VICTOR HISSEL, en correctionnelle ce 1er février 2017 pour « attentat à la pudeur »!

Je suis triplement  concerné par le récit que je vais vous faire. D’abord comme ami de Victor Hissel, et vous tous qui avez suivi ce Blog « Humeurs et respect » vous savez à quel point j’ai voulu réagir contre tous les excès de presse et de procédures judiciaires et disciplinaires qui ont été bien au-delà de ce qu’un justiciable, même avocat, pouvait attendre de la justice et des médias.

Ensuite parce que, depuis février 2013, je l’accompagne toutes les semaines, le dimanche à la Piscine de Herstal, lieu central de cette nouvelle affaire qui dément le titre : « Victor Hissel, fin de saga »  que je croyais être le dernier de ce Blog.

Et enfin parce que l’acharnement du milieu judiciaire liégeois, aidé par la presse locale,  ne fait que montrer dans toute la procédure que :  

INNOCENT, VICTOR HISSEL

EST DEJA  CONDAMNÉ D’AVANCE

CHAPITRE 1

 LA PRECIPITATION DU PARQUET: une arrestation sans infraction.

Il faut savoir d’abord que Victor Hissel se rend depuis vingt ans, une fois par semaine, généralement le dimanche, à la piscine d’Herstal, où il fait ses 80 longueurs, en 50 minutes quand il est en forme, 60 minutes quand il ne l’est pas. Depuis trois ans je l’accompagne, je nage aussi (20 longueurs !) et cela me fait beaucoup de bien. Pour moi tout était normal, et en trois années, il ne s’était jamais rien passé, jusqu’au jour, c’était un Lundi vers 13h00, où j’ai reçu un coup de fil de la police judiciaire fédérale de Liège, qui voulait m’entendre. Que s’était-il donc passé ? Le matin même Victor Hissel avait été privé de liberté.

Une arrestation fondée sur RIEN.

C’était donc un dimanche soir, le 20 mars 2016. Vingt Minutes après le dépôt d’une plainte, par une jeune dame de 26 ans, au commissariat de police de Herstal, trois officiers de la police judiciaire se présentaient au domicile de l’avocat Victor Hissel. Il était absent.

Dans leur rapport au Parquet du Procureur du Roi ils notèrent ce détail souligné par eux, car rien n’échappe à ceux qui mènent une grave enquête criminelle :

Notons que lors de notre passage dans le hall d’entrée, nous avons constaté que du linge de bain séchait sur le radiateur du hall. soit un essuie de bain vert/bleu. un slip de bain bleu et un bonnet de bain en tissu blanc et noir. Nous avons quitté les lieux à 21.40 heures.

C’est le lendemain matin, le lundi 21 mars, à 9h53 que Victor Hissel fut arrêté, en plein Palais de Justice, au moment où il s’apprêtait à plaider. Mis immédiatement au secret au poste de sécurité du Palais, il est transféré dans les locaux de la Police Judiciaire Fédérale, où il fut interrogé, en présence de son avocat, Me Masset (procédure « Salduz ») à partir de 12h55.

 Question : Après la communication succincte des faits pour lesqueis vous êtes entendu, souhaitez vous effectuer un récit spontané
des faits survenus à la piscine de Herstal ce 20.03.2016
Réponse : Je conteste fermement toute cette histoire ainsi que ces accusations

L’interrogatoire dure jusqu’à 15h15, en ce comprises trois interruptions ainsi notées dans le PV d’audition :

A 14 h 00, interrompons le cours de la présente audition afin d’aviser l’Office du Procureur du Roi du résultat de la présente audition ainsi que des devoirs actuellement en cours

 A 14 h 50, informons le comparant de la décision du Procureur du Roi quant au maintien de la privation de liberté en vue de permettre l’exécution des devoirs urgents ainsi que de nouvelles directives

 A 15 h 00, nous recevons un nouvel appel téléphonique de Mme le 1er Substitut COLLIGNON, laquelle nous prescrit de déférer l’intéressé au Parquet

Nouveau transfert sous escorte de la police judiciaire fédérale vers le palais de Justice, où, sur réquisition de Mme le 1er Substitut, Victor Hissel est déféré devant un juge d’instruction.

Il est 16h25, ce lundi –là, lorsque l’avocat entre dans le cabinet du Juge, qui, après un nouvel et très bref interrogatoire inculpe Victor Hissel à 16h35, et rédige une ordonnance de maintien en liberté sous condition, 1/ de ne plus fréquenter la piscine d’Herstal pendant trois mois, et 2/de n’avoir aucun contact avec la presse pendant trois mois. Victor Hissel quitte le cabinet du juge à 16h37

A ce moment là les auditions des témoins sont toujours en cours.
Mon audition se termine à 17h45
Celle du premier maître nageur qui n’a rien vu et et qui n’a rien à reprocher à Victor Hissel, se termine à 17h52.
Le second maître nageur n’a rien vu non plus et n’a rien, non plus, à reprocher à Victor Hissel. Son audition se termine à 18h30.

C’est dire que lorsque le Juge d’Instruction inculpe Victor Hissel à 16h35, il ne tient compte d’aucun élément à décharge : uniquement la plainte de la dame,  la proclamation d’innocence de Victor Hissel, et une plainte déposée par lui pour dénonciation calomnieuse.

Pourquoi cette précipitation ?
Qu’y aurait-il donc dans la plainte initiale qui justifierait cette répression pénale conduite par le parquet de Liège, qui n’avait aucunement l’obligation de mettre l’affaire à l’instruction[i] ?

Le PV INITIAL : aucune infraction !

Le PV initial porte le numéro LI 37 L3.2321/16. Il est rédigé par un inspecteur de la Zone de police de Herstal. Il concerne la plainte d’une jeune dame de 26 ans, venue au commissariat avec son père et son frère.
La jeune dame prétendait avoir été touchée par un nageur au niveau des fesses et une seconde fois au niveau de la poitrine, un an et demi environ, avant qu’elle ne se présente, ce dimanche 20 mars 2016, au commissariat de la rue Pépin de Herstal. Elle avait demandé à son frère de voir si ce nageur la suivait. Elle prétendait que ce nageur nageait encore à côté d’elle, et qu’en changeant de couloir, le nageur en question faisait de même.

Pourquoi venait-elle en parler, ce dimanche-là, à 17h53 ?

Parce que le matin-même, à la piscine, elle avait « senti » la même chose, cette fois-ci, uniquement au niveau des fesses, et reconnut, avec son frère, le nageur qui l’avait incommodé, selon elle, un an et demi auparavant.Dans sa plainte, qui englobe son premier récit et le second, cette dame ne donne aucun nom, mais se dit capable de reconnaître ce nageur ! [ii] Voici l’intégralité de cette déposition PV INITIAL 002321/16

Le père n’a rien vu.

Le nom de Victor Hissel sera donné par le père de la jeune dame, venu en même temps qu’elle au commissariat de la Zone de Police de Herstal.
Son audition débute donc le même jour à 18h38.

Alors que je nageais de mon côté j’ai été apostrophé par ma fille qui m’a désigné un homme nageant lui aussi.
Je précise d’emblée que j’étais au courant de ce qu’il s’était passé il y a environ un an et demi. Elle m’a alors expliqué que cet homme venait de recommencer son manège.

Il n’a rien vu, mais l’homme que lui désigne sa fille, il le reconnaît :

Je l’ai abordé avec l’intention de lui faire part des légitimes griefs que je portais à son
encontre. J’ai à cet instant seulement reconnu cet homme avec certitude ; il s’agit de maitre Victor HISSEL. Je suis formel.
Il a d’emblée nié ce que je lui reprochais.

Le frère n’a rien vu non plus.

C’est seulement une fois revenu à la maison que suite aux propos de mon père quant à l’identité de cet homme qu’une rapide recherche sur internet m’a permis de l’identifier à mon tour.
J’ajoute enfin que je n’ai vu à aucun moment donné les gestes déplacés qu’il aurait fait à l’égard de ma soeur mais par contre je confirme bien que cet individu suivait systématiquement ma soeur lorsqu’elle a changé de couloir à deux reprises la première fois qu’il l’avait importunée.

A ce stade aucun terme de cette plainte familiale n’indique une infraction de telle que le Code pénal le prévoit en son article 373, concernant l’attentat à la pudeur sur majeur qui implique automatiquement, c’est ainsi qu’est rédigé l’article : « violence, contrainte et et menace ».

Mais voilà, dans la déposition de la plaignante, adulte ( 26 ans), il n’y a aucune trace de violence, de contrainte ou de menace.

Alors, pour quelles raisons poursuivre Victor Hissel ?

Justement, parce que c’est Victor Hissel !

Puisqu’il n’y a ni violence, ni menace constatée, on va laisser  planer un doute : victime, âge inconnu !
C’est ce qu’écrivent les policiers de Herstal en tête de leur rapport,  et cela justifie que l’on transmette au Parquet !

Avis au parquet
Faits
CP 372,374   Attentat à la pudeur, sans violences ni menaces, avec qualité de l’auteur et âge de la victime inconnus
Le 20/03/2016 à 11:00 h.
A : Belgique, 4040 HERSTAL, Large Voie , (Piscine / solarium)

Cette mention «  sans violences, ni menaces », reprenant textuellement l’article 372 du Code Pénal qui concerne l’ attentat à la pudeur sur mineur, jointe à la mention « âge de la victime inconnu » laisse supposer que la plaignante pourrait être mineure.
Mais la plaignante ayant 26 ans, le parquet sera bien obligé de faire corriger la qualification de l’inculpation, en transmettant le dossier à un juge d’instruction bien à l’écoute :

2.- L’INCULPATION :
J.I. : nous vous signifions qu’en raison de l’existence d’indices sérieux de culpabilité, nous vous inculpons d’avoir :
A Herstal, le 20 mars 2016, commis un attentat à la pudeur avec violences ou menaces
sur la personne de noir

 Mais le Parquet avait suggéré au Juge d’Instruction la jurisprudence de la Cour de Cassation,  qui, avant d’être introduite dans la loi, associe la « surprise et la ruse » aux conditions de l’infraction prévue par l’art.373.

Qu’à cela ne tienne, c’est sur cette base là que l’on va poursuivre.

Mais pour cela il faudra obtenir du Juge d’instruction qu’il fasse ré-auditionner la plaignante  pour qu’elle soit plus « précise »!

CHAPITRE 2

Interdiction de tout contact avec la presse !

Cette condition de libération illégale[iii], n’a cependant pas empêché la presse de parler de la privation de liberté de Victor Hissel. Mais à partir d’autres sources évidemment !Celui-ci avait demandé, par l’intermédiaire de son avocat, que son dossier soit mis sous embargo. Mais dès le mercredi matin, 23 mars 2016[iv] à 9h16, apparaissait le nom de Victor Hissel au pilori d’un titre d’article où le nom de Philippe Dulieu, Procureur du Roi de Liège, était cité comme source.

Une presse sous influence.

Le Procureur devait, en effet donner, le 23 mars au matin, une conférence de presse concernant la demande, par le Parquet, de la levée de l’immunité parlementaire du député Alain Mathot . Il en profita pour donner deux informations: une sur le dossier Victor Hissel, sans motif particulier, et sans l’accord du juge d’instruction, et l’autre sur le dossier de Romain Hissel, le fils que son père n’avait plus vu depuis des mois,  pour des faits, totalement indépendants, s’étant déroulés à Namur. Ce qui permit à la rédaction de Sud-Presse d’amalgamer le tout en un seul titre, comme si il y avait un lien de cause à effet !
titre-lm-1

Mercredi 23 mars 9h16la-meuse-be

collimateurVictor Hissel dans le collimateur de la justice liégeoise.

Lundi matin, l’avocat liégeois, Victor Hissel, déjà condamné pour ses dérives pédopornographiques, a été privé de liberté à son arrivée au palais de justice de Liège. On le suspecte d’attentats à la pudeur commis, avec des violences, sur une jeune femme. Les faits en question se sont passés dimanche dernier, à la piscine de Herstal.

http://www.lameuse.be/1520605/article/2016-03-23/l-avocat-me-hissel-prive-de-liberte-pour-attentat-a-la-pudeur-a-la-piscine-son-f

Attentat à la pudeur commis « avec  des violences« ?

Comment se fait-il que les journalistes puissent faire croire au lecteur qu’il y aurait eu « des violences » ? Et pas seulement ceux de Sud-Presse, mais sur le site de la Libre Belgique  on pouvait lire :« Cette fois, la plaignante lui reproche une attitude plus que déplacée, assortie de violence ». Cela ne correspond à rien qui puisse se trouver dans la plainte de la jeune femme.

Alors voici : je suis moi-même journaliste (retraité) et ces procédés m’ont vraiment indisposé !
Aussi ai-je écrit au Conseil de Déontologie Journalistique pour porter plainte :

Plainte au CDJ pour IMPUTATION CALOMNIEUSE, concernant l’article de La Meuse.be du 23 mars 2016 paru sur le site à 9h16.
«On le suspecte d’attentat à la pudeur avec des violences ». Les déclarations de la plaignante ne contiennent aucune allusion à des violences quelconques. Aucun témoignage ne peut venir au secours des journalistes pour soutenir ce mensonge calomnieux appuyé par l’emploi de l’article indéfini « des » (violences). Si les journalistes invoquent leur source pour justifier cette désinformation du public, on doit alors se poser la question, à la fois de la partialité de la source, et du manque d’indépendance et d’esprit critique des journalistes par rapport à la source.

Réponse  du Conseil de déontologie journalistique :

Le CDJ estime toutefois que, lorsque le journaliste rapporte que la privation de liberté de Victor Hissel a eu lieu parce qu’« on le suspecte d’attentat à la pudeur commis avec des violences sur une jeune femme », il déforme l’information dont il a connaissance. L’usage du terme « violence » peut certes, dans ce contexte, renvoyer un chroniqueur judiciaire averti à la teneur de l’art. 373 du Code pénal (qui évoque l’éventualité, parmi d’autres, d’un attentat à la pudeur commis avec violence), mais il n’en va pas de même pour la majorité des lecteurs. Dès lors que la formule « avec des violences » ne fait pas clairement référence au texte du Code pénal qui justifie l’inculpation, elle donne à penser que V. Hissel aurait porté atteinte à l’intégrité physique de la jeune femme, ce que rien ne permet d’affirmer. Les articles 1er (respect de la vérité), 3 (déformation d’information) et 4 (prudence / approximation) du Code de déontologie ne sont pas respectés.

Il est vrai que l’énoncé de l’article 373 du Code Pénal en ce qui concerne l’attentat à la pudeur contre un majeur, est indissociable de la formule « …commis sur des personnes ou à l’aide de personnes de l’un ou de l’autre sexe, avec violence, contrainte, menace, surprise ou ruse… », ce qui ne veut pas dire, ce qu’exclut la plainte de la dame elle-même, qu’il y aurait eut «des violences» ou une attitude «assortie de violence», comme l’écrivent les journalistes trop empressés de faire correspondre les circonstances qu’ils imaginent avec la représentation désatreuse qu’ils se font de Victor Hissel.

Revenons à l’article de

la-meuse-be

Entendu sur les faits, Victor Hissel a été présenté au juge d’instruction qui l’a libéré sous conditions strictes. Notamment celle de se faire soigner. Contacté par téléphone, le procureur du Roi de Liège, Philippe Dulieu, confirme notre information mais ne souhaite pas s’étendre sur un dossier qui vient d’arriver à l’instruction. Et, rappelons-le, Victor Hissel est présumé innocent.

http://www.lameuse.be/1520605/article/2016-03-23/l-avocat-me-hissel-prive-de-liberte-pour-attentat-a-la-pudeur-a-la-piscine-son-f

En publiant à 9h16, le 23 mars 2016, cet article sur leur site, les rédacteurs de Sud-Presse avaient ajouté une vidéo tournée au moment où Victor Hissel avait été, en première instance, radié du Barreau de Liège. Or, en Appel à Bruxelles, il fut simplement suspendu pour un an, avec un sursis probatoire de 6 mois.(voir Victor Hissel : fin de saga ?)
Pourquoi faut-il que les journalistes soufflent dans le même sens que le milieu judiciaire liégeois qui depuis plusieurs années voudrait absolument voir Victor Hissel radié à vie ?

Cette outrance suscita l’indignation  du conseil de Victor Hissel , Me Masset, qui envoya  à Sud-Presse un communiqué cinglant:

En ma qualité d’avocat de Victor Hissel, j’affirme que les informations publiées par La Meuse.be ce mercredi matin sont inexactes.
Victor Hissel n’a pas été remis en liberté sous la condition de se faire soigner.
Mon client fréquente la piscine d’Herstal depuis 20 ans, sans le moindre incident quelconque. La seule et unique plainte déposée l’a été ce dimanche par une dame de 26 ans pour un fait d’attouchement, sous l’eau, qui n’a pas eu lieu ; mon client nie avec force.
Mon client a dû précédemment repousser le père de cette dame parce que ce père nageait sous l’eau avec des palmes et avait heurté mon client ; ce père s’était déjà fait rappeler à l’ordre par un maître nageur. Le père et le frère de cette dame, entendus par la police, n’ont été témoins de rien du tout. Un ami de mon client qui nage également à cette piscine et qui a été entendu par la police, n’a été témoin de rien. Les maîtres nageurs, présents pour surveiller les nageurs, n’ont rien confirmé contre mon client mais ont dû calmer ce père qui faisait de l’esclandre ; ils n’ont jamais dû faire la moindre remarque à mon client. La plainte de cette femme de 26 ans et de son père est une plainte malveillante pour empêcher mon client de fréquenter cette piscine. Mon client a déjà déposé plainte pour calomnie contre ces personnes et pour menaces de mort proférées par ce père. En tant qu’avocat, je ne peux que m’étonner de l’exceptionnelle rapidité et de la violence d’intervention des autorités judiciaires pour un fait d’attouchement, contesté et sans témoins, qui aurait été commis sous l’eau envers une personne majeure. Le traitement judiciaire réservé à l’avocat Victor Hissel est dérangeant et entraîne une publicité médiatique non recherchée par l’avocat Hissel.

Une autre allégation  du journaliste était celle-ci :

la-meuse-beIl dérange.
Mais voilà, Victor Hissel, tout le monde le connaît. Son passé aussi… Il dérange et sa seule présence met parfois les personnes mal à l’aise. Sa « technique » est simple. Il suit ou croise des nageuses dans le bassin et leur touche les parties intimes en effectuant de grands gestes. Il prétexte, ensuite, une certaine maladresse pour expliquer ce contact physique.

(c’est moi qui souligne)

Pourquoi ce journaliste veut-il faire croire au lecteur que, ce que prétend, sans preuve, une seule plaignante, est une habitude chez Victor Hissel, alors qu’il ne s’est jamais rien passé en vingt ans qu’il fréquente cette piscine ? Soucieux d’une presse de qualité – sans calomnies- j’ai porté plainte également au CDJ en ce qui concerne ce paragraphe. Comme le journaliste a prétendu au CDJ qu’il se basait sur plusieurs sources (?), sans les divulguer, le CDJ répond dans son avis :

le CDJ retient qu’en ne mentionnant pas dans l’article que cette information, susceptible de stigmatiser la personne incriminée, reposait sur de telles sources, le journaliste donne le sentiment de poser comme établi un fait mettant en cause la personne évoquée. Le CDJ relève qu’il ne fallait pour ce faire pas nécessairement nommer ces sources.
Un renvoi général (« selon certaines sources » par exemple) suffisait. L’article 1 du Code de déontologie prévoit que les journalistes mentionnent les sources de leurs informations dans la mesure du possible et pour autant que ce soit pertinent. Il n’a dans le cas d’espèce pas été respecté.

Or le  problème des sources de ce journaliste se pose pesamment , car il n’y jamais eu d’autres plaintes !

Les enquêteurs le signalent d’ailleurs.

PRO JUSTITIA PV n°.: JU 002321/16 du20/03/2016 (Extrait)
Renseignements :
Nous effectuons une recherche via notre terminal infornatique dans nos modules traitement et information sans obtenir de rétroacte à la piscine communale de Herstal quant à Maitre HISSEL ou des faits d’attentats à la pudeur.

Si l’on se rend compte que le journaliste tient ses informations à partir du contact qu’il a eu avec le Procureur du Roi, Philippe Dulieu, (.23 mars 2016. 9h16…. »Contacté par téléphone, le procureur du Roi de Liège, Philippe Dulieu, confirme notre information… ».) on comprend mieux pourquoi le journaliste se targue de pouvoir invoquer des témoignages.

En effet la 1ère Substitut, quand elle écrit son réquisitoire de Mise à l’Instruction, avertit le juge en ces termes :

J’attire votre attention sur la déclaration du frère qui a reçu les confidences d’un des maître-nageur
qui lui a confié que ce n’est pas la première fois que l’intéressé agit de la sorte
et qu’il faisait l’objet de soupçons de leur part.

FAUX !

Le fait que ce ne soit pas le frère, mais le père de la plaignante qui l’aie dit dans son audition n’empêche pas que l’information soit FAUSSE. Car aucun des deux maîtres nageur ne le dit lorsqu’ils sont entendus.

Interrogés par les enquêteurs fédéraux, aucun des deux maîtres-nageurs, qui auraient pu parler au père, ne dit cela. Bien au contraire l’un dit même ceci :

S.I.: Des clients sont déjà venus me trouver pour savoir si monsieur HlSSEL avait le droit de venir à la piscine. Aucun client n’est jamais venu me trouver pour se plaindre des faits et comportements de monsieur HISSEL. Les personnes qui sont venues me trouver pour savoir si monsieur HISSEL pouvait être présent, se renseignait surtout par rapport aux antécédents judiciaires de monsieur HISSEL.

Quand à l’autre maître-nageur, il dit aux mêmes enquêteurs :

Dans l’entourage de la piscine, mes collègues m’ont demandé de faire attention à Monsieur HISSEL lorsqu’il vient nager, ce que je fais avec lui, comme je le fais avec tout le monde en général. Il s’agit de quelqu’un de très correct qui dit toujours bien bonjour. Je ne discute pas spécialement avec et je n’ai jamais du intervenir à son sujet lorsqu’il venait à la piscine.

Cela en dit long sur la validité du témoignage du père de la plaignante.  Sans doute  partageait-t’il, lui aussi, le vif désir de voir Victor Hissel écarté de la piscine ?

Evidemment, de suggérer aux lecteurs que Victor Hissel faisait une habitude de ce qui lui est reproché dans des allégations qu’il nie fermement, cela permet de combler un vide puisqu’il ne se passe jamais rien lorsque Victor Hissel vient à la piscine. Or tout d’un coup il est accusé par une seule femme d’avoir eu deux fois des geste vis-à-vis d’elle seule, à un an et demi d’intervalle. Victor Hissel serait-il obsédé par elle ? ou le contraire !

J. Dessart

(à suivre)

[i] La mise à l’instruction déclenche la procédure pénale qui passe par la Chambre du Conseil, éventuellement la Chambre des Mises en Accusation, et aboutit à la Correctionnelle.

[ii] Voici l’intégralité de cette déposition PV INITIAL 002321/16

Corps d’audition:
Je me présente en vos bureaux afin de vous signaler l’attentat à la pudeur dont j’ai été
victime. Je me rends régulièrement à la piscine communale de Herstal le dimanche et ce en
famille, soit avec mon frère ou mon père.
J’ai fait une interruption durant environ un an mais je viens de reprendre assidument
depuis janvier 2016.
Je précise qu’il y a un an et demi environ, soit juste avant que j’arrête d’y aller, et
alors que je me trouvais dans le bassin en train de nager j’ai été« touchée» dans l’eau
au niveau des fesses par un autre nageur.
J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un accident de nage, car lorsque nous nageons la
brasse il arrive de heurter légèrement un autre nageur lorsque nous nous croisons.
J’ai ensuite été touchée une seconde fois (au niveau de la poitrine) et j’ai constaté
qu’il s’agissait de la même personne. J’ai compris à cet instant que cet acte était
volontaire, donc j’ai changé de couloir pour nager, plus exactement je me suis mise à
l’opposé de cet homme dans la piscine. J’ai alors averti mon frère de la situation
afin qu’il regarde si cet homme me suivait.Quelques instants plus tard,
j’ai remarqué que cet homme nageait à nouveau à côté de moi.
J’ai fait particulièrement attention à ne plus lui laisser l’occasion de me toucher
lorsque nous nous croisions. J’ai fini par rechanger de couloir et ai demandé à ce que
mon frère soit attentif quant aux agissements de cet homme.
A nouveau cet individu m’a suivie. J’en ai eu assez et ai décidé de sortir du bassin et
de rentrer chez moi. Les choses en sont restées là.
Ce dimanche, je me suis rendue à la piscine accompagnée de mon frère et de mon
père. Il était environ 10h30 lorsque je suis rentrée dans l’eau. Mon frère et mon père
nageaient aussi.
Subitement j’ai encore été touchée au niveau des fesses. J’ai immédiatement reconnu
l’homme qui m’avait fait cela il y a un an et demi. J’ai apostrophé mon frère qui l’a
aussi immédiatement reconnu. J’ai recommencé à nager environ 20 longeurs en
faisant attention à bien m’en écarter lorsque j’arrivais à sa hauteur.
J’ai ensuite expliqué la situation à mon papa lorsque je suis arrivée près de lui.
Je lui ai désigné cet homme. Mon père s’est approché de lui et ils ont commencé à
discutter en présence des deux maîtres nageurs.
Je suis restée pour ma part d l’autre côté du bassin.
J’ai quitté peu après la piscine et ai décidé de venir déposer plainte.
Je décris cet homme comme suit:
âge : environ 55 -60 ans, blanc de peau, porteur d’une barbe mal taillée, brune ;
Il est ventripotent. Je suis à même de pouvoir le reconnaitre.
Je précise enfin qu’il y avait cette fois un autre homme
avec lui mais qui lui n’a rien fait de répréhensible.
Je ne peux mieux vous renseigner.
[iii] En effet cette condition « de n’avoir aucun contact avec la presse » n’a aucun rapport avec le contenu de l’inculpation. Cela se comprend éventuellement pour l’interdiction de se rendre à la piscine de Herstal pendant trois mois. Mais rien à voir avec des contacts de presse ! Cette condition abusive du maintien en liberté cacherait-elle une crainte ?
[iv] Toute la surface rédactionnelle des journaux du mardi 22 mars avait été occupée par les terribles conséquences des odieux attentats de Bruxelles. Mais dès le mercredi matin les journalistes avaient retrouvé de la place, électronique et papier, pour les petites affaires.

CHRONIQUE D’UN ETE TRES TOLERANT

Cela avait commencé avec une lettre ouverte adressée à l’administrateur général de la RTBF, Monsieur Jean-Paul Philippot, pour manifester mon inquiétude devant l’annonce de la rediffusion de l’émission «  Devoir d’enquête » sur le double dossier Hissel (père et fils). Je n’ai jamais obtenu de réponse de la part de Jean-Paul Philippot. Mais certaines personnes qui avaient pris la peine de signer leur adhésion à ma démarche ont reçu, elles, une réponse de la part du service de médiation de la Rtbf, signée par Françoise de Thier : « …pour autant que de besoin, je vous précise que cette rediffusion s’inscrit pleinement dans les choix éditoriaux de la RTBF dont la mission est d’informer ses téléspectateurs sur toute question d’intérêt public, en totale indépendance et dans  le respect des droits de chacun.»

La RTBF et sa mission d’information ?

Mission d’information focalisée sur un seul homme depuis plus de quatre ans, alors que l’opération Koala, à la suite de laquelle son identité avait été révélée, avait réussi à identifier 170 adresses e-mail de « consultants » belges. Mais cela ce n’était pas d’intérêt public d’en parler.  

Mission d’information qui prétend pénétrer les secrets de la famille Hissel en ne donnant qu’une  seule version, celle du fils lui laissant attribuer la responsabilité de ses propres actes au seul coupable, c’est à dire, sans nuance, sans contradiction, et sans aucune assertion vérifiée, son « horrible » père !

En toute indépendance, est-ce possible ? Quant on ne fait que se couler dans le moule d’un jugement de première instance, frappé d’appel,  que la présidente du tribunal, Béatrice Wilmart avait permis  de filmer intégralement, chose tout-à-fait exceptionnelle ! Il y a, à certains moment, entre la presse et la magistrature, une confusion de rôle qui rend le travail d’indépendance très difficile et pour les uns et pour les autres.

    La présidente du tribunal,en face d’une vingtaine de journalistes et pas moins de 5 caméras : « Le tribunal estime que Monsieur Victor Hissel est bien ici en qualité de citoyen, comme tout un chacun, que la publicité des jugements est bien présente, que la lecture d’un jugement ne signifie pas en avoir une copie, et le tribunal, d’une manière unanime, considère qu’il n’y a pas d’objection à ce que le prononcé soit filmé… ».  (On appréciera donc l’affirmation dans la même phrase  entre «ne pas en avoir une copie » et  «être autorisé à filmer »)

Les MEDIAS et leur mission d’information ?

On peut relayer les décisions de justice, mais quand on se targue d’être le quatrième pouvoir, on peut aussi prendre du recul, les analyser, on peut même, en bonne démocratie, les critiquer.

Rien de tout cela.

 

 

On voit ici dans quelle ambiance s’est déroulé ce procès et qu’il est difficile d’écarter l’hypothèse d’une mise sous pression de la magistrature par les médias.

Dans ce cas-ci on pourrait même parler de surenchère entre la presse et la justice, et précisément dans le cas du double dossier Hissel, où près de 300 articles de presse écrite et  audio-visuelle, ont précédé les procès.

Les nouveaux justiciers

J’ai déjà, dans des articles précédents,  fait part de mon point de vue sur la dérive médiatique par laquelle des journalistes se transforment en  justiciers et prétendent dire la vérité,  avant même les tribunaux. Ce qui crèe une confusion des rôles avec ceux qui ont pour profession de juger et  les rend vulnérables à la pression de l’opinion.   https://hisselsaga.wordpress.com/2012/04/05/a-propos-des-deux-affaires-hissel-vers-un-tribunal-mediatique/

Bruno Dayez, je l’ai constaté cet été, partage à ce propos  la même analyse.  L’avocat pénaliste, chroniqueur connu, avec lequel je n’ai pas toujours été d’accord, soulevant un tollé de la part des têtes à penser de la liberté de la presse, l’a dénoncé violemment, en étant interviewé sur « La Première » Radio (RTBF) : « Il faudrait évacuer la presse des prétoires » pense l’avocat. « Les conditions du travail journalistique font que les impératifs [de la presse] vont exactement aux antipodes de ce qu’exigerait une justice juste. La justice a besoin de sérénité, elle a besoin de se dérouler hors du champ des caméras. A partir du moment où on médiatise une affaire, le mal est déjà fait. On travaille sous le feu d’une actualité qui finalement entraîne moult dérapages. »

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_bruno-dayez-il-faut-evacuer-la-presse-des-pretoires?id=7829681 

Quelques jours plus tard Bruno Dayez explicitait, dans une rubrique de la Libre Belgique, sont point vue en employant les mêmes arguments que ceux que j’ai déjà personnellement employés pour dénoncer cette dérive de la presse  dans le rôle de justicier. Voilà ce qu’il y disait : « ….les médias obéissent quant à eux à de tout autres impératifs que la recherche de la vérité et la juste mesure de la peine. Ils leur privilégient, en bref, le spectaculaire, l’émotif, l’instantané. A l’affût du scandale, ils montent systématiquement en épingle ce qui indigne l’opinion, la bouleverse ou la divise. Car, lui étant redevables de leur succès, ils sont quasi contraints de flatter ses instincts les plus viscéraux. Leur objectif est de prendre la justice de vitesse (ce qui ne leur est guère compliqué) pour lui ravir le pouvoir qu’elle a si longtemps détenu en propre : énoncer ce qui doit être tenu pour vrai et pour juste. On est ainsi passé en quelques décennies d’une presse de connivence, qui servait seulement de caisse de résonance à une justice s’exerçant en circuit fermé, à une presse de concurrence, en passe de confisquer à la justice sa force de persuasion. Sans aucun égard, faut-il préciser, pour la présomption d’innocence, ni l’égalité des armes, ni, de manière générale, pour les « droits de la défense » dont les médias ignorent jusqu’à la notion… » (http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/758252/les-trois-cancers-de-la-justice.html)

Un fait divers livré « clé sur porte »

C’était plus facile d’amplifier la trame d’un fait divers dont la dramaturgie s’offrait d’emblée comme particulièrement spectaculaire (La Chute du Chevalier Blanc/La trahison des idéaux/la transgression du caractère sacré de l’enfance/ Les souffrances d’un fils/La « tragédie » du parricide/L’avocat étendu sur son seuil/ l’auteur des coups de couteaux victime de son père, tyran domestique…) que de chercher ce que l’on pouvait humainement dire à ce sujet, en rendant sa complexité à l’interprétation des faits.

Les journalistes avaient la possibilité de choisir dans l’éventail  qui va des problèmes de personnalité du fils à la responsabilité totale du père en passant par la situation familiale qui aurait pu inclure d’autres acteurs – a-t-on jamais parlé de la mère ?-  : mais il ont choisi le père uniquement en le rendant abominable. Un travail de destruction totale d’un homme : un lynchage !  

L’indignation, le sentiment d’injustice, le petit écrasé par le(s) grand(s)…etc., font partie, pour moi, des émotions primaires sur lesquelles il est facile de surfer. Ces émotions primaires n’ont, pour moi, de valeur d’humanité que si elles sont revues et reconstruites par une approche de raison et d’analyse, sans quoi l’on pourrait parler, comme le fait Jean-Jacques Jespers, de dérive populiste de la presse[1]. Généralisée, sans résistance intellectuelle cette dérive pourrait devenir dangereuse à terme pour la démocratie.

Faire de la caricature n’est pas une mission d’information. [2]

Vous pensez peut-être que j’exagère en parlant dans cet article de «lynchage» à propos de Victor Hissel, et dans d’autres articles déjà écrits à son propos, de « mise au pilori » ?  

Ces termes font partie du vocabulaire constamment employé par les médias, mais toujours pour en dénoncer d’autres qu’eux-mêmes.

4 juillet : ANONYMOUS

Là où il n’était pas question de laisser « lyncher » des personnes et  où  propos médiatiques étaient beaucoup moins caricaturaux et infiniment plus nuancés,  c’est quand il s’est agit de traiter de l’information selon laquelle à partir du début juillet, ANONYMOUS avait mis sur internet l’adresse IP,  l’adresse e-mail,  le numéro de téléphone  le nom et l’adresse, de plus de 1000 « consultants payants » de sites pédophiles. Immédiatement le caractère de « délation » est mis en évidence, et le souci de protection des enfants passe à l’arrière plan devant l’étalage, accessible pour tous, et même pour l’autorité judiciaire,  de tant de noms de belges ou de hollandais.

Dès le 11 juillet 2012 la RTBF, dans son journal de 19h30 parlait « d’une nouvelle forme de  délation qui peut  avoir des conséquences sur la sécurité publique »  en, diffusant l’interview de Me Etienne Wery, spécialisé dans le droit des médias : « Si ces personnes sont déjà identifiables aujourd’hui, je pense que le procureur du roi doit prendre des mesures pour assurer leur sécurité malgré tout. L’hypothèse n’est pas théorique, l’année passée un site hollandais a mis  en ligne des  noms  et des adresses de pédophiles condamnés, et très vite on a eu peur pour la sécurité de ces gens, qui allaient se faire lyncher par les voisins tout simplement. La même chose risque de se produire ici…. » 

« Ce n’est pas dans l’intérêt des enfants »

Le même jour l’agence Belga avait relayé les propos désapprobateurs du porte-parole officiel de CHILD FOCUS,  fondation pour les enfants disparus et sexuellement exploités : « Dans l’intérêt des enfants, nous devons éviter toute récidive des pédophiles. Pour cela, il ne faut pas que des sanctions, mais aussi un traitement et un contrôle. Si vous clouez quelqu’un au pilori, ce genre de procédure devient totalement impossible. Le résultat en est alors qu’il y a davantage de récidives et de méfaits commis ».

Quelle prise de distance et, tout d’un coup, quelle tolérance par rapport aux interventions de Me Michèle Hirsch, avocate de CHILD FOCUS, s’étant portée partie civile,  au procès  de Victor Hissel, pour consultation de sites pédophiles (rappelons qu’il n’y avait dans son cas ni paiement, ni téléchargement).

 

 

 

 

 

 

– Le Commentateur  (Devoir d’Enquête. RTBF) : L’avocate Michèle Hirsch défend les intérêts de l’association Child Focus dans ce dossier. Pour elle, le comportement de Victor Hissel est gravissime vis-à-vis des enfants :

– Michèle Hirsch : « Les consommateurs de ces films de viol d’enfant ne font que regarder… que regarder… c’est quoi regarder ? C’est être là devant son écran et c’est oublier la réalité de ce qui se passe derrière, la réalité c’est les viols d’enfants en chair et en os, c’est la souffrance, la vraie souffrance donc regarder c’est quelque part violer aussi… »

Il est évident que toute photo renvoie à une réalité, elle n’est pas la réalité mais elle renvoie, et je suis d’accord qu’il fallait dénoncer cette réalité. Je l’ai écrit dans le tout premier article de ce blog. Mais si l’on s’en tient à cette logique là, qui confond un support image avec la réalité « en chair et en os », et qui ne vaut, semble t’il, dans la bouche de Child Focus, que pour  Victor Hissel !) , Anonymous a révélé sur le net l’identité d’au moins 1500 violeurs d’enfants, vivant librement en Belgique et en Hollande !  Depuis, plus rien n’a bougé. La presse n’en parle plus, la police non plus.
 « Si des choses illégales se déroulent sur le net,  c’est à la police d’agir»  disait encore Dirk Depover, le porte parole de Child Focus au mois de juillet.

En a t’elle les moyens ? En a t’elle la volonté ? Aucune enquête n’est jamais partie de la police Belge. Les grandes opérations ont toujours été initiées par d’autres pays. Parce que, souvenez-vous… « il n’existe pas de réseaux pédophiles dans notre pays ! » proclamaient la majorité des médias pendant toute la durée de l’affaire Dutroux.

Encore en début juillet la presse s’est bien empressée de dire que la Belgique n’était en aucune façon concernée, lorsqu’une enquête de la police autrichienne contre la pédophilie sur internet, baptisée « Carole », avait été menée avec succès dans 141 pays. Des centaines de pédophiles avaient été identifiés. En Autriche, 272 pédophiles qui diffusaient des vidéos sur internet ont été démasqués. L’enquête a démarré voici près d’un an. Mais poursuivait l’article sur la base d’un communiqué de l’Agence Belga : « La Belgique n’est actuellement pas activement impliquée », dans l’enquête de pédophilie autrichienne menée par les autorités autrichiennes, a-t-on appris auprès de la police et de la justice. Il n’est « certainement pas exclu » que des Belges soient impliqués mais la Belgique n’a pas encore reçu d’informations sur ce point (par exemple des adresses IP). » (Édité par: 7 sur 7  le 4/07/12 – 11h17  Source: belga.be) 

Ne serait-ce pas parce qu’il est plus convenable de ne pas évoquer le nombre considérables d’honorables citoyens belges ou hollandais qui consultent, téléchargent, achètent, échangent des photos  pédopornographiques, que la mission d’information d’intérêt public des médias belges, s’est focalisée depuis quatre ans sur la personne de Victor Hissel ?  [3]

 

 

 
C’est le constat effarant  qu’une journaliste de Sud Presse-Liège[4] a pu faire en plein mois d’août alors que le Palais de justice était désert pour cause de  vacances judiciaires.

Comment fallait-il interpréter ce titre spectaculaire auquel renvoyait même un encart, avec photo en première page, et un article pleine page à l’intérieur du quotidien ?  Devait-on en déduire que Victor Hissel hantait des prétoires vides, sans pouvoir s’abstenir de pérorer devant des tribunaux imaginaires ? 

Jamais, vu le contexte, ce quotidien Liégeois n’a pu exprimer plus clairement sa volonté d’intervenir dans une procédure disciplinaire en cours, puisque Victor Hissel avait fait appel, bien avant l’été, d’une décision de radiation à son égard, prononcée par le Conseil de Discipline du Barreau de Liège.

 Outre un article truffé d’erreurs et de rumeurs, la pleine page intérieure comprenait les déclarations du fils de Victor Hissel relayées auprès de la journaliste Laurence Wauters, par l’avocat Jean-Louis Gilissen et selon le quel

« Romain n’a jamais compris

qu’il puisse encore plaider »

 Dans le journal, ce titre apparaît en gros caractères, ici réduits, comme si l’avis du fils pouvait être déterminant.

 Tous les avocats dans cette affaire ne sont pas astreints au même silence que Victor Hissel.

J’espère, en finale de cette chronique sur un été « très tolérant »,  que l’Appel de la décision de radiation de Victor Hissel sera examinée avec une totale indépendance et neutralité puisqu’elle sera le fait d’une instance disciplinaire qui sera en dehors de cette ambiance liégeoise détestable.


[1] JJ Jespers parlant devant l’Ordre des barreaux Francophones et Germanophones (Actes du Congrès de l’OBFG Février 2011. Ed Anthémis pge 183 et svtes
 [2]Je suis tellement habitué à l’auto justification des journalistes qui ne fait que renforcer  un pouvoir, souvent abusif, sur la réputation et la vie des personnes, que la lecture de quelques extraits de la jurisprudence en matière d’objectivité me paraît nécessaire pour réaffirmer quelques principes déontologiques.« Il appartient au journaliste de prouver que ses affirmations correspondent à la vérité où, à tout le moins, qu’il a fait les recherches nécessaires pour donner au public les renseignements les plus exacts possibles (…)  Si l’on ne peut exiger du journaliste une objectivité absolue compte tenu de la précarité relative de ses moyens d’investigation, il n’empêche que celui-ci a l’obligation d’agir sur la base de données contrôlées dans la mesure raisonnable de ses moyens » Brux. 9ème Chambre, 20 sept 2001 ; « Si le principe de la liberté de presse consacré par l’article 25 de la Constitution permet aux journalistes de diffuser des informations et d’émettre des critiques, ils se doivent de donner au public des renseignements exacts relativement complets et objectifs et de s’entourer de la plus grande prudence et circonspection aussi bien dans la recherche des informations que dans leur diffusion : ils ne sont pas autorisés à déconsidérer les individus ou à dénaturer les faits qu’ils relatent » Civ.Brux. 14ème Chambre, 10 mars 1998.
Ces principes unanimes dans la jurisprudence devraient-ils être estompés dès qu’il s’agit de faits divers, de secrets de famille, ou tout simplement de ….Victor Hissel ?
[3] Cela me rappelle que j’ai moi-même fait, en 1998, une enquête sur les révélations du Werkgroep Morkhoven à propos du réseau pédophile de Zandvoort et que j’ai vu des dizaines de photos de viols d’enfants et de bébés (oui vous avez bien lu : de bébés) que j’avais demandé à Jean-Yves Hayez, spécialiste de la psychologie juvéno-infantile,  d’authentifier et de commenter devant la caméra de l’émission « Faits Divers TV ».(sans les montrer évidemment !). Dans cette émission était révélée l’existence d’un réseau de pédophiles belges qui opéraient entre Temse (Province d’Anvers) et Madeira, ainsi que  d’un réseau pédophile hollandais, le réseau de Zandvoort, ayant des ramifications dans toute l’Europe,  et qu’un travail acharné du « Werk Groep- Morkhoven », une  association privée sous la direction de Marcel Vervloessem avait réussi à mettre au jour. La presse de l’époque n’a donné aucun écho à cette émission et peu de temps après sa diffusion la seule personne inquiétée par la justice  Parquet de Turnhout) fut Marcel Vervloessem lui-même «  pour détention de matériel pédopornographique)Cette émission est visible sur You Tube à l’adresse suivante

[4] Laurence Wauters LA MEUSE du 9 août 2012.

LETTRE OUVERTE A Jean-Paul PHILIPPOT, Administrateur Général de la RTBF (restée à ce jour, sans réponse)

Avertissement: Je viens d’apprendre que l’émission concernant « Les Dossiers Hissel » qui m’avait été annoncée pour le 4 juillet passe en fait ce prochain mercredi 20 juin.La programmation aurait-elle été changée ? Étant retraité je n’ai pu suivre l’évolution précise des choses mais cela ne change absolument rien au contenu de la LETTRE OUVERTE A JP PHILIPPOT, qui, s’il m’avait répondu, aurait pu m’éclairer sur la date exacte de cette re-diffusion.

EMBOURG, ce 5 juin 2012

À Monsieur Jean-Paul PHILIPPOT
Administrateur général de la RTBF
Boulevard Auguste Reyers, 52
1044 Bruxelles

Monsieur l’Administrateur,

Concerne : La rediffusion d’une émission par la RTBF

Je tiens à vous faire part de ma préoccupation concernant le cas de Maître Victor HISSEL.

Mes inquiétudes sont fondées sur le fait que j’ai appris tout récemment et de source sûre que, dans le cadre de son émission « DEVOIR D’ENQUETE » du 4 juillet prochain, la RTBF va procéder à la re-diffusion du reportage de 50’00 diffusé le 6 juin 2011 intitulé « Le dossier Hissel, le prix du silence » et dont le contenu est déjà apparu, à d’aucuns, partial, partiel, et à charge, uniquement, de Victor Hissel, qui, un an auparavant, fut déjà l’objet d’un autre reportage de 50’00, unilatéral, et sans qu’il ait eu la possibilité d’y répondre, diffusé le 22 septembre 2010, suite à sa condamnation en Appel.

Pendant cette longue période l’avocatVictor Hissela dû s’en tenir aux recommandations pressantes, des autorités de l’Ordre, de ne pas intervenir dans les médias, compte tenu, quoique père, de sa qualité d’avocat. Il s’est plié au devoir de réserve que lui imposaient et lui imposent encore des procédures toujours en cours. Lui-même n’a pas désiré, non plus, entrer en conflit ouvert avec son fils par l’intermédiaire des médias. Mais ce droit au silence, doit également être respecté par les journalistes et ne les dispensent pas de leur devoir d’analyse et d’objectivité.

Il est un principe, actuellement débattu d’une façon aiguë en ce qui concerne les informations en ligne sur Internet, mais dont la pertinence aurait dû s’appliquer depuis longtemps aux médias, tant nombre de personnes en ont souffert. C’est le principe du « droit à l’oubli » que semble renier toute re-diffusion en dehors de délais raisonnables.

J’ai personnellement été impliqué dans la production de la série d’émission « Faits divers TV », qui fut respectueuse de tout antagoniste, alors que des malheurs, des états psychologiques, des réputations étaient chaque fois en jeu. Jamais je n’ai accepté de procéder à une rediffusion sans en avoir averti les principaux acteurs et obtenu d’eux leur consensus.Victor Hisseln’a jamais été consulté.

Mais il est un autre principe énoncé par des spécialistes du droit pénal : « le but d’une condamnation et d’une peine est de permettre la réhabilitation à terme » . Et donc il existe un droit fondamental à vivre l’apaisement qui doit permettre de se reconstruire une vie familiale et sociale après condamnation.

Cette re-diffusion, qui ne fait même plus partie de la liberté d’informer, puisque totalement redondante, et qui va s’accompagner de communiqués de presse et de bandes annonces, ne va pas dans le sens de l’apaisement nécessaire dans une période cruciale où une instance disciplinaire d’appel doit encore décider de l’avenir professionnel deVictor Hissel, – la RTBF voudrait-elle faire pression, qu’elle ne s’y prendrait pas autrement !

Il est cependant est d’autres motifs de préoccupation.

Cette démarche est d’autant plus déroutante et contestable qu’à de nombreuses reprises la RTBF a souligné que Romain HISSEL était une personnalité fragile et nécessitait des soins.

Le simple bon sens devrait considérer qu’être à nouveau hyper-médiatisé et utilisé pour donner « sa » version et « sa » vision de son père, ne saurait d’aucune manière bénéficier à Romain HISSEL. Et on peut se demander quel psychologue ou psychiatre pourrait soutenir le contraire.

En conclusion, et comme je sais que les changements de mentalité, individuels ou institutionnels, sont souvent le fait de la résistance de certains, dans des cas particuliers, je me permets de formuler une demande pressante pour que la RTBF montre qu’elle peut promouvoir une information digne, dans la responsabilité et la qualité, et qu’ainsi elle soit pionnière dans le respect des principes repris, entre autres, dans la déclaration européenne des Droits de l’Homme et la Constitution belge et notamment

– Droit à mener une vie conforme à la dignité humaine

– Droit de ne pas être exposé à des traitements inhumains et dégradants

– Droit à un procès équitable

– Droit au respect de la vie privée

Je laisse à la RTBF, à son Administrateur général, à la Direction de l’information et à ses Unités de production le soin de montrer le degré d’humanisme dont elle est capable

José DESSART
Journaliste.
Auteur du blog « Humeur et respects »
118, voie de Liège
4053 EMBOURG

Cette lettre ouverte est envoyée également à

  • MonsieurJean-Pierre JACQMIN, Directeur de l’Information à la RTBF
  • Monsieur Daniel Brouyère, Directeur de l’Unité de Production Magazines
  • MessieursGérard RoggeetRobert Neys, Co-Editeurs du Magazine Devoir d’Enquête
  • MonsieurAlain Gerlache, Secrétaire général de la CTF, Chroniqueur et spécialiste des Médias à la RTBF
  • MonsieurMarc JANSSEN, Président du CSA
  • MonsieurAndré LINARDSecrétaire Général du CDJ
  • MonsieurMarc Lits, Directeur de l’Observatoire du récit médiatique, UCL
  • MonsieurJean-Jacques JespersChercheur en communication et déontologie des médias, ULB
  • MonsieurBernard Hennebert, coordinateur de l’ATA, (association des téléspectateurs actifs)
  • MonsieurEric LEMMENS, le Bâtonnier de l’ordre des Avocats du Barreau de Liège
  • MonsieurPatrick HENRY, ancien Bâtonnier de l’ordre des avocats du Barreau de Liège
  • MonsieurRobert DE BAEDERMAEKER, Président de l’OBFG
  • MonsieurJean-François ISTASSEPrésident de la Commission de la Culture et de l’Audiovisuel
  • MadameFadila LAANAN, Ministre de la Culture et de l’Audio-visuel