse à la RTBF, à son Administrateur général, à la Direction de l’information et à ses Unités de production le soin de montrer le degré d’humanisme dont elle est capable

José DESSART
Journaliste.
Auteur du blog « Humeur et respects »
118, voie de Liège
4053 EMBOURG

Cette lettre ouverte est envoyée également à

  • MonsieurJean-Pierre JACQMIN, Directeur de l’Information à la RTBF
  • Monsieur Daniel Brouyère, Directeur de l’Unité de Production Magazines
  • MessieursGérard RoggeetRobert Neys, Co-Editeurs du Magazine Devoir d’Enquête
  • MonsieurAlain Gerlache, Secrétaire général de la CTF, Chroniqueur et spécialiste des Médias à la RTBF
  • MonsieurMarc JANSSEN, Président du CSA
  • MonsieurAndré LINARDSecrétaire Général du CDJ
  • MonsieurMarc Lits, Directeur de l’Observatoire du récit médiatique, UCL
  • MonsieurJean-Jacques JespersChercheur en communication et déontologie des médias, ULB
  • MonsieurBernard Hennebert, coordinateur de l’ATA, (association des téléspectateurs actifs)
  • MonsieurEric LEMMENS, le Bâtonnier de l’ordre des Avocats du Barreau de Liège
  • MonsieurPatrick HENRY, ancien Bâtonnier de l’ordre des avocats du Barreau de Liège
  • MonsieurRobert DE BAEDERMAEKER, Président de l’OBFG
  • MonsieurJean-François ISTASSEPrésident de la Commission de la Culture et de l’Audiovisuel
  • MadameFadila LAANAN, Ministre de la Culture et de l’Audio-visuel

VICTOR HISSEL RADIE DU BARREAU. Mais il fait appel.

LA PRESSE ENFIN APAISEE ?

Peu de commentaires dans la presse  où la plupart des articles se sont montrés purement factuels pour annoncer la condamnation, cette fois-ci, “de ses pairs”,  pour atteinte à la “dignité de la profession d’avocat”. Même si la saga n’est pas finie, puisque Victor Hissel va en appel de cette décision, la plupart des articles refont pour la xième  fois, à grands traits, l’historique –bien incomplet, et orienté- de la carrière de celui qui fut “notamment” ,disent-ils, l’avocat qui avait défendu les parents de Julie et Melissa, qui s’était présenté comme “le chevalier Blanc de la lutte contre la pédophilie” et fut l’une “des figures les plus en vue du mouvement blanc”.

Ainsi, croit-on sentir une certaine forme d’apaisement d’une presse qui a tellement évoqué, voire espéré,  la “radiation” comme fin de parcours pour un Victor Hissel, qu’elle n’a jamais beaucoup aimé, même si des formules actuellement utilisées le place  “ au firmament”, lorsqu’il était l’avocat des familles Lejeune et Russo (J.La. dans la Libre Belgique du 30.03.2012).

A moins qu’elle ne soit atterrée du « crime » commis avec sa complicité ?

Et muette de consternation !

LE TARIF ?

Toutes ces allusions  rappellent, pour le  moins, que la sanction qui vise à le détruire professionnellement ne s’explique pas seulement par la condamnation, en cour d’appel,  à dix mois avec sursis pour consultation d’images pédo-pornographiques.

Sur le plan professionnel, personne n’a jamais eu à se plaindre de la façon particulièrement incisive, compétente et même courageuse et généreuse avec laquelle il a toujours défendu ses clients. Jusques et y compris depuis son inculpation et sa condamnation.

Et quand on voit le tarif selon lequel certains autres avocats ont été sanctionnés, on ne peut que constater qu’il y a disproportion flagrante entre la faute et la sentence.

« ATTEINTE A LA DIGNITE DE L’ORDRE »

Bien sûr, le fait que Victor Hissel utilise tous les moyens de défense, comme il le ferait pour n’importe lequel de ses clients, peut passer pour de l’arrogance et une absence de remord.

Mais il y a aussi que cette “atteinte à la dignité de l’Ordre” ne peut s’expliquer que par l’exceptionnelle médiatisation dont Victor Hissel a  été l’objet. On peut compter jusqu’à 500, au moins, les  articles  de presse, outre les séquences et les émissions télévisuelles,  qui occupèrent l’espace médiatique entre son inculpation en février 2008 et la décision de sa radiation du barreau, en passant par la tentative de parricide dont il a été l’objet et où son droit à l’image a été totalement méprisé par la presse unanime, qui a décidé que tout ce qui concernait Victor Hissel, comme les photos de lui, étendu, inanimé, sur son seuil, après avoir été poignardé, devait être publié, sans aucun respect de la vie privée !

Il y a eu un acharnement médiatique visant à le détruire socialement, mais pas seulement médiatique, judiciaire aussi !

JUSTICE LIEGEOISE

Tout se passe dans l’arrondissement judiciaire où toutes les démarches de Victor Hissel pour aider les parents de Julie et Melissa à retrouver à temps leurs filles, ont été, à l’époque, jugées intempestives. Le référé déposé en décembre 95 (on n’est pas encore dans l’affaire “Dutroux”, mais dans l’affaire de la disparition de deux fillettes, ce dont la presse ne faisait pas grand cas à l’époque) pour permettre aux parents l’accès au dossier de l’instruction tenu par la Juge Martine Doutrewe, a été reconnu recevable mais non fondé.

Décision incompréhensible maintenant que le statut des victimes a pu progresser grâce à ces coups de boutoir pionniers dans l’institution judiciaire, pour qui les victimes n’avaient qu’une chose à faire : attendre patiemment et laisser travailler les professionnels !

C’est justement parce que les parents ne voulaient pas, ne pouvaient pas attendre, et que leur avocat refusait d’être celui qui leur ferait prendre patience, qu’il fallait que Dutroux soit enfin arrêté et que Julie et Melissa soient retrouvées…évidemment trop tard ! Parce que jusqu’alors, toutes, mais toutes les affaires de disparitions d’enfants, s’estompaient dans l’oubli et la résignation des parents. Les parents de Julie et Melissa ne se sont jamais résignés et leur avocat non plus. Au Palais certains estiment même que c’est ce qui a “tué” Martine Doutrewe décédée en 1999.[1]

Ce qui est vrai c’est que si l’on est en droit de considérer que les avocats font intégralement partie de l’institution judiciaire, Victor Hissel, de par la nécessité devant laquelle il s’est trouvé de lui trouver des failles, de trouver les stratégies juridiques susceptibles de compenser ses lenteurs et ses dysfonctionnements, s’est positionné, par la même occasion, à distance de l’institution qui le nourrissait, quitte à être considéré comme en dehors de celle-ci.

Est-ce un hasard si, exceptionnellement pour un avocat qui s’appelait Victor Hissel, la Juge de première instance a permis à la presse filmée d’enregistrer tout son prononcé concluant à la condamnation de l’avocat (jugé non en tant qu’avocat mais en tant que personne privée, cette fois) à  dix mois de prison ferme. Qui plus est, une autre Juge du Tribunal  Correctionnel de Liège, saisie du dossier de la tentative de parricide de Romain Hissel, a permis également à la presse de tout enregistrer de son prononcé, par lequel elle acquittait  le fils et faisait du père le véritable accusé et responsable des coups de couteau reçus. Cela confinait à l’instrumentalisation du fils pour mieux accabler le père, avocat de surplus. Et cela n’a jamais, semble-t-il, été considéré comme portant atteinte à la dignité de la profession d’avocat !

PUBLICITE RECHERCHEE ?

Il faut bien distinguer la période pendant laquelle, de fin juin 95 à août 96, les petites étaient portées disparues et où après six mois de recherches policières les autorités judiciaires liégeoises s’apprêtaient à réduire les effectifs et à mettre l’enquête en attente…d’éléments nouveaux, et d’autre part l’affaire “Dutroux” à proprement parler qui n’a éclaté  que lors de son arrestation le 13 août I996. Pendant la disparition des petites et la recherche éperdues de la part des parents et de leur avocat, tout leur effort était d’alerter les médias qui n’accordaient pas grande attention à ce “fait divers” qui relevait de la “fatalité”. Il en a fallu des efforts pour que les journalistes fassent le déplacement vers Grâce Hollogne.

Quant à la deuxième période, celle de l’affaire Dutroux,  on ne peut pas dire que, si la presse  y a consacré, quasiment, un quart de son volume dans les premières semaines de l’affaire, puis une attention permanente à tous les soubresauts de l’enquête,  à la commission d’enquête parlementaire, au procès etc… ce soit la faute de Victor Hissel dont on a dit qu’il recherchait la publicité !  Historiquement et mentalement, il est absurde de raisonner de la sorte !

“MON COMBAT ETAIT SINCERE”

Avec les regrets pour cette addiction coupable survenue dans une période noire de sa vie, regrets exprimés chaque fois qu’il sortait d’une audience et qu’il était assailli de questions par les journalistes, la seule initiative qu’il ait prise  vis à vis de la presse  est  d’avoir contacté un journaliste pour lui dire “ mon combat était sincère”  [2]

D’ailleurs maintenant que la mise hors course définitive de l’avocat Victor Hissel est en vue, d’aucuns s’accordent à le lui reconnaître. Ainsi Michel Gretry : “ L’homme a protesté de sa sincérité dans son combat, peut-être engagé avec cette rage, précisément pour vaincre son passé. Il a exprimé ses regrets. Il n’a pas pu éviter une condamnation, en cour d’appel, à dix mois avec sursis”  [3]

Son engagement aux côtés des parents des deux petites victimes de Dutroux fut total.

Aux dépens de sa famille ! C’est son fils lui-même qui l’a déclaré au journaliste de Ciné-Télé-Revue[4] : « Il ne s’occupait que de l’affaire Julie et Melissa. Pas de moi, ni de notre famille. Ou en tout cas très peu. (…) Je lui reproche de ne pas s’être comporté comme un père normal. »

UNE PRESSE DE QUALITE ?

Je ne suis pas fier, en tant que journaliste, de la façon dont la presse a suivi les faits et gestes de Maître Hissel depuis son inculpation. Tout a été  prétexte pour tirer de lui le portrait le plus négatif possible. Tout,  même la tentative de parricide dont il a été victime, jusqu’à la plus insipide des –fausses- anecdotes (“ Victor Hissel voulait représenter le Barreau à un colloque sur la cybercriminalité !”), les chroniqueurs judiciaires relayant la moindre rumeur, le moindre éternuement, le moindre chuchotement  des couloirs du Palais.

Si ce n’est pas du harcèlement ça y ressemble. Mais quand la presse a utilisé sans recul, sans analyse critique, le contenu des procès verbaux de l’instruction d’abord, puis les déclarations unilatérales  de son fils, de sa fille et de sa femme, alors qu’il était astreint, comme avocat au silence, puis le contenu des enregistrements des deux prononcés de première instance (un pour le procès du père, l’autre pour le procès du fils), on était carrément dans le lynchage médiatique.

J’ai personnellement réagi plusieurs fois à cette dérive. J’ai écrit une carte blanche adressée à tous les grands journaux, et qui fut chaque fois refusée[5]. J’ai porté plainte devant le Conseil de Déontologie Journalistique avec les résultats que j’expose sur ce blog. [6]

UN NOM CONNU FAIT LE BOUC EMISSAIRE.

Beaucoup de ceux qui ont fait beaucoup plus que Victor Hissel, mais occupent une position « honorable » dans la société, ont pu bénéficier et de l’anonymat et du silence de la presse.

Le dossier de l’opération Koala, celle par laquelle l’avocat a été repéré, contient l’adresse électronique de 170 belges. En avez-vous entendu parler ?

Plus récemment, en décembre 2011, au cours de l’opération d’Europol nommée “Icare”, cent douze personnes ont été arrêtées dans 22 pays d’Europe. En Belgique, dix-neuf suspects ont été identifiés dans huit arrondissements judiciaires, une personne a été arrêtée.[7]

La presse belge a-t-elle donné les noms ?

Aucun ! Et à juste titre : il faut que toutes ces personnes puissent continuer à travailler et à vivre !

J’ai même entendu Kroll dans le revu et corrigé du Mise au Point du 25 avril 2011 piquer une humeur en faveur de DSK : “ Il a bien le droit de continuer à vivre, de penser, de travailler, de s’exprimer !”

Mais pour Victor Hissel, après l’acharnement, après le lynchage, la radiation ne soulève aucune parole.

Il fallait bien qu’il paie pour plus que pour la faute pénale et morale.

Il paie pour tout ce qu’il a fait avant, dans le dossier de la disparition de Julie et Melissa.

Il fallait qu’il paie pour tous le demi millier d’articles paru dans les presse, pour les émissions télévisuelles faites à charge.

Et pour la presse consommatrice de noms, d’adresses, de détails sordides, il paie pour tous ceux qui restent anonymes et dans le secret des instructions.

On achève bien les chevaux connus… en silence !

POSTFACE

Et pendant ce temps-là, on se demande toujours s’il faut interdire ou pas la diffusion des sites pédophiles. Ainsi on peut lire ceci sur le site du Parlement Européen :

http://www.europarl.europa.eu/news/fr/headlines/content/20110218STO13923/html/Les-députés-européens-pour-la-suppression-des-sites-de-pornographie-infantile

« Près de 200 nouvelles images de pornographie impliquant des enfants apparaissent sur le Web tous les jours. Selon les députés européens, les Etats membres ne vont pas assez loin pour lutter contre la pornographie infantile. Les autorités devraient être en mesure de supprimer les pages indésirables ou de les rendre inaccessibles dans le cas où elles sont hébergées en dehors de l’Union Européenne, estiment les députés de la commission des libertés civiles du Parlement européen. »

On était le 23 février 2011

José DESSART


[1] On peut mesurer le ressenti des milieux judiciaires liégeois  à la lecture d’une article de Marc Metdepenningen, écrit le 19 avril 199, se référant à des prises de positions de certains journaux, notamment flamand, placés, semble-t-il sous  l’influence de la « curée  blanche » , dont on veut maintenant que Victor Hissel ait été la « figure de proue » !!!

En voici un extrait :

Affronter le cancer n’était pas sa seule bataille.

Ce n’est pas un cancer «privé» qui a finalement emporté Martine Doutrèwe. Sa maladie avait été accaparée dès 1997 par ses détracteurs pour alimenter encore la thèse d’un grand complot dont la juge d’instruction aurait été le bras de justice. Le 11 février 1997, le journal flamand «De Standaard» affirmait en une: «La maladie de Doutrèwe semble inspirée par des motifs tactiques et ne survient pas de manière inattendue». «La reine des glaces malade après un rapport critique d’Anne Thily», surenchérissait le «Nieuwsblad», qui traçait une ligne claire entre les métastases qui rongeaient la juge et une lettre de la procureur général de Liège Anne Thily au ministre de la Justice évoquant «la froideur de la juge» à l’égard des parents de Julie et Melissa.

Robert Bourseau, le président du tribunal de première instance de Liège, se vit obligé de lever le voile sur l’état de santé de la juge: «L’attitude adoptée par d’aucuns depuis des mois l’a à ce point affectée que sa santé en a été profondément ébranlée et qu’atteinte d’une grave maladie, elle se voit contrainte d’abandonner toutes ses fonctions».

«J’ai envie d’envoyer mon bulletin médical à ceux qui pensent qu’il s’agit d’une maladie diplomatique. C’est tellement vil!», fit savoir la juge.

Affaiblie par la maladie, Martine Doutrèwe l’était aussi par la cote de «femme la plus haïe de Belgique» que lui avaient taillée sur mesure la commission Dutroux et la curée blanche qui demandaient des têtes plutôt que la simple vérité.

Le «permis de haïr» délivré à l’encontre de la juge lui imposa de lutter sur tous les fronts. Menacée de mort, elle dut être placée sous protection, elle et sa famille. Sa vie privée fut pillée sans vergogne. D’aucuns crurent trouver dans les ennuis judiciaires de son mari (son nom est cité dans le dossier Comuélé, une escroquerie immobilière), l’explication de l’échec de l’enquête Julie et Melissa. Ses notes personnelles furent détournées afin de mieux encore l’exposer à la vindicte publique. Face à ce déchaînement, la justice liégeoise fit le gros dos et opposa un esprit de corps rigoureux, peut-être malhabile, qui fut perçu comme une protection supplémentaire.

Pendant ce temps, la maladie progressait impitoyablement. Les membres de la commission Dutroux, qui se targuaient de «tout savoir», avouent pitoyablement aujourd’hui n’avoir jamais rien su du cancer qui rongeait Martine Doutrèwe. Ils auraient pris des précautions à son égard, invoquent-ils, suggérant qu’une cancéreuse déclarée aurait mérité l’équité dont n’a pas bénéficié la juge condamnée à l’avance.

[2]  A Roland Planchar dans la Libre Belgique du 25 novembre 2008
http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/462441/me-hissel-mon-combat-etait-sincere.html

[3]  Michel Gretry sur le site RTBF info «  Retour sur la carrière de Maître Hissel »

http://www.rtbf.be/info/regions/detail_retour-sur-la-carriere-de-maitre-hissel?id=7739831

[4] in Cine-Tele-Revue du 5 janvier 2011.

A PROPOS DES DEUX AFFAIRES HISSEL. Vers un tribunal médiatique ?

(Texte publié pour la première fois le 30 mai 2011)

L’absence de voix discordantes, et de points de vue différenciés, qui seraient les bienvenus « au nom de la liberté d’expression » me fait penser ici qu’il est temps de rouvrir le débat de la déontologie des médias avant, peut-être, que ce que j’appelle « glissement progressif  dans le rôle justicier » n’estompe et n’amenuise jusqu’à  l’indépendance même du quatrième pouvoir, dans la spirale du mélange des rôles. Car à continuer cette progression qui la pousse à précéder la justice, ou à faire plus fort qu’elle, à s’auto attribuer, outre le pouvoir d’informer, celui de condamner, ce n’est pas le pouvoir judiciaire que la presse déforce, c’est elle-même, dans son rôle de référence indépendante et fiable.

« Il n’y a rien de pire que de croire qu’au nom de la liberté de la presse on peut tout dire »

Dominique Wolton ( Débat « DSK ».France 2, 19.05.2011 » 

Il faut reconnaître que depuis  quelques années les médias ont fait leur révolution par la proximité qu’ils ont retrouvée ou qu’ils ont même forgée avec leur public. La « proximité » est  devenue  le leitmotiv des médias qu’ils soient écrits, audio-visuels, ou « on-line », avec les articles informatisés et les forums de commentaires. Cette proximité est telle qu’elle coexiste avec  perte de distance, perte de freins, perte de retenue, perte de décence. En fait, c’est ce que l’on se dit lorsqu’on lit les réactions du public dans les forums « régulés » qui suivent les articles placés sur le net. Ainsi l’interaction avec le public est devenue tellement permanente et serrée que l’on ne peut vraiment plus déterminer qui en est le moteur : le public ou les journalistes d’information.

Des événements médiatiques récents, comme le battage autour du quintuple infanticide de Nivelles,  de la sortie pédagogique de Mariusz ou de l’éventuelle libération conditionnelle de Michelle Martin ont été traités avec partialité, comme s’il n’y avait  aucune volonté d’enquêter contradictoirement, de faire émerger la vérité derrière les apparences. La majorité des médias est apparue comme  une caisse de résonance  offerte à certains protagonistes  et à leurs seules émotions au risque de se prêter à un règlement de compte par média interposé.

Cette mise en phase des médias et de leur public rend plus ambigu encore ce glissement progressif du traitement de l’information sur l’onde émotionnelle, que Jean-Jacques JESPERSappelle «  le populisme médiatique »[1].avec  le risque de faire perdre les repères démocratiques essentiels  comme le respect de la chose jugée, la prééminence du droit sur la vindicte, le droit à l’image, le respect de la dignité humaine, la présomption d’innocence, la neutralité et la sérénité du débat judiciaire, l’indépendance du juge,…etc

Car  le monde judiciaire lui-même, sans doute par la même recherche de « proximité », n’est pas insensible à la présence médiatique au Palais et même dans les enceintes des tribunaux, avec le risque d’être lui-même entraîné par la spirale. N’a-t-on déjà pas entendu des avocats dire, en se tournant vers le banc de la presse «  Et je m’adresse aux journalistes !». N’a-t-on déjà pas entendu une présidente de tribunal dire «Et vous croyez que c’est facile de gérer l’audience avec autant de journalistes dans la salle  ?» et cependant accepter que toute la presse télévisée et radiophonique  présente enregistre l’entièreté de son prononcé ?(Première condamnation deVictor Hissel)  N’a-t-on pas vu, plus tard, une autre présidente de tribunal amplifier la publicité de son jugement en acceptant également que les caméras enregistrent l’intégralité de son prononcé ? (Acquittement de Romain Hissel)

Etait-ce le signe d’un glissement progressif de la magistrature vers une intégration plus grande « justice-médias », ou était-ce simplement parce que dans les deux cas, c’était Victor Hissel qui était en cause?

Pourquoi cette « tolérance » des magistrats envers les médias audio-visuels et envers leur propre image, lorsqu’ils qu’ils autorisent à enregistrer les audiences et le prononcé de leur jugement?[2]

D’où vient donc cet acharnement de la presse à précéder la justice, ou à faire plus fort qu’elle?.

Déjà en  avril 2008  surgissait « La jurisprudence contre Victor Hissel » (Libre Belgique.16.04.2008), alors qu’il venait à peine d’être inculpé. Et ce 12 mai dernier, quelques jours seulement avant le prononcé de la Cour d’Appel de Liège, en ce qui le concerne, avec « Une décision défavorable à Hissel. Visionner, une infraction », Le Soir parlait  d’un arrêt fraîchement rendu parla Cour de cassation, arrêt qui ne concerne pas  Hissel, mais un autre Liégeois, un homme dont le nom, à juste titre, était  soigneusement  et légitimement omis, car la faute, le délit ou la condamnation n’impliquent pas le harcèlement médiatique, la fin de la vie professionnelle, la fin de la vie sociale. Et le droit c’est aussi le droit à l’oubli.

Lorsque, dans le JTV de 19h30,  la RTBF  diffuse l’interview « exclusive » de Romain Hissel, inculpé de tentative de parricide, 4 jours avant le prononcé du Tribunal correctionnel de Liège, la séquence qui suit directement  concerne un médecin en procès à Dinant parce que, en état d’ivresse, il a tué deux personnes avec sa voiture et a prisla fuite. Ils’agissait du docteur « D ». Là encore l’anonymat est soigneusement respecté. Pourquoi? Parce que  l’avenir professionnel du médecin est en jeu et que l’on n’a pas à décider, au niveau d’une presse respectueuse de sa déontologie, à punir avant le jugement et à priver un médecin de sa profession : ce n’est pas dans le code pénal !

Pourquoi  cet acharnement à suivre pas à  pas toutes les péripéties de la procédure qui concernent Victor Hissel, dont la presse va jusqu’à espérer la suspension professionnelle ?

On l’a vu récemment, autant à la RTBFqu’à RTL, lorsque les deux chaînes concurrentes se sont targuées de présenter «en exclusivité »  l’interview de Romain Hissel dans sa version unilatérale. Les raisons pour lesquelles Victor Hisseln’a pas accepté de contact avec les journalistes n’ont été dites, et partiellement, que par Dominique Demoulin dans l’émission « Indices ».  L’horaire de diffusion suivait de trop près la fin de l’audience du prononcé du 4 mai et la véritable raison donnée par  Me Sandra Berbuto n’a pas été relayée par les médias télévisés. « Victor Hissel veut continuer son métier d’avocat et veut respecter les règles déontologique de sa profession en n’intervenant pas pendant le délibéré de sa propre affaire, mais de plus, concernant l’affaire de son fils, il désirait, – et continue de vouloir –  ne rien faire, ne rien dire qui nuirait aux moyens de défense mis en œuvre par son fils, dont la vie et l’avenir étaient en ce moment là,  – et restent toujours -, son souci principal. »

Certes dans le premier dossier, celui de l’inculpation deVictor Hisselpour consultation d’images pédo-pornographiques, il y a eu condamnation et ni le tribunal, ni la Cour n’ont retenu les arguments de la défense selon lesquels le texte de la loi ne prévoit pas d’infraction pour le fait de regarder des images sur son écran d’ordinateur, sans paiement, sans téléchargement aucun, puisque sur ces deux chefs  il y a eu non lieu.

Mais dans le deuxième dossier, les médias ont décidé, suivant un premier jugement, frappé d’appel, il faut le rappeler,   que  Victor Hissel était également coupable d’avoir reçu plus d’une dizaine de coups de couteaux et de s’être retrouvé étendu, inanimé sur son seuil alors que sont fils lui aurait fracassé la tête s’il n’avait été retenu par un passant. Pour un acte aussi grave il fallait bien une explication simple : le père était un tyran !

Les faits évoqués pour le rendre coupable n’ont jamais été vérifiés, ils sont allégués par une partie de la famille, avec laquelle, depuis son agression, Victor Hissel est en «divorce» à sa demande.

Sur les faits allégués pour « noircir » le père, et pour « excuser » jusqu’à l’acquittement le  passage à l’acte du fils,  il n’y a jamais eu d’enquête, pas plainte, pas de confrontation, et Victor Hissel n’a jamais été interrogé à ce sujet et n’est inculpé de rien.

L’exploitation de ces déclarations unilatérales, sans recul et sans analyses critiques est un véritable déni de la déontologie journalistique.

Il ne s’agit pas pour les journalistes de suivre aveuglément la position des juges, car nous sommes dans une démocratie où même les jugements peuvent être commentés.  Et si vraiment il y a deux déontologies, celle des juges  et celle des journalistes, et si les objectifs de chaque corporation sont différents, alors il serait tout à l’honneur de la profession journalistique de pouvoir prendre du recul et d’offrir des commentaires critiques sans se croire légitimée de dire n’importe quoi simplement parce qu’un juge l’a dit.

Mais même un jugement, même une condamnation officielle ne légitimisent pas une  atteinte à la dignité de la personne du condamné, voire une  atteinte à sa vie privée. Le droit pénal ne prévoit aucune autre peine que celle énoncée par la condamnation, pas  plus que  la restauration du pilori.

En osant parler de surmédiatisation et de harcèlement médiatique, à propos de la double « affaire Hissel », je pense qu’il s’agit plus que du comportement délictueux  ou  de la simple personne de Victor Hissel  qui sont  visés par cette assiduité à ne laisser passer aucun des éléments de l’enquête qui le concerne. En les alourdissant sans cesse par les éléments de l’enquête qui concernent son fils, assénés sans réserve, ni recul, sans point d’interrogation, ni le moindre conditionnel, comme des vérités établies («Les vraies motivations de Romain Hissel » , « Un lourd passé familial » «Tyran domestique» «Victor Hissel plus noir qu’on ne croyait», «Victor Hissel  tyran aux pulsions sexuelles mal gérées», «Tyran violent pour ses proches », « La face noire du chevalier blanc …), c’est un symbole que l’on veut abattre !

Et pourquoi pas ? On achève bien les chevaux !

José DESSART

Journaliste, auteur du blog « Humeur et Respect »

Ce 1er juin 2011


[1] Actes du Congrès de l’Ordre des Barreaux Francophones et Germanophones . Ed. Anthémis Février 2011. pg 183 et svtes

[2] L’autorisation de filmer et/ou d’enregistrer le prononcé d’une décision de justice emporte violation de l’arrêté royal n°64 du 30 novembre 1939 contenant le Code des droits d’enregistrement, d’hypothèque et de greffe qui, en ses articles 271 et suivants, conditionne l’obtention de la décision au paiement d’un « droit fixé à 0,75 EUR par page, quel que soit le support utilisé pour la délivrance » ; cette violation est sanctionnée pénalement par l’article 206 du même Code : « Sans préjudice des amendes fiscales, sera puni d’un emprisonnement de huit jours à deux ans et d’une amende de 250 à 12.500 €, ou de l’une de ces peines seulement, celui qui, dans une intention frauduleuse ou à dessein de nuire, contreviendra aux dispositions du présent Code ou des arrêtés pris pour son exécution » ;

L’autorisation de filmer et/ou d’enregistrer le prononcé d’une décision de justice emporte violation de l’arrêté royal n°246 du 22 février 1936 sur la délivrance des copies photographiques qui prévoit aussi la débition d’un droit de timbre (Adrien Masset, Professeur de droit pénal à l’université de Liège)

CDJ. Déposer plainte au Conseil de Déontologie Journalistique : cela vaut-il encore la peine ?

J’entreprends aujourd’hui de publier ma réponse à l’avis donné par le Conseil de Déontologie Journalistique  à trois plaintes que j’ai déposées respectivement contre

– la RTBF pour la diffusion de six séquences ( dans le JTV  et les JP radio) le 28 et le 29 avril 2011

– la RTBF pour la diffusion d’une séquence dans le JTV  de 13h00 du 17 juin 2011

– et RTL-TVi pour la diffusion d’une séquence du magazine Indices du 4 mai 2011.

et ce dans le traitement de la double affaire Hissel (celle de Victor et celle de Romain)

N.B. Pour assurer la transparence de ce dossier le visiteur peut prendre connaissance de l’avis rendu, le 14 septembre 2011, par le CDJ à ces trois plaintes (déclarées non-fondées), regroupées sous la référence 11-23,  sur le site du CDJ (http://www.deontologiejournalistique.be/)     

11-23 Dessart c RTBF JT et JP et c RTL _Indices_ avis final

Encore un petit effort pour une véritable déontologie journalistique.

S’il s’agit bien, comme l’annonce le CDJ en parlant de ses missions,  de codifier, affiner et compléter les règles déontologiques alors je pense que cette analyse peut être utile.

Pour la prise en compte complète du processus de communication

Disons le d’emblée, au vu des avis rendus aussi bien dans la cas de la plainte 11-15 (RTBF, Diffusion dans le JTV de 19h30, d’une séquence sur une nouveau produit « Jupiler Force ») que dans la plainte 11-23, que l’actuel Conseil de Déontologie Journalistique ne tient aucun compte de la façon dont les messages véhiculés par les médias sont perçus par le public.

Le champ d’investigation du Conseil se limite strictement aux mots écrits, aux paroles prononcées,  en les isolant du contexte audio-visuel qui ne forme, avec l’expression verbale, qu’un tout.

N’est-il donc pas pensable que l’analyse de l’attitude journalistique en radio et,  qui plus est, en télévision, comprenne l’ensemble des données dont le montage, le mixage, la couleur, l’intonation, le commentaire, la mise en onde musicale, la succession des plans, qui peuvent à tout moment dire autre chose, sinon le contraire, des mots prononcés.  Mais dès que l’on peut se référer à ces mots, hop, c’est un alibi imparable : cela a été dit (de quelle façon ?) et  si cela suffit à justifier non fondement d’une plainte, tant pis si le public a mal compris. Aucune autre investigation, aucune question à débattre,   l’autorégulation confine à  l’autojustification.

Pour une interprétation loyale de la plainte.

A lire et à relire la façon dont le résumé de la plainte 11-23 est rédigé, dans l’avis donné par la CDJ, et à le comparer à la plainte elle-même je me sens obligé de faire des remarques sévères sur l’édulcoration et les lacunes  qui en résultent. De plus,  le fait d’avoir joint les trois plaintes me paraît  avoir permis des amalgames et des omissions, dans l’avis rendu.

 La jonction des 3 plaintes et ses conséquences  néfastes.

A titre d’exemple des conséquences  perverses de cette jonction qui mélange tout, je prends un extrait dans le paragraphe 2 de l’avis rendu . L’amalgame est patent puisque l’on justifie six séquences de la RTBF (des 28 et 29 avril) , mises en en cause dans la première plainte, par une séquence postérieure de RTL-TVI (4 mai), mise en cause dans la troisième plainte.

Lorsque l’avis rendu dit : «  Dans l’émission INDICES, des experts expliquent que même si ces faits sont inexacts, la conviction de leur véracité peut expliquer certains actes » ce n’était pas le fait de  la diffusion en batterie des extraits de l’interview de Romain Hissel  par la RTBF, car ces experts n’y étaient pas…et pour cause !

Ce qui est dénoncé dans la première plainte, et qui ne concerne que la RTBF, c’est le manque de mise à distance par rapport  aux assertions de Romain Hissel. Aucun élément ne le permet.  Sur ce point, je ne connaîtrai donc jamais l’avis du CDJ, circonstancié et motivé par des arguments tirés des séquences de la RTBF, elles-mêmes, puisque l’on me répond avec, uniquement, les arguments émis par RTL , dans un autre temps !

J’appelle cette amalgamation, (justifier  ce qu’une séquence d’une chaîne TV ne dit pas, par ce qui est dit dans une séquence d’une autre chaîne TV à un autre moment) sinon de la malhonnêteté intellectuelle, un manque total de logique et de rigueur : une déficience intellectuelle désarmante.

Je voudrais cependant connaître avec précision les éléments des séquences télévisuelles et radiophoniques, relatives  à la rafale de diffusion d’extraits de l’itv de Romain Hissel, des 28 et 29 avril, qui pourraient justifier,  au paragraphe 2 de l’avis rendu :«  Les journalistes (Qui? De quelle chaine ?ndr) n’affirment pas que Victor Hissel est coupable de tels actes, mais bien que son fils a été influencé par la conviction que son père en était l’auteur. »

Quels sont les termes employés, dans les séquences,  pour l’affirmer (dans les six séquences diffusées par la RTBF  les 28 et 29 avril, et j’y insiste !) et qui permettent au CDJ  de pareilles assertions ?

De même quand le CDJ dit,  dans le paragraphe 3 de son Avis  : «  Le point de vue de Me Hissel a cependant été exprimé », c’est un mois après que, dans l’émission complète de  DEVOIR D’ENQUETE,   Sandra Berbuto, avocate de Victor Hissel, peut donner le point de vue de son client, « qui est de s’astreindre au silence pour laisser à son fils tous les moyens possibles de se défendre« [1]. Dans la diffusion des six séquences de la RTBF les 28 et 29 avril 2011 cela n’apparaît aucunement !

Les éléments factuels eux-mêmes sont ainsi, si ce n’est manipulés, du moins méprisés et altérés.

NON RESPECT DE LA PREMIERE PLAINTE

Le point principal de ma première plainte était contenu dans la mise en question numéro cinq et était très clair : laisser dire à Romain Hissel que son père représentait un danger pour les enfants d’une compagne alors que tout indiquait dans le dossier et dans les faits qu’il n’en était rien, est une attitude journalistique qui trahit la vérité des faits.

J’ai insisté sur l’importance de ce point dans le courriel du 24 mai 2011.

Curieusement ce point n’apparaît pas dans le résumé de la première plainte.

(Voir en Annexe 1 le tableau comparatif)

 Ainsi dans la transposition de ma plainte je ne retrouve que la première partie du mobile donné par Romain Hissel pour expliquer son acte. Or il y a dans l’explication donnée par Romain un élément lointain et un élément rapproché.

Pourquoi l’élément rapproché n’est-il pas repris dans le résumé de la plainte ?

L’articulation des deux parties fait son mobile. C’est tellement essentiel que ce sont ces deux éléments là qui ont été retenus par les journalistes et diffusés en radio et en télévision  multipliant la diffusion de ces éléments par cinq. (Voir Annexe 2 : retrancriptions  d’extraits de deux séquences)

On constate donc que, même s’il est répété chaque fois que «  Victor Hissel nie cet abus aujourd’hui prescrit » ( élément lointain et hypothétique qui aurait exigé un conditionnel !), aucune clarification ni mise au point ne permet à l’auditeur, ou au téléspectateur, de relativiser le deuxième élément : la menace actuelle sur les enfants. de la compagne.

Ne pas traiter ce point, de la part du CDJ, est ce que je pourrais appeler une « scotomisation » (lacune dans le champs visuel).

La même lacune existe dans le résumé de la deuxième plainte en guise de rappel. Non, le mobile de Romain Hissel ne se résume pas à « avoir appris que son père aurait commis un abus sur mineur ».

Dès lors le paragraphe 3 de l’Avis rendu par le CDJ est totalement incomplet par rapport à la plainte et participe du même phénomène de scotomisation  en ne prenant en considération que l’élément lointain (parce que c’est le seul à propos duquel les journalistes ont un alibi : ils ont pu dire « Victor Hissel nie »)

 

NON RESPECT DE LA DEUXIEME PLAINTE

Concernant la deuxième plainte (RTBF,La Une,, JTV,13h00 du 17 juin 2011), on peut même constater que l’avis n’en parle même pas.

Par empressement ? Par manque de temps ?

Il faudrait dès lors considérer que le CDJ reprend à son compte la non-réponse de la RTBF  qui s’estime « victime d’un acharnement de la part du plaignant ».

C’est un comble : se plaindre d’un acharnement médiatique serait considéré comme un acharnement !?!

Aucune considération n’est émise sur la plainte, càd aucun respect pour le plaignant qui s’est quand même fendu d’une rédaction très documentée et circonstanciée, articulée sur un concept qui ne semble pas avoir ému le CDJ et qui pourtant fait partie des moyen de manipulation de l’information : le mélange de temporalité. (Voir Annexe 3)

Cet  élément  me paraît essentiel dans la deuxième plainte (et je l’ai fortement souligné) Le journaliste dit : «  …il venait d’apprendre que Victor Hissel s’en était pris sexuellement à un enfant, ce que Me Hissel toutefois nie… »

Cette formulation laisse supposer que l’élément lointain et hypothétique (l’abus)  a été commis dans un temps quasi actuel.

Ce passage est terriblement ambigu, cela me saute aux yeux. Et je suis même amené à penser que cela a sauté au yeux de certains autres puis que, dans le JTV de 19h30, cette séquence a été rediffusée mais sans ce passage !

Il me plaît donc de demander un second avis au Conseil de Déontologie Journalistique par cette question : « OUI OU NON  CETTE FORMULATION INDUIT-ELLE EN ERREUR ? »

 NON RESPECT DE LA TROISIEME PLAINTE

J’ai peine à comprendre cette lapalissade  au paragraphe 5 de l’Avis :«  Dans l’émission Indices, les scènes évoquées par un jeu d’acteur sont présentées comme la mise en image des affirmations de Romain Hissel. »

 Cette perle, confrontée avec l’extrait suivant de ma troisième plainte, devient d’une naiveté suffocante:

 2. Sur les scènes reconstituées.

Elles sont des moyens de réalisation, mais dans ce cas elles apparaissent comme un palliatif employé pour compenser la fragilité du témoignage.

 Elles prétendent traduire en image une parole. Mais à partir du moment où il faut dire à  un acteur comment il doit se déplacer,  à partir du moment où il faut choisir  ce qu’il doit y avoir dans l’image, il faut décider. Et dans cette décision se retrouvent tous les a priori, dans la mesure où elle n’est soumise à aucune analyse critique. Par contre lorsque l’on lit sur les forums la réaction des spectateurs, on ne peut nier l’effet de vérité obtenu. On retrouve des phrases comme : « Avec ce qu’il a fait… ! Et on l’a vu dans l’émission… ! »

  (extrait de la troisième  plainte concernant l a séquence du magazine « Indices »  de RTL-TVI du 4 mai 2011)

C’est justement, faut-il le rappeler,  parce qu’elles donnent un degré de réalité que les paroles n’ont pas,  que ces scènes artificiellement reconstituées sont discutables et mises en questions. Mais le CDJ ne semble pas prêt à en discuter. Dommage que tout cela soit baclé.

Et cela m’amène à une triple question finale  qui dépasse cependant le cadre de ces trois plaintes :

  1. Oui ou non, le CDJ est-il susceptible de prendre en considération  et de respecter les plaintes et les plaignants,  par une réponse point par point, arguments à l’appui, par des citations provenant des séquences incriminées  elle-mêmes, sans mélanger une diffusion avec une autre ?

  2. Oui ou non, le CDJ  peut il enfin se mettre à l’heure des médias audio-visuels  en intégrant dans une même analyse l’entièreté des moyens de sons, d’images   et de paroles que le destinataire du message reçoit comme un tout ? ( n’importe quel étudiant d’école de communication le sait  et les citations livresques  sont innombrables à ce sujet ! )

  3. Enfin, le CDJ est-il prêt à consacrer à l’examen des plaintes le temps necessaire pour  en chercher les  arguments qui peuvent faire progresser la déontologie journalistique vers une amélioration et un affinement des règles de communicationavec le public ?Il me semble évident que la déontologie journalistique ne peut occulter l’aspect du décodage du message dans toutes ses dimensions audio et visuelles et, qu’entre sa fabrication par les producteurs de contenus et la réception du sens du message par par le public il est urgent d’établir des règles de loyauté. Si l’on veut vraiment faire comprendre quelque chose au public tous les moyens sont là !  Et j’estime que si le public comprends mal, la responsabilité en revient aux producteurs !

 Ce 25 octobre 2011

Joseph Dessart, Journaliste retraité

ANNEXE 1

Rédacteur:  J.DESSARTPlainte RTBF( diffusion : 28 et 29 avril 2011)Cinquième mise en question. Toutes les déclarations de Romain Hissel, reprises sur les antennes de la RTBF, ont été examinéespar la Juge d’Instruction en charge de son dossier et sous le contrôle du Parquet, qui pouvaitdemander tout devoir complémentaire. Aucune poursuite n’a été entreprise, sur la base des élémentsdu dossier, à l’encontre de Victor Hissel.Ne faut-il dès lors pas se poser la question de savoir pourquoi la justice n’a pas trouvé utile depoursuivre ? Ne pas y répondre c’est laisser le public se poser la question : la justice protègerait-elleun dangereux pédophile, quod non ?Il faut savoir que les éléments mêmes du dossier démentent qu’il ait pu exister une quelconque menace sur les enfants d’une prétendue nouvelle compagne de Victor Hissel. Cette menace, invoquée par Romain Hissel comme explication principale de son passage à l’acte, n’a donc jamais existé, même s’il a pu y croire en raison de son état.  La journaliste connaît-elle bien le dossier qu’elle prétend traiter ? Si c’est non, c’est très grave. Si c’est oui, alors il y a faute pour manque d’objectivité et d’honnêteté.  Rédacteur: le CDJ Résumé de la plainte RTBF (diffusion : 28 et 29 avril 2011)Le plaignant  Le plaignant exprime des « mises en question » qu’on peut résumer comme suit :- présenter l’interview comme exclusive est abusif. La RTBF l’avait programmée pour le 1er juinet en a diffusé des extraits plus tôt pour anticiper sur la concurrence ;- Victor Hissel, largement accusé dans l’interview, n’a pas été contacté et n’a pu donner sonpoint de vue ;- l’information diffusée sous forme d’interview est unilatérale, partiale, sans mise enperspective, sans contextualisation et sans prise de distance ;- l’accusation d’abus sur mineur n’a pas été retenue en justice ; en ne le précisant pas, la journaliste manque soit d’objectivité, soit d’honnêteté.   Certaines « mises en question » ne s’adressent pas au CDJ ; elles ne sont pas abordées dans cet avis. 

 

ANNEXE 2

JP 18h00 RTBF Première 28 avril 2011.  Extrait
Chapeau : «  Dans quelques jours le fils de l’avocat sera jugé pour sa tentative de parricide en avril 2009. Nos collègues du magazine TV « Devoir d’Enquête » ont pu rencontrer Romain Hissel et pour la première fois, il s’exprime sur les raisons  qui l’ont poussé à vouyloir tuer son père. C’est pour lui l’aboutissement  de longues années de souffrance. Il dit avoir  il dit avoir voulu protéger des enfants du comportement pervers de son père, écoutez-le, il est interrogé par Nathalie Papleux.
ITV Romain : «  Avec ma mère, ils sont en cours de séparation et lui retrouve une relation, une dame qui a des enfants en bas âge, et heu, après ça, ma mère m’apprend qu’il a commis des actes sur un de mes oncles,  un des frères de ma mère, et donc ben là, maintenant ce n’est plus juste des consultations, il y a eu passage à l’acte,  ça s’est passé il y a très longtemps, donc on ne sait même pas s’il y a eu d’autres passages à l’acte, depuis, et donc je dis à ma mère et à ma sœur que bon, maintenant qu’on sait,  il faut quand même prendre des mesures pour éviter qu’il aille commettre des actes sur les enfants de cette dame, voilà  sur le moment et dans l’état dans lequel j’étais, je me suis dit :  « il faut que je mette fin à ses jours quoi,… ». J’essaie de résister, de voir les autres possibilités que j’ai, mais…je ne suis pas sobre, je ne vois plus d’autres solutions quoi… »
Retour Studio Voilà l’interview, un extrait de l’interview  de Romain Hissel.  Son père nie avoir commis cet abus aujourd’hui prescrit. Vous pourrez découvrirl’intégrité de cette interview lors du « Devoir d’enquête » prévu  le 1er juin prochain.

Et dans la séquence télévisée de la veille(JTV, 19h30, 28 avril 2011)

La journaliste : En février 2008 Victor Hissel est inculpé pour la consultation de ces sites. Le couple Hissel divorce.  L’avocat  entame alors une liaison avec une femme, mère de trois enfants. La révélation d’un ultime secret de famille va alors provoquer la descente azux enfers de Romain. Avant l’affaire dutroux Victor Hissel aurait abusé d’un enfant de 12 ans, le plus jeune frère de la mère de Romain.
ITV Romain : Ma mère m’apprend qu’il a commis des actes sur un de mes oncles, un des  frères de ma mère…bon là c’est plus seulement des consultations, il y a eu passage à l’acte
La journaliste : Qu’est-ce quoi vous préoccupe le plus à ce moment là ?
ITV Romain : Ben en fait, c’est à moi d’agir, puisque personne ne veut rien faire, puisque lui ne veut pas se soigner, tant pis moi je n’ai plus rien à perdre,  on va essayer de faire en sorte qu’il ne gache pas la vie à des pauv’gosses qui n’ont rien demandé, voilà quoi
La journaliste :  Victor Hissel nie cet abus aujourd’hui prescrit. Mais Romain anéanti par toutes ces années de souffrance ne résiste plus…etc…

 Annexe 3

Extraits de la deuxième plainte concernant :
JT de 13h00 de ce 17 juin 2011, pour le traitement médiatique de la « Cavale de Romain Hissel ». Objet : Disproportion de l’information et calomnie.

Pour rappel, après avoir été médiatisé à l’excès (excès dû à une surenchère à « l’exclusivité » indécente, entre l’émission Indices de RTL-TVI et le magazine Devoir d’enquête de la RTBF) le jeune Romain Hissel s’est enfui de l’établissement de soins psychiatriques qu’il avait rejoint librement pour la deuxième fois depuis son acquittement par le tribunal correctionnel de Liège (Jugement frappé d’appel par le Parquet).Le fait d’en faire le premier sujet d’un journal télévisé est un choix éditorial qui montre la disproportion des enjeux réels de l’information en ce qui concerne ce que l’on peut appeler la sur-médiatisation de tout ce qui concerne la famille Hissel, et principalement lorsque la possibilité est entrevue par les journalistes de mettre en cause le père, Victor Hissel.  Lire la suite

VICTOR HISSEL : POURQUOI LUI EST-IL DEFENDU DE DEFENDRE ? A propos de son écartement de la cour d’assises.

J’ai lu dans LA MEUSE-VERVIERS, de ce 20 février 2012, page 6, l’éditorial de Françoise Peiffer,  dont la pertinence mérite cette citation :

« Mardi, Eric Lemmens, le bâtonnier estimait qu’ayant été condamné à 10 mois de prison avec sursis pour détention d’images à caractère pédopornographique, Me Hissel  ne pouvait plus défendre Bruno Werner. Mis à part les soupçons d’abus sexuel émis par des témoins suédois, personne, pas même le médecin légiste n’a pu établir que la fille de Bruno Werner avait été victime d’inceste. Lors du procès, l’inculpé n’a jamais été sommé de s’expliquer sur ces possibles gestes. Surprenant. Evoquées dans l’acte d’accusation, ces suspicions ont disparus  du réquisitoire de l’avocat général Pascale Schils. Pourquoi dès lors a-t-on écarté Victor Hissel ? »(1)

Et de poser courageusement la question dès le titre : « Me Hissel éjecté à cause de la pression médiatique ? »  en  mettant directement en relation la décision du Bâtonnier, Eric Lemmens,  enjoignant à Victor Hissel de se dessaisir du dossier qu’il plaidait en assises, dans l’affaire du triple homicide familial commis par Bruno Werner,  et le reportage de RTL-TVI, qui la veille,  dans le JTV de 13h00 et de 19h00, posait la fausse question : POURQUOI VICTOR HISSEL PEUT-IL ENCORE PLAIDER ?

Une fausse question, une vraie pression.

Les journalistes (Vincent Jamoulle et Marc Evrad), qui ne semblent pas lâcher Victor Hissel d’une semelle,  y rappelaient que Victor Hissel, pour ceux qui l’ignoraient encore, avait été condamné à 10  mois avec sursis pour détention d’images pornographiques, y révélaient  que le bâtonnier  avait, à ce sujet,  ouvert  une enquête disciplinaire devant le conseil de discipline et que la décision était attendue pour le 8 mars prochain.

En fait, cette information, qui jusque là était restée confidentielle,  ne faisait que confirmer que  Victor Hissel était toujours avocat de plein exercice.

Mais les journalistes insistaient car ils avaient obtenu une autre information selon laquelle il y avait pour Victor Hissel  une interdiction d’intervenir dans les dossiers de pédophilie, ce qui est faux. Tout au plus s’agissait-il d’une recommandation. Or, disaient les journalistes,  dans l’affaire qu’il plaide aujourd’hui (le reportage date du lundi 13 février), l’accusé est suspecté par le ministère public de faits d’incestes sur sa fille, l’une des trois victimes !

Pourtant, aucun élément concret  ne figurait au dossier, aucune prévention n’était formulée  à l’encontre de l’accusé.

Mais il fallait bien donner une consistance aux rumeurs.

« Des voix s’élèvent pour dénoncer le fait que Victor Hissel, condamné pour détention d’images pédo-pornographiques, puisse encore plaider à Liège, là même où il a été poursuivi. », pouvait-on lire sur le site de RTL en regard de la vidéo sur laquelle on peut cliquer pour voir ce reportage !(2)

Des voix !

Et le commentaire journalistique de terminer  la séquence en disant : «  Du côté du bâtonnier, pas de commentaires aujourd’hui (sic !). Mais, continuent les journalistes, qui veulent à tout prix mêler les deux affaires dans leur conclusion, les avocats de Victor Hissel, estiment que la justice belge a confondu consultation et détention  d’images pédopornographiques, ils viennent d’introduire un recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme » (2)

En matière d’amalgame peut-on faire mieux ?

Eh bien oui.

Dès le lendemain, cédant aux pressions des journalistes qui le pressaient, en outre, de se laisser interviewer, après qu’il ait enjoint à Victor Hissel de se retirer du procès,  lui, qui avait déjà ordonné le silence à l’avocat, le bâtonnier, Eric Lemmens, disait qu’il avait eut connaissance la veille d’un fait nouveau, à savoir  « qu’ au cours de la lecture de l’acte d’accusation, il est apparu qu’il y avait de manière sous-jacente, une accusation de faits de mœurs et pas n’importe quels faits : il s’agit d ‘inceste et de pédophilie. Je l’ignorais et je l’ai découvert lundi. Il m’est  alors paru inimaginable que ce soit Me Hissel, à qui on reproche des actes du même ordre, qui assure la défense  de l’accusé. (…) » ( Interview Martine Vandemeulebroucke. Le Soir du 15.02.12 pg 9) (3)

Des actes du même ordre !

Cette confusion est regrettable dit Benjamin HERMAN dans LE JOUR-LE COURRIER du 16 février 2012 :

«  ….Oui, Victor Hissel a probablement dépassé quelques limites. Mais non, il n’est pas le Diable. Il a été écarté du procès parce que l’instruction pointait la possibilité d’attouchements sexuels de l’inculpé, Bruno Werner,  sur sa fille. Dire qu’il y avait suspicion serait même exagéré. Simplement des éléments de l’enquête avaient soulevé la question.  Dans son réquisitoire, d’ailleurs, l’avocat général n’a pas fait la moindre allusion à la chose. Et pourtant…De nombreuses voix se sont permises de créer des amalgames fâcheux entre la situation personnelle de Victor Hissel et celle de son client. C’était facile, bien sûr. Mais regrettable, vraiment. »(4)

La brusque intervention du bâtonnier  au second jour du procès, est apparue tellement inhabituelle, intempestive et disproportionnée que la presse en a perdu l’unanimité qui s’y manifestait, dans le passé, dès qu’il s’agissait d’une des affaires Hissel.

«  UNE NOUVELLE GIFLE POUR VICTOR HISSEL », titrait  LA MEUSE, le présentant, cette fois, plus comme victime que comme «tyran », tandis que dans LE SOIR on pouvait lire sous le titre « LE MAUVAIS PROCES FAIT A MAITRE HISSEL ET AU MEURTRIER »(2) dans l’ édito de Marc Metdepenningen :

« A entendre le bâtonnier, il aurait découvert , à la lecture de l’acte d’accusation que M. Werner, l’accusé, pourrait être soupçonné de faits d’attouchements sur sa fille assassinée ; des suspicions fragiles pour lesquelles, il n’est pas poursuivi. Victor Hissel (…) était sous  le coup d’une interdiction de plaider dans une affaire de moeurs. (NDLR : ce qui est faux). Il était dans son droit d’être en cette  affaire, aux côtés de Xavier Magnée. La sortie du bâtonnier Lemmens est stupéfiante. La lecture à l’audience de l’acte d’accusation sur lequel il s’appuie pour justifier son indignation tardive (« une attitude nuisible à la justice et au barreau ») était à la disposition des parties depuis des semaines. Et l’affaire commentée depuis trois ans.(…) »(5)

Trois ans ! Il est nécessaire de resituer cette affaire dans la durée.  C’est effectivement il y a trois ans et demi que  Bruno Werner a consulté Victor Hissel, en août  2008, et lui a demandé d’être son conseil en vue du procès d’assises.

On est loin de l’image  d’un Victor Hissel, excité, se jetant sur la première affaire d’assise  à sa portée, pour faire parler de lui. Et pourtant cela traverse encore l’opinion publique si l’on en croit les interventions des internautes sur les forums qui suivent les articles mis en ligne.

C’est pourquoi j’estime qu’il est important à ce stade de faire la chronologie de l’intervention de Victor Hissel dans cette affaire.

CHRONOLOGIE

Me Hissel mandaté par Bruno Werner

Victor HISSEL est intervenu pour la première fois à ses côtés juste un an après le drame, soit devant la Chambre du Conseil de Verviers du 28 octobre 2008.

Il était alors son troisième conseil.

Et c’est donc en pleine connaissance de la situation personnelle de Me HISSEL (inculpé en février 2008) que Mr WERNER, l’a appelé à sa défense.

A la demande de la sœur de l’accusé, Me MAGNEE est intervenu à son tour, en septembre 2009, essentiellement dans l’optique de la future cour d’assises.

Me MAGNEE a exigé toutefois, avant d’intervenir, que Me HISSEL reste également au dossier. C’était aussi le vœu de Mr WERNER, unilingue germanophone, dès lors notamment que Me MAGNEE ne pratique pas l’allemand, que Me HISSEL maîtrise parfaitement.

Une instruction interminable

Depuis le début de l’instruction, le Juge JAMIN s’est convaincu que le mobile avancé par l’accusé pour expliquer le drame, soit les difficultés financières, n’était pas le vrai mobile des faits. Il a d’emblée cherché à établir – en vain – le mobile « mœurs », soupçonnant l’accusé d’avoir commis des faits de mœurs à l’égard de sa fille.

Cet élément était donc connu de tous les intervenants depuis le départ, de même que le fait que cet élément n’a pas été retenu en termes de prévention, , ce qui en définissait ainsi les limites.

Me Hissel plaide en Chambre des mises en accusation…et obtient la remise en liberté de son client.

Ainsi, le fait que Me HISSEL était – et allait rester – le conseil de Mr WERNER pour la future cour d’assises ne pouvait être ignoré d’aucuns de ceux qui, de près ou de loin, s’intéressaient à l’époque, soit à ce dossier WERNER, soit à la situation de Me HISSEL, puisqu’au moment du règlement de la procédure d’instruction, et du renvoi du dossier aux assises, en mai 2011, Me HISSEL a plaidé – seul – en chambre des mises en accusation, et a obtenu – décision qui a entraîné une véritable commotion dans les milieux judiciaires verviétois, et même liégeois, et dans la région de PLOMBIERES – la remise en liberté de l’accusé jusqu’au moment du procès à tout le moins, en raison de la trop longue durée de l’instruction et du délai avant le jugement.

Certes, les médias ont volontairement tu, ou minimisé l’événement, en raison de la présence de Me HISSEL ; mais le monde judiciaire était parfaitement au courant.

L’étonnement tardif du Bâtonnier

Il est dès lors surprenant que le Bâtonnier LEMMENS (élu en juin 2011 au bâtonnat de Liège, et donc vice-bâtonnier depuis un an) puisse prétendre, non seulement qu’il ignorait cet élément, mais même qu’il ignorait qu’une cour d’assises où interviendrait Me HISSEL allait avoir lieu en février 2012.

D’autant plus que Victor Hissel avait demandé et obtenu, en janvier 2012,  une entrevue avec  le bâtonnier lui-même, pour prévenir tout incident lors de cette session de cours d’assises.

Des rumeurs circulaient en effet au Palais selon lesquelles tant le Président de la Cour, Mr GORLE, que l’avocat général P. SCHILS qui allait siéger, s’inquiétaient de cette situation.

Il faut croire toutefois qu’ils n’en ont pas alerté le chef de l’ordre des avocats, comme il eut été logique de le faire, puisque ce dernier prétend qu’il ignorait la chose au moins jusqu’à l’entrevue de  janvier 2012.

De même, si la question du mobile « mœurs » avait réellement posé problème – quod non, puisqu’à part dans son acte d’accusation, l’avocat général n’en a plus parlé lors de ses réquisitions, et qu’il n’en est fait, à juste raison, aucun écho dans l’arrêt de condamnation – on peut légitimement se demander pourquoi ni le parquet général, ni la Cour n’en ont fait état au bâtonnier.

En outre, rien n’interdisait au bâtonnier, dès lors qu’il paraissait soucieux de la présence de Me HISSEL à cette cour d’assises, de s’informer.

Me  Hissel interdit de parole.

Il a préféré se contenter, lors de cet entretien de janvier,  d’imposer à Me HISSEL un silence absolu, et une interdiction totale de contacts avec la presse à propos de ce procès.

On peut du reste s’interroger sur la légitimité d’une telle mesure, en regard de l’obligation faite à tout avocat de défendre son client partout où cela est nécessaire, y compris face à la presse (voir Arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (5° section) du 15 décembre 2011 (!), en cause d’une avocate française MOR / FRANCE).

C’est donc très interpelant d’entendre le bâtonnier LEMMENS justifier son intervention du mardi 14 février 2012, en faisant valoir la composante mœurs du dossier, et excuser sa tardiveté, en parlant « d’élément nouveau » !

De son côté, Me HISSEL n’a pas pu – et ne peut toujours pas – donner sa version des faits, puisqu’il était et reste interdit de parole !

C’est pourquoi j’ai tenu à vous faire le présent compte-rendu des événements, tels que je les connais. José DESSART

(1) http://archives.sudpresse.be/analyse-me-hissel-ejecte-a-cause-de-la-pression_t-20120220-H3P5XM.html?queryand=Hissel&firstHit=0&by=10&begYear=2012&begMonth=02&begDay=21&endYear=2012&endMonth=02&endDay=22&sort=datedesc&when=-1&pos=0&all=764&nav=1

(2) http://www.rtl.be/info/votreregion/liege/856354/condamne-pour-detention-d-images-pedopornographiques-l-avocat-plaide-toujours

(3) http://archives.lesoir.be/assises-de-liege-l-avocat-quitte-la-defense-de_t-20120215-01U042.html?queryand=ERIC+LEMMENS+b%E2tonnier&firstHit=0&by=10&when=-1&sort=datedesc&pos=1&all=16&nav=1

(4) http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20120218_00119923

(5) http://archives.lesoir.be/le-mauvais-proces-fait-a-victor-hissel-et-au-meurtrier_t-20120215-01TZW4.html?queryand=ERIC+LEMMENS+b%E2tonnier&firstHit=0&by=10&when=-1&sort=datedesc&pos=0&all=16&nav=1

Victor Hissel devant la Cour de Cassation

Le pourvoi en Cassation de Victor Hissel, pour cause de procès inéquitable,   vient d’être rejeté par la Cour (ce 27 octobre 2011).

Le texte de l’arrêt n’est pas encore connu dans son intégralité.(Il a été impossible de l’obtenir du greffe parce qu’il n’était pas signé !!!!)

Voici le texte lu par Victor Hissel devant la Cour :

Monsieur le Président,

Madame et Messieurs les Conseillers,

Monsieur l’Avocat Général,

 Je me suis longuement interrogé sur le sens de ma présence ici ce matin.

Etre là, devant vous, c’est vous montrer que je fais face.

Pour donner à ce procès la dimension humaine qu’il comporte, qu’on le veuille ou non, au-delà des aspects purement procéduraux de l’exercice.

Pour entendre l’avis du Ministère public.

Pour le réconfort d’entendre ma défense aussi.

Ou alors :

Me faire discret ; éviter un nouveau cirque médiatique.

Ne pas devoir à nouveau refuser de répondre aux médias, puis me le faire reprocher.

Rencontrer le vœu de certains aussi, de choisir l’ombre, où j’aurais, pensent-ils, dû rester depuis le début.

Peut-être ne pas paraître provocant, en m’imposant à vous.

Je suis venu vous dire que derrière tout procès, même, et sans doute surtout en cassation, il y a une dimension humaine, qui doit prévaloir.

Cette parenthèse triste et honteuse de ma vie, que je regrette sincèrement, est définitivement fermée, la page tournée, le tunnel franchi, la vie devant et l’espoir au bout du chemin.

Je veux vous dire aussi, sans pudeur – à quoi bon, dans mon cas- ma peine et ma souffrance, pour les miens, broyés par mes choix, pour mes proches, présents malgré tout, pour le barreau, auquel je tiens décidément, pour la Justice aussi, que je veux continuer, comme par le passé, à servir au mieux, aussi paradoxal que cela puisse sembler.

Une justice vraie se doit d’être sereine.

On ne peut nier que j’ai subi tout au long de la procédure tous les excès qu’on peut imaginer : fuites organisées par le parquet, lynchages médiatiques à répétition, parti-pris de magistrats, acharnement des uns et des autres, …

Ces multiples manquements aux exigences de la CEDH sont autant de violations du procès équitable, auquel, comme tout citoyen de ce pays, comme tout justiciable, j’ai absolument droit.

Sans toutes ces violations – sans chacune d’elles – les décisions rendues auraient-elles été les mêmes ?

Vous êtes le dernier rempart contre l’arbitraire.

J’ose enfin vous adresser une ultime requête : que l’on veille à me réserver, plutôt qu’à la presse, la primeur de votre arrêt.

Le 26.10.2011                                                                                                Victor HISSEL

Cour d’Appel de Liège : VICTOR HISSEL condamné à 10 mois avec sursis pour cinq ans.

Pour la cour d’Appel de Liège, regarder des images pédo-pornographiques sur ordinateur revient à les « détenir » : c’est une infraction à l’article 383 bis du Code Pénal. Elle confirme donc la peine de 10 mois de prison prononcée en première instance en l’aménageant cependant d’un sursis sans probation pour une période de cinq ans.

La presse a rendu compte de cette décision, d’une façon, cette fois, beaucoup plus factuelle. Serait-ce que parce qu’une condamnation avec sursis fait moins sensationnel que « 10 mois de prison ferme » ? Mais persistent toujours les mêmes erreurs grossières reprises par plusieurs journaux ( L’affaire Dutroux était totalement terminée – juin 2004- lorsque la période infractionnelle a commencé -février 2005- !)

A la sortie de l’audience, Me Masset, conseil de Victor Hissel, qui tout au long de la procédure s’est efforcé de démontrer que le texte de la loi, qui parle de « détention » et de « possession »,  ne visait pas le simple fait de regarder,  a déclaré  » c’est effectivement un message fort  donné aux internautes . Comme professeur d’université chargé d’expliquer le droit pénal à des étudiants,  je suis inquiet de savoir que celui qui regarde son écran est considéré comme « possédant » et que tout qui achète un ordinateur, achète une boîte de Pandore, et  peut se trouver devant le meilleur ou le pire, et si c’est le pire, il est automatiquement en infraction.  »

Dans les motivations la Cour rappelle que la volonté du législateur est de réprimer l’ensemble du marché de la pédopornographie en général et l’exploitation sexuelles des mineurs.

N.B. C’est un combat que j’ ai personnellement toujours mené en considérant que s’en prendre aux consommateurs ne changerait rien au « marché » ( la même chose pour la drogue…) sans une politique internatioale ferme d’interdiction de ces milliers de sites pédopornographiques qui prolifèrent sur les serveurs.  Quand il s’agit d’interdire ce qui est dans l’illégalité, il ne s’agit pas de censure !

Certains journaux ont titré « Hissel devra indemniser son fils » ( Le Soir, 24.05.11) soulignant  le caractère assez exceptionnel de cette décision de la Cour d’appel sans en expliquer, toute fois les contradictions. Il est vrai que les avocats de la partie civile, Me Gilissen et Me Wilmotte ont pu déclarer « c’est la reconnaissance que ce genre d’actes peut avoir des conséquencers graves pour les proches« .  Mais en évoquant l’idée d’utiliser cette décision dans l’affaire de tentative de parricide à charge de leur client, ils semblent ne pas vouloir tenir compte que la cour  a, dans son arrêt, écarté tout le contenu du  dossier de la tentative de parricide.  Le lien causal entre le comportement « délictueux » (attendons de savoir s’il y a Cassation avant d’enlever les guillemets) de Victor Hissel et la plainte de son fils se portant partie civile, dans le cadre strict de l’inculpation de son père pour consultation d’images pédo-pornographiques, devait être l’objet d’une expertise, selon la décision du  tribunal correctionnel de première instance. La Cour, cependant, a décidé, alors que cette expertise n’avait pas encore eu lieu, qu’il y avait bien un lien causal, comme si dans le dommage subi par le jeune adolescent il n’y avait comme cause que le comportement du père, à l’exclusion de tout autre membre de la famille.  La systémique familiale vue par des psychologue pourrait dire tout autre chose.

Déjà que d’avoir poignardé son père ne va rien coûter au jeune homme, le fait de voir son père devoir lui payer des dommages ne va rien faire pour lui faire prendre conscience que même si on a d’énormes choses à reprocher à son père ce n’est pas en voulant le tuer qu’on solutionne ses problèmes.   Dans le journal LE SOIR on peut lire ce commentaire :   » Face au tribunal correctionnel Romain Hissel avait expliqué  craindre que son père « s’en prenne à d’autres enfants » . Mais Laurence Wauters qui signe cet article ne rappelle pas que cette circonstance « déclenchante » n’a pas du tout été reprise dans le corps du jugement du tribunal et que rien dans le dossier ne vient confirmer ce qui n’a été  qu’une croyance de la part du fils.  

Enfin, pour moi, il y a un dernier couac pas anodin !  Au cours de son billet en direct depuis le Palais de Justice de liège, le reporter du journal de RTL-TVI n’a pas manqué de rappeler que Victor Hissel était aussi  le défenseur d’un homme qui avait massacré  sa famille à coup de hache. Pourquoi cette information à ce moment là. Qui, dans un état de droit peut reprocher à un avocat le courage de défendre son client quoiqu’il ait commis comme atrocité ?  Mais le rapprochement  entre cette information  et la situation familiale  des Hissel ne pouvait produire qu’une  assimilation  entre l’ avocat (pas encore suspendu) et le  « massacreur de famille » !

Quelque part on me juge pour haute trahison!

VICTOR HISSEL

Devant la 8ème Chambre correctionnelle de la Cour d’appel de Liège.(22mars 2011)

Les avocats de Victor Hissel ont commencé par demander le huis clos en invoquant la protection de la vie privée et en dénonçant, comme ils l’avaient fait en première instance, la jonction du dossier, dans lequel Victor Hissel est victime d’une tentative de parricide, dossier pas encore jugé et sur lequel il y avait embargo, tout cela dans un climat de « surmédiatisation ». Les parties civiles, Me Hirsch pour Child Focus, et Me Gilissen pour Romain Hissel, ont réfuté les arguments de la défense invoquant la nécessaire publicité des débats, Child Focus pour éviter la « banalisation » des faits incriminés, Me Gilissen parlant d’un éventuel huis clos partiel qui serait cependant une perte de garantie pour les justiciables, « dont nous sommes précisa t’il »,  et qui ne réparerait pas les excès antérieurs commis. Le ministère public réfuta également les arguments de Victor Hissel  en ajoutant que lui-même, aux entrées et aux sorties du palais, avant et après les audiences avait « alimenté la presse ». Il n’en fallait pas plus que Victor Hissel sorte de son silence en s’écriant : « ce n’est pas vrai, je m’inscrit en faux, je ne laisserai pas dire que j’alimente la presse, quand la presse ne me lâche pas ! »

-« Vous voulez une inculpation pour insulte à magistrat ?» interrompit le président.

Victor hissel se calma pour, dans la suite de ces échanges, répondre aux objections.

–        «  La protection que nous vous demandons, dit-il à la Cour, c’est le prévenu qui le demande.

Il n’y a pas de volonté de « banalisation ».  Ces faits ne sont pas anodins, j’en suis conscient et je les regrette,  mais ce que nous plaidons, c’est que dans l’état actuel de la loi belge, les textes ne permettent pas de condamner. Pour répondre à Me Gilissen, il faut que je dise que dans ce dossier qui concerne mon fils, et dont il dit qu’il est bien « délicat, difficile et dramatique », c’est mon cœur de père et mes tripes qui sont broyées. Par rapport aux faits qui me sont reprochés, il y avait non seulement le secret de l’instruction mais également embargo sur le dossier.  Je savais que j’étais inculpé. Mais il n’a pas fallut huit jours pour que je l’entende à la radio. Cela ne vient pas de moi.  C’est parce que j’ai été l’avocat de Julie et Melissa : quelque part on me juge pour haute trahison !

Après une demi heure de délibération, la Cour  déclare le huis clos irrecevable.

Les faits, rien que les faits.

Le président, affirmant sa connaissance du dossier, juge inutile un nouvel interrogatoire de l’accusé.

Victor hissel n’insistant pas, la parole est aux parties civiles.

Me Hirsch pour Child Focus demandera 500 euros de dommages et les frais de procédure, car «  j’ai pour mission  de porter plainte de manière systématique de la part de Child Focus ». De plus, Me Hissel demande son acquittement. Nous voulons justement lutter contre la banalisation.

Pour justifier sa plainte elle cite de nombreux extraits des procès verbaux des premières auditions de Victor Hissel par les policiers. Ces auditions seront contestées par la défense dans la mesure où Victor Hissel était entendu en désarroi complet. S’il avait été le pervers supposé par  la presse de l’époque, bénéficiant des fuites que l’on sait, il aurait nié et s’en serait tiré par des procédés et des pirouettes. Au contraire sous le poids d’une culpabilisation énorme il en rajoutait, des phrases que lui aurait évité de dire son propre  avocat s’il avait été présent. C’est cette absence d’avocat qui est d’ailleurs soulignée par les conclusions d’Adrien Masset, lorsqu’il rappelle l’arrêt de la Cours Européenne des droits de l’Homme, nommé arrêt « salduz », qui a été pris en considération par la Cour de Cassation dans ses dernières décisions.

Alors quels sont exactement les faits ?

Période infractionnelle de 2005 à 2008.

Traces relevées dans l’ordinateur saisi : 7 455 traces de photos, dans les fichiers temporaires,   attestant la consultation de photos pédo pornographiques figurant à l’entrée d’une douzaine de sites pour allécher le client.

Précision d’importance : jamais aucun paiement n’a été effectué.

Deux mails adressés au site visé par l’opération Koala, lancée d’Australie et qui est à la base de l’arrestation d’un père de famille qui vendait des films comportant  situations sexuelles dans lesquelles ses deux filles étaient exploitées et abusées. Ces mails sont toujours restés sans suite, et ne font eux-mêmes pas l’objet d’une inculpation, puisqu’il y a eu non lieu, en chambre du conseil,  sur cette partie. (1)

Reste donc : la consultation sans téléchargement et sans paiement.

Pour Me Hirsch  malgré le fait que l’article 383 bis du code pénal ne parle pas d’ordinateurs ni d’internet  il y a infraction, comme l’a conclu le tribunal de  première instance.

Le 13 avril 1995 un article a été ajouté à la loi  sur  les crimes et les délits contre l’ordre des familles et contre la moralité publique. L’article 383 bis du code pénal  dit que sera passible de poursuites pénales (peine de réclusion et forte amende)   non seulement celui qui aura exposé, vendu, loué, diffusé de la pornographie enfantine mais également celui qui aura sciemment possédé des emblèmes, objets, films, photos, diapositives ou autres supports visuels représentants des positions ou des actes sexuels à caractère pornographiques impliquant ou représentant des mineurs de moins de seize ans.

Me Hirsch s’est donc efforcée  de resituer les intentions du législateurs dans la phase préparatoire de la loi qui étaient de s’attaquer à la consommation à une époque (1992-93) où le support informatique n’existait pas. La seule manière, à cette époque, de se procurer du matériel pédo pornographique était d’entrer dans les Sex-shops.

« tout autre support visuel » : un écran d’ordinateur n’est-il pas un support visuel au sens de la loi ?

« sciemment » : il résulte de ses propres aveux Mr Hissel a consulté des sites à caractère pédophiles de manière consciente, ajoute Me Hirsch.

«  Me hissel dit : je n’ai fait que regarder ! Mais que regarde t’il ? Derrière chaque image il y a un enfant abusé, violé et celui qui se retrouve derrière le confort de son ordinateur…il participe au viol »(2).

Au nom du fils.

Me Wilmotte l’annonça d’emblée : il n’entrera pas dans le détail de la prévention. Ce sont les conséquences non pas des faits mais de l’attitude du père   sur l’évolution du fils  qui l’intéressent.

Or, dit-il, nous sommes en pleine marche arrière. En février 2008, Victor hissel déclarait : «  j’assumerai ce que j’ai fait » et maintenant il demande l’acquittement !

Il fait appel à ce qu’écrit l’expert Jonquet : minimalisation, victimisation, banalisation d’où récidive possible.

Il fait appel également aux déclarations  familiales provenant du dossier de la tentative de parricide non encore jugé, et dans lequel Victor Hissel, la victime, n’a jamais été entendu. Version non contradictoire et n’ayant donné lieu à aucune confrontation, il va de soi.

Déclaration de la fille de Victor Hissel.

Déclaration de la femme, au moment d’un divorce demandé par Victor Hissel lui-même.

Déclaration de Romain Hissel faite à un Collège d’expert, présidé par l’expert Jonquet lui-même, qui n’avait pas trouvé bon de se désister puisqu’ayant procédé à l’expertise du père dans un autre dossier qui n’est autre que celui qui nous occupe.(3)

Déclarations de Victor Hissel lui-même, reprises dans le dossier répressif qui concerne, cette fois-ci, la Cour d’Appel, utilisées par Me Wilmotte pour tenter d’établir un lien causal entre l’attitude du père et les dommages psychologiques subi par son fils «en cours de construction ».

« Il est possible que d’avoir consulté soit une des causes multiples de la ruine de notre vie familiale » a déclaré Victor Hissel dans une de ses auditions.

A la base des troubles de personnalités de Romain, ajoute Me Wilmotte,  il y a aussi ces nombreuses disputes dont les enfants ont souffert et qui a provoqué le divorce des parents.

Est-ce qu’on se représente ce que c’est pour Romain des porter le nom de Hissel ?

Et Me Wilmotte termine : «Il aurait été tellement utile que Victor Hissel reconnaisse ce dommage qui existe par rapport à son fils».(4)

Quant au lien causal entre ce qu’aurait subi Romain et le comportement de son père, Me Gilissen va tenter de le démontrer afin d’assurer la recevabilité de la partie civile.

Le lien causal ?

Me Gilissen : « Il y a dans cette famille un problème», dit-il en reprenant les déclarations de la fille di Victor Hissel. « La famille portait un secret comme le fils portait sa croix (…)Il y a ce passage  où  on aime son papa que l’on respecte et où l’on découvre soudain que c’est un autre homme. »

« Qui peut nier que dans un domaine aussi sensible que la sexualité en train de se construireune découverte comme celle-là causerait un dommage ?Or on le nie puisque la défense conteste la légitimité de la partie civile ! »(5)

« Je ne doute pas de la souffrance de Victor Hissel, conclut Me  Gilissen, mais il faut quand même essayer, quand on a causé du dommage, d’en réparer les conséquences. »

12 mois d’emprisonnements !

L’avocate générale, Véronique Laurent, d’une voix calme, refait la chronologie depuis l’opération « Koala » de la police australienne qui avait repéré dans les films et les images d’un site pédopornographique « Young Video Model » deux filles mineures parlant flamand.  Les recherches se poursuivant en Belgique ont provoqué l’arrestation de leur père et du webmaster italien  chez qui on a retrouvé des centaines d’adresses e-mail dont celles de l’avocat liégeois  de Victor Hissel.

Une perquisition aura lieu chez lui et le 14 février 2008 il sera inculpé.

Des différentes déclarations faites par Victor Hissel lors de ses premières auditions, l’avocate générale retire :

« Il va reconnaître d’emblée. (6) Il dit aux policiers : je vous attendais. Il reconnaît avoir consulté ce site. Il emploie des mots clés.  Il tente de se limiter dans le temps et la durée. Il reconnaît consulter depuis trois ans. Il recherche les sites soft. Ses enfants se doutent…Il reconnaît que la consultation lui procure une certaine satisfaction… »

Des expertises psychiatriques elle reprend les conclusions : tendance à la victimisation, rejet de ses responsabilités sur l’environnement. Score élevé  sur l’échelle de la psychopathie et de la paranoia… »

Elle terminera en tentant de démontrer que les moyens de la défenses dans la procédure reflètent bien ces tendances, minimisation, banalisation, rejet des responsabilités, en stigmatisant la défense quand elle dénonce la violation du secret de l’instruction  et le procès inéquitable, l’écartement des auditions faites sans la présence d’un avocat et la contestation de la jonction du dossier du fils à son affaire.

Elle conclut en requérant 12 mois d’emprisonnement sans s’opposer, « à titre infiniment subsidiaire »,  à un sursis avec probation. (7)

Me Masset et Me Berbuto, pour la défense vont tous les deux répondre systématiquement à ces allégations de  » banalisation », de « victimisation », et de minimisation »

Je vous attendais !

Me Adrien Masset  part de là, de cette phrase prononcée par Victor Hissel au moment de la perquisition du 14 février 2008 : Me Hissel, dont le combat est à l’origine d’institutions comme Child Focus, mais connu principalement pour avoir soutenu les parents dans la recherche de leur filles qu’ils voulaient retrouver vivantes, a milité pendant plusieurs années en traversant des faits terriblement chargés émotionnellement. Et il y a eu cette chute, un comportement inadéquat, répété  qui ne pouvait que le mettre en porte à faux avec lui-même et son idéal, et effectivement il déclare : «  je vous attendais… », …pour enfin arrêter !

Il ne faut pas confondre la nécessité d’obtenir un procès équitable avec les mots «  banalisatoion » ou «  minimisation »

Premier point : Nous soutenons que nous avons été malmenés dans le cadre de cette procédure.

Au départ, dès l’inculpation le dossier était sous embargo judiciaire. La presse a cependant été avertie, par une source proche de l’enquête.  C’est quoi le secret de l’instruction ? C’est protéger quelqu’un de l’œil du public. C’est protéger la présomption d’innocence. Et on assiste à une sur- médiatisation.

Puis il y a cette jonction du dossier de Romain Hissel, sous le secret de l’instruction qui est instrumentalisé pour charger quelqu’un qui, dans ce dossier, est la victime. C’est la confusion.

On va chercher les déclarations de  l’ex-épouse, des enfants  pour lesquelles Victor Hissel n’a  même pas été entendu. En première instance, le dossier a été rejeté  au fond : mais les déclarations  évoqués avec fracas,  ont été entendues. Comment, alors que l’on veut l’ignorer, en faire abstraction ?  Le mal est fait !

Mais nous demandons de nouveau l’écartement du dossier de Romain Hissel.

Pour la presse qui agit comme si elle n’attendait que ça, c’est la grosse charge.

Il y a eu, au niveau du Parquet,  la communication à la presse que Victor Hissel était passé aux aveux. L’art. 57 du code d’instruction criminel exige l’accord du juge d’instruction.(8)

Il n’y avait pas d’accord de sa part, j’ose le dire clame Me Masset.  Que l’on me prouve l’accord du juge d’instruction qui a mis le dossier  sous embargo !

Deuxième point : nous demandons que soient écartés du délibéré les auditions de Victor Hissel faites sans la présence de son avocat.  Cela n’a rien à voir avec une banalisation quelconque. C’est la Cour Européenne des Droits de l’Homme de Strasbourg qui nous donne raison en ayant déjà condamné un état  pour cette carence qui rend la procédure inéquitable.(9)

Troisième point : Ce n’est pas parce que nous nions, à partir du texte de la loi, qu’il n’y a pas eu d’infraction qu’il y a banalisation. Où est la prévisibilité de la loi quand les termes invoqués n’y sont pas ?   La loi sur la protection légale des mineurs date de 2002. Le réseau Internet, le Web, existe depuis  1992. On ne peut s’appuyer pénalement sur les travaux préparatoires d’une loi pour combler ce qu’elle ne dit pas. Il y a une carence dans cette loi. Le constater  n’a rien à voir avec l’élément moral : on n’a jamais dit que Victor Hissel n’était pas conscient de la gravité de son comportement…

Mais visionner n’est pas télécharger. Visionner n’est pas posséder.

Si les policiers ont retrouvé des traces électroniques des photos, c’est qu’il ne savait pas que simplement en visionnant ces traces étaient conservées dans les fichiers temporaires, puisqu’il l’a dit : « j’effaçais les historiques pour ne pas qu’on les découvre ». Ces traces il ne les a pas téléchargée : leur inscription est automatique.

Posséder c’est user librement, avoir à sa disposition quand on veut, c’est être à même d’échanger ou de vendre, en faire commerce.

Nous avons pour nous la jurisprudence de la Chambre des mises en accusation de Gand, de la Cour de Cassation de France, pays où la loi a été justement changée.

La loi parle de « posséder », si l’on veut condamner il faut changer la loi.

Veut-on éradiquer la diffusion de la pédo pornographie sur internet ? Il faut dès lors couper les profits de ceux qui produisent, de ceux qui vendent. Et sans doute condamner ceux qui paient.

Victor Hissel n’a jamais payé. Si on ne paie pas il n’y a pas de marché.

Mais réprimer le consommateur n’est pas éradiquer le marché. En matière de stupéfiants voilà plus de soixante ans qu’on réprime le détenteur de drogue. Le Marché n’est pas éradiqué.
En matière de bien être animal, celui qui organise des combats de coq est condamnable. Le spectateur, celui qui assiste aussi : mais c’est dit tel quel dans le texte même de la loi !

Et sur la prévisibilité de la loi, que dit ’article 7 de la Convention Européenne des Droits de l’Homme ?

«  Nul ne peut être condamné pour une action ou une omission qui, au moment où elle a été commise, ne constituait pas une infraction d’après le droit national ou international. De même il n’est infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l’infraction a été commise. »

En ce qui concerne Romain Hissel

Constatons que l’expert désigné par le tribunal de première instance pour examiner le lien causal entre l’attitude du père et le dommage subi par le fils n’a pas encore procédé à cette expertise.

En cette absence nous posons la question : quels dommages ?

La partie civile parle du dommage causé à un jeune enfant en construction qui apprendrait que son père consultes les sites dont on a parlé.

La période infractionnelle allant du 1er janvier 2005 au 14 février 2008, il faut savoir que dans cette période le fils avait entre 16 ans et demi et 19 ans et demi. Et la loi reconnaît la majorité sexuelle à 16 ans.

Alors quand le fils apprend-il des choses sur son père ? On ne le sait pas ! Lorsqu’on nous parle de secrets de familles révélés à sa connaissance, cela date de 2008.

(à suivre)

___________________________________

(1) Commentaire 1 : On ne voit donc pas pourquoi certains journalistes  reviennent sur l’envoi de ces e-mails, hors prévention.

(2)Commentaire 2 : L’arbre qui cache la forêt. Peut-on dire que tout ceux qui ont regardé, ou mieux, photographié Victor Hissel lorsqu’il était étendu sur son trottoir après avoir été poignardé, ont participé à cette tentative d’homicide ? Je suis conscient qu’il faut absolument tout faire pour éradiquer l’exploitation sexuelle des enfants. Il y a des moyens pour y arriver. On lutte bien d’une façon extraordinairement plus efficace contre le piratage informatique, et pour la protection du droit d’auteur. Quelle est la politique vis-à-vis des serveurs qui hébergent ces milliers de sites pédopornographiques ? Qu’est-ce que les Parquets généraux ont fait des 19 CD-Roms remis par l’association « Werkgroep Morkhoven » comportant 80000 photos pédopornographiques sur lesquelles des enfants pouvaient être idientifiés et une vingtaine de prédateurs reconnus et inculpés ?  On n’en parle plus depuis que celui (Marcel Vervloesem) qui a obtenu ces CD-roms en dénonçant le réseau de Zandvoort a été inculpé de «détention de matériel pédophile»

(3) Commentaire 3 : Certains journalistes ont parlé de malaise dans la salle. Eux voulaient le situer au moment de la plaidoirie de Me Hirsch. Moi, je le situe au moment des plaidoiries des Conseils de Romain Hissel, avec le sentiment aigu qu’ils étaient un procès en avance, Romain Hissel devant comparaître le 30 mars 2011, soit  huit jours après  cette audience de la cour d’appel.

(4) Commentaire 4. C’est Victor Hissel lui-même qui a demandé le divorce  après avoir été poignardé par son fils, et suite à la réaction familiale. Ces coups de poignards, Me Wilmotte n’en a pas parlé du tout. Peut-être au prochain procès ?

(5) Commentaire 5: Le reste de la plaidoirie sera une série de variations sur le même thème contournant le fait que n’a jamais eu lieu  l’expertise demandée par le premier jugement du  tribunal de première instance, pour voir s’il existait vraiment un lien causal entre le comportement du père et les troubles de la personnalité du fils, inculpé également pour avoir violemment agressé sa soeur.

(6) Commentaire 6 : Victor Hissel a reconnu les faits d’emblée contrairement à ce qu’affirmait le commentaire de l’émission de la RTBF  » Devoir d’enquête » du 22 novembre 2010.

(7) Commentaire 7: Aussi pesant qu’ait été le rappel des faits, le ton impassible de l’avocate générale contrastait avec la dramatisation outrancière du réquisitoire de première instance qui apparaissait quasiment comme un règlement de compte. (Voir le compte rendu de l’audience du 2 septembre 2010, dans la rubrique Archives – cliquer sur Septembre 2010 – de ce Blog). Des éléments de ce réquisitoire mêlant des fragments du dossier du fils pour mieux salir le père ont été repris allégrement par une certaine partie de la presse à laquelle d’ailleurs, ce réquisitoire était destiné. Il n’est plus nécessaire pour un certain nombre d’acteurs de la justice de se défendre contre les intrusions de la presse, elle fait désormais partie de leur stratégie.

En novembre 2008, le substitut Dulieu a même partricipé à une émission française de la chaîne « Direct 8 » que l’on peut voir sur You Tube.Il s’agissait d’un reportage de la série « Présumé innocent ». Le sujet sur Victor Hissel, étant le troisième de l’émission, apparaît à 1h27’ en cliquant sur le lien http://www.youtube.com/watch?v=YIrfAZ8xWwI&list=SL

(8) Code d’instruction criminelle Art. 57   § 3. Le procureur du Roi peut, de l’accord du juge d’instruction et lorsque l’intérêt public l’exige, communiquer des informations à la presse. Il veille au respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense des inculpés, des victimes et des tiers, de la vie privée et de la dignité des personnes. Dans la mesure du possible, l’identité des personnes citées dans le dossier n’est pas communiquée.

(9) Commentaire 8 : La Cour européenne des droits de l’homme a rendu le 27 novembre 2008 un arrêt, passé inaperçu, « Salduz contre Turquie », condamnant la Turquie au motif, notamment, qu’il y a eu violation du droit à être assisté d’un défenseur, combiné au droit à un procès équitable, reconnus par la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, à raison du fait que le requérant n’a pu se faire assister d’un avocat pendant sa garde à vue.

Et dans le journal LE SOIR du 21 janvier 2011 on peut lire sous la plume de Marc Metdepenningen écrivait dans le journal Le Soir du 21 janvier 2011 à propos de cet arrêt dit «  Salduz » : « Cet arrêt – qui impose la présence d’un avocat, dès la première audition, auprès d’une personne interpellée par les services de police – est pourtant un défi majeur pour notre pays, comme pour d’autres nations européennes : il met en cause le droit à un procès équitable que chacun est en droit d’attendre d’un Etat civilisé, fût-ce pour des incriminations mineures. »

DECLARATION FINALE DE VICTOR HISSEL, lors de l’audience du 2 septembre 2010 devant la 8ème Chambre du Tribunal Correctionnel de Liège

Encore une fois je n’excuse pas les faits incriminés à l’encontre de Victor Hissel.

Mais je laisse au tribunal, et à lui seul, dans la mesure où c’est l’instance, maintenant, la mieux informée,  ce droit de juger que bien d’autres veulent à tout prix s’arroger, au mépris de l’objectivité et à force d’inexactitudes, d’amalgames, de formules suffisamment ambiguës pour laisser penser que Victor Hissel  est « bien  plus noir qu’on ne le pensait ».

Que dire aussi des avis émis dans la plupart des forums « on line », qui, quoique soumis à modération, donnent libre cours au populisme le plus sordide, à la délation, à la calomnie, au délit de sale gueule (« A vomir », « Il a toujours eu l’air louche »,  « Sale Type », « Fumier », «  Il faut le castrer », «  Quelle horrible vie ont dû vivre ses deux enfants, son ex femme ? », « C’est pas pour rien qu’il a si mal défendu les parents de Julie et Melissa », «  Ce n’est même pas un être humain… »…etc…)

Face à ce déferlement, il m’a paru important de permettre la lecture intégrale de la déclaration de Victor Hissel, qui a eu la parole en dernier lors de l’audience du 2 septembre.

J’ai partagé avec Victor Hissel le même combat – quoique sur des fronts différents – dès la fin de 1995,  puisque la création du Comité de Soutien des parents de Julie et Melissa  date de cette époque. C’était bien avant la Marche Blanche, lorsque nous n’étions  pas encore  très nombreux à rechercher les petites filles. Je peux témoigner avec force que ses paroles sont justes et profondément sincères.

Ceci est mon procès.

Mes avocats viennent de vous donner tous les éléments utiles à ma défense.

Je répète, comme je le dis depuis le début, que je n’ai pas téléchargé ni payé. J’ai obtenu deux non-lieux sur ces préventions.

J’ai reconnu depuis le premier jour que j’ai regardé des images et des sites que la morale réprouve.

Je ne cherche pas d’excuses, je n’en ai pas.

Je regrette ces faits, je regrette d’avoir déçu ceux qui me faisaient confiance.

Mais je tiens aussi à dire ici qu’à quelques exceptions près, j’ai conservé la confiance de tous ceux que j’ai défendus pendant toutes ces années, bien avant Child Focus, seul contre presque tous.

Je suis triste et malheureux de ce qui s’est passé depuis 2005.

Je suis triste et malheureux d’avoir gâché la vie de ma famille.

Je le suis aussi d’avoir mis en péril ma carrière et ma vocation d’avocat.

Mais je suis déterminé à me battre pour sauver ce qui peut encore l’être, avec mes conseils, avec mes proches, avec mes amis, avec mes confrères.

Je suis un battant dans l’âme, et il en faut beaucoup pour m’abattre.

Croyez-vous que j’aurais pu tenir toutes ces années de galère, de combats, de vindictes et de jalousies de toutes sortes, sans une solide dose de résistance ?

Quand le désespoir m’envahit, je pense à mon père, qui a résisté pendant 25 mois dans les geôles nazies, qui ne pesait plus que 35 kilos à 36 ans quand il en est revenu miraculeusement, délivré in extrémis par les Anglais. Sans cela, je ne serais pas ici aujourd’hui.

Et vous savez, si j’étais mort le 9 avril 2009, je serais mort innocent !

Mais je suis toujours en vie, et bien décidé à le mériter.

Si j’avais la certitude que votre tribunal suivra mes avocats, je me tairais maintenant.

Mais il y va de ma survie, de mon avenir, et de celui de mes enfants.

Alors, je voudrais encore vous dire quelques mots.

Savez-vous que depuis mon inculpation, au mépris de tous les principes fondamentaux que mes avocats ont développés tout à l’heure, je ne suis plus désigné comme curateur, alors que je n’ai jamais eu le moindre problème sur ce plan ? Uniquement à cause de l’émoi consécutif au déferlement médiatique qui a suivi mon inculpation, et au fait d’un président qui a profité de l’occasion pour régler ses comptes à mon égard.

Savez-vous que de nombreux clients m’ont tourné le dos, non pas pour ce qu’on me reproche, mais par crainte de perdre leur procès à cause de ce qu’on a dit de moi, par crainte de la perte de crédibilité vis-à-vis des tribunaux ?

Savez-vous que ma vie familiale et personnelle a été bouleversée à la suite de ces événements ? Savez-vous les souffrances de mes enfants et de mes proches ?

Savez-vous que je dois tous les jours affronter le regard des gens, où que j’aille en Belgique, qui me reconnaissent et m’interrogent en silence ?

Savez-vous les heures et les jours de souffrance muette, les matins difficiles et les journées sans fin, les moments de désespoir, la nécessité de travailler quand même, l’impérieuse obligation d’être en forme pour défendre ceux qui me gardent leur confiance, celle de paraître bien quand on est au plus bas, celle de sourire quand on n’a envie que de pleurer ?

Savez-vous le regard sur la ruine de ma vie personnelle, familiale et professionnelle ?

Savez-vous comment encore y croire, quand tout se dérobe, quand s’écroulent toutes les certitudes ?

Je ne veux pas jouer la montre.

Ma défense ne peut pas être une affaire de temps.

Vous voulez comprendre, pour pouvoir juger.

Vous avez sur votre bureau deux dossier : le mien, et celui de mon fils.

Mais pour bien tout comprendre, il en faudrait un troisième, celui de l’affaire J et M, qu’on aurait pu joindre aussi. Vous y trouveriez  des tas de choses.

– vous y verriez des parents désespérés, cherchant vainement leurs deux petites filles disparues, des parents qui avait une urgence qui n’était pas celle de la Justice. Leur angoisse indicible et quotidienne, leur volonté tenace de retrouver leurs petites filles de huit ans vivantes, alors que tous les disaient mortes. J’ai voulu les aider de toutes mes forces, de tout ce que je suis. Mais j’étais seul, et c’était mon tort.

– vous y verriez aussi mes enfants, désemparés, qui avaient l’âge des petites quand elles ont été enlevées, et qui avaient peur qu’on les enlève aussi, pour nous punir de mes engagements.

Leur mère avait peur tous les jours pour eux. Elle me reprochait d’avoir préféré les enfants morts des autres à mes propres enfants en vie. Je ne les ai pas suffisamment protégés. Mais j’étais seul, et c’était mon tort.

– vous y verriez mon épouse, qui était alors ma secrétaire, qui devait vivre tout cela à mes côtés, et supporter ces horreurs. J’étais écartelé entre mes devoirs de mari et de père, et ma mission de conseil des parents. Sans parler de la nécessité d’assurer la subsistance de ma famille. J’ai cru pouvoir assumer le tout. Mais j’étais seul, et c’était mon tort.

– vous y auriez vu l’absence de mes amis, parce que je n’avais plus le temps de les rencontrer, de les recevoir, de les rassurer. Car j’étais seul, et c’était mon tort.

– vous y auriez vu l’absence de ma famille, de ma mère, de mes frère et sœurs, et de leurs enfants, que j’ai du délaisser pour des raisons qu’il est trop difficile de dire ici.  J’étais tout seul, et c’était mon tort.

– vous y verriez aussi mes clients, dont j’étais l’ultime recours, qui attendaient que je les aide comme les parents de J et M. Mais j’étais seul face à toutes ces détresses, et c’était mon tort.

– vous y trouveriez la Justice, avec un grand J, que j’ai du combattre jour après jour, et nuit après nuit, pour lui faire admettre l’évidence de la situation, et qui n’en voulait pas.

Et la police, et la gendarmerie, qui ne faisaient pas leur travail, qui avaient des agendas et des dossiers cachés. Et moi, j’étais seul face à cette machine, et c’était mon tort.

– en un mot, vous trouveriez dans ce troisième dossier toutes les horreurs qui m’ont sapé petit à petit, qui m’ont remué et bouleversé jusqu’au tréfonds de l’âme. Vous y trouveriez mes urgences, mes peurs et mes espoirs, mes actions de toutes sortes et mes échecs multiples et désespérés. Vous y trouveriez ma propre impuissance, ma grande désespérance et mes rares conquêtes sur l’adversité. Vous y trouveriez ma lassitude devant l’inanité de nos efforts, mon découragement face à l’impossible, ma douleur devant l’inéluctable et ma souffrance infinie de n’avoir pas pu rendre les petites vivantes à leurs parents.

J’étais seul, et c’était mon tort. Mais je vous jure que mon combat était sincère.

Et, malgré mon échec, ma conviction est entière : J et M savent bien que j’ai fait tout ce que je pouvais, et bien plus encore, pour les rendre vivantes à leurs parents.

Mais on ne sort pas indemne d’une telle épreuve, on n’est plus le même après qu’avant.

A vous de voir maintenant comment et pourquoi j’ai trébuché après cette épreuve sans nom, comment et pourquoi je me suis alors isolé plus encore, et que je me suis réfugié dans la fuite qu’il vous faut juger aujourd’hui.

Aujourd’hui, heureusement, tout a changé, je ne suis plus seul.

J’ai pris conscience de ma fragilité, j’ai accepté de regarder ma vie en face, j’ai pris en charge mes peurs et mes faiblesses.

Je me défends, et je suis entouré.

Je suis encadré, et je bénéficie du soutien d’un éminent professeur en psychologie, spécialiste de ces problématiques, qui m’a aidé beaucoup.

Je travaille autant que je peux, grâce au soutien de beaucoup ;

J’ai la confiance des tribunaux, de beaucoup de confrères et du barreau, de mes clients et de mes amis.

J’ai le désir chevillé au corps de rester l’avocat que j’étais et que je suis, et j’ai l’espoir de pouvoir continuer à défendre tous ceux qui m’accordent leur confiance.

Je regrette sincèrement ce qui s’est passé, et, puisque je suis toujours vivant, je veux pouvoir un jour réconforter tous ceux que j’ai pu décevoir.

VICTOR HISSEL

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