Victor Hissel est acquitté en Appel !

C’est ce mardi 22 mai 2018 que le président de la 18ème Chambre Correctionnelle, Philippe GORLE, a prononcé, au grand soulagement du prévenu  Victor Hissel, l’acquittement mettant fin  à plus de deux ans de procédure judiciaire qui avait commencé par l’arrestation de l’avocat en plein Palais de Justice, ordonnée par le Parquet liégeois.
C’est dire que ces deux années furent très difficiles à vivre, pour cet homme qui n’épargnait aucun effort pour se redresser dans sa carrière et dans sa vie de façon à récupérer une existence à peu près normale. On n’est pas très à l’aise de considérer qu’un Procureur du Roi peut construire une accusation sur la base d’éléments aussi peu fiables, dont la légèreté, les contradictions ont été démontées par deux fois.

Contrairement à ce que laissent entendre erronément  certains journalistes, comme pour la DH, Sarah Rasujew  ( « La cour a estimé qu’il existait un doute concernant les accusations d’une jeune nageuse« ) , il ne s’agit même pas d’un acquittement « au bénéfice du doute »,  le mot « doute » étant absent de l’Arrêt, comme il était absent du dispositif du  jugement d’acquittement de première instance.

En voici les termes : La Cour statuant contradictoirement (…) confirme le jugement déféré en toutes ses dispositions pénales et civiles (…)(*)

Il s’agit, comme le dit le conseil de Victor Hissel, Adrien MASSET (professeur de droit pénal à l’université de Liège) : « L’arrêt est très ferme et montre bien le manque d’éléments du dossier« (La Meuse, Liège 23.05.2018 pg6)

 

 

Mercredi 21 juin : Victor Hissel en Correctionnelle pour « attentat à la pudeur » (suite)

On se souvient, effet, que l’audience du 1er février a été reportée. C’est ce mercredi 21 juin qu’elle aura lieu. Les journaux ne vont certainement pas passer cela sous silence. C’est pourquoi il est temps d’aborder un troisième chapitre, alors que l’on pourrait résumer les deux premiers chapitres par ces deux extraits du communiqué de Me Masset, Conseil de Victor Hissel envoyé au Journal La MEUSE, le jour même de la parution de l’article tendancieux et erroné, annonçant l’arrestation de l’avocat suite à une plainte pour « Attentat à la pudeur ».

Me Masset y soulignait :

« l’exceptionnelle rapidité et  la violence d’intervention des autorités judiciaires pour un fait d’attouchement, contesté et sans témoins, qui aurait été commis sous l’eau envers une personne majeure. »

En ajoutant :

« La plainte de cette femme de 26 ans et de son père est une plainte malveillante pour empêcher mon client de fréquenter cette piscine. »

CHAPITRE 3
LE CONTEXTE DE LA PLAINTE : UN VAGUE DESIR D’EXPULSION.

Il est impossible  d’isoler cette plainte, qualifiée de « malveillante » par Me Masset, conseil de Victor Hissel,  sans resituer une vague volonté de la part de certaines personnes fréquentant la piscine  de Herstal de voir Victor Hissel interdit d’entrée, alors que celui-ci ne faisait qu’exercer son droit le plus élémentaire de continuer  se livrer à  son sport favori dans la  piscine publique qu’il fréquentait, chaque semaine,  depuis plus vingt ans. En février 2013, cette vague volonté fut même relayée, amplifiée, voire excitée,  par  une page entière du journal LA MEUSE, sous la plume de journalistes qui semblent suivre Victor Hissel à la trace, et  pour qui la moindre rumeur sur Victor Hissel peut faire l’objet d’un titre vendeur:

2013.02.23 (1)            2013.02.23 (3)et même le chef d’édition,  se fend d’un éditorial

23 février 2013

 

C’est à partir de ce moment là que j’ai décidé d’accompagner mon ami Victor, toutes les semaines à la piscine de Herstal.  J’ai également déposé une plainte au Conseil Déontologique des Journalistes (CDJ). Huit mois plus tard celui-ci rendait son avis dont cet extrait :

Réponse CDJ Oct 2013

Or dans le cadre d’une autre plainte (celle dont je parle dans le chapitre 2 de mon dernier article VICTOR HISSEL, en correctionnelle ce 1er février 2017 pour « attentat à la pudeur »!)  la rédaction du Journal LA MEUSE confiait spontanément au Conseil de Déontologie journalistique :

Rappel Rédact LM 2013:02:23« la source des informations de premières mains » n’était autre que le journaliste lui-même, suivant Victor Hissel à la trace, faisant feu des moindres brindilles de la vie normale de l’avocat. Comme cet autre article du journal La Meuse du 13 août 2012  qui, sous la plume de Laurence Wauters,  prétendait scandaliser les lecteurs, avec l’activité normale de Victor Hissel.

Microsoft Word - Document6

Il est normal. Quel scandale !

Ni les journalistes, ni l’opinion de certaines personnes autour de la piscine de Herstal n’avaient donc  réussi faire interdire l’entrée de la piscine publique à  Victor Hissel.

Jusqu’à ce fameux dimanche 20 mars 2016.

UN PERE FULMINANT !

La représentation mentale que l’on peut se faire de l’ambiance de la piscine de Herstal, ce dimanche matin là, le 20 mars 2016,  ne peut se limiter à la présence du père et du frère de la plaignante, ni à celle de Victor Hissel et de la mienne : il y avait ce matin là plus de monde que d’habitude ! C’était la première fois que j’avais du faire la queue pour avoir une cabine de déshabillage. La même chose pour l’accès aux douches. Dans la piscine, désirant faire une dizaine de longueur, comme à mon accoutumée, j’ai heurté plusieurs fois d’autres nageurs, dont un qui faisait du sous l’eau avec des palmes.  Et Victor a été également heurté par lui. Je me suis même demandé s’il était permis  de nager avec des palmes quand il y avait autant de monde. Lorsque je suis sorti, j’ai vu, à un bout du bassin,  un nageur  se faire réprimander par un membre du staff de la piscine. J’ai pensé que ça pouvait être à propos des palmes et du sous l’eau en apnée. Mais ils étaient loin. Le temps de faire une pause et je me suis remis dans l’eau.  En achevant ma première longueur j’ai vu mon ami Victor en vive discussion avec un homme très nerveux, en présence des deux maîtres nageurs. L’homme criait fort, et voulait visiblement faire de l’esclandre.

  • « Vous avez touché ma fille à trois reprise » criait-il. « Si vous touchez encore ma fille, je vous coule »
  • « Mais c’est impossible, c’est absurde » rétorquait Victor, « C’est qui votre fille? »
  • « Vous n’avez pas à le savoir ! Un autre je lui aurais laissé le bénéfice du doute, mais comme c’est bien vous, j’ai réagi immédiatement.. »
    Les deux maîtres nageurs ont essayé de calmer le jeu en disant qu’ils n’avaient rien vu. J’ai conseillé à Victor de ne pas accorder trop d’importance aux dires de ce bonhomme, qui a encore ajouté :
  • « j’ameute tout le monde afin que les gens se méfient de vous à l’avenir »

J’ai invité Victor à replonger dans l’eau et à terminer ses longueurs. Le bonhomme nous a suivi en répétant plusieurs fois  » je vais vous couler, je vais vous couler »….

Revenu de sa surprise, Victor est allé trouver les maîtres nageurs pour leur demander qui était cet homme,  et ensemble ils sont retournés vers ce nageur pour permettre à Victor de lui demander qui il était.  Mais l’homme a refusé de donner son nom. C’est à ce moment là que  je les ai rejoints en m’apercevant que ce petit homme excité n’était autre que le nageur qui traversait le bassin sous l’eau en apnée, car il avait repris ses palmes.
C’était lui que j’avais vu être réprimandé par un des maître nageur.

  • « Vous êtes un imbécile  » s’écriait de nouveau cet inconnu  » la semaine passée  vous avez encore mis la main sur le cul de ma fille !  »
    Là je me suis dit que le bonhomme inventait à loisir !
  • « Cher monsieur, expliqua Victor, j’ai pris la résolution, il y a quelques mois que, si on m’accusait encore, je porterais plainte en dénonciation calomnieuse.  En plus vous m’avez menacé de mort !
  • « Ah vous faites le malin ! Je ne comptais rien faire, mais puisque vous faites le malin, je vais aller porter plainte… »

Pendant toute cette double altercations, la fille de ce monsieur ne s’est jamais montrée.

Le dimanche soir, après avoir été au cinéma,  elle se dirigea  en compagnie de son frère
et de son père, vers le 16 de la rue Pepin de Herstal,  pour y déposer sa plainte à la permanence de la police locale.

Depuis, toute cette histoire pourrait se résumer à quelques questions:

  • Pourquoi la police de Herstal qui a reçu cette plainte le dimanche 20 mars 2016, acte t’elle « attentat à la pudeur sur une personne d’âge inconnu » alors que la plaignante donne sa date de naissance, 05/02/1990 :  elle a 26 ans ?
  • Pourquoi, alors qu’aucune infraction ne pouvait être déduite de la toute première version de la plainte de la jeune dame, Victor Hissel a t’il été arrêté, le lundi matin 21 mars,  en plein palais de justice, sur ordre du Parquet de Liège ?
  • Pourquoi le Parquet  met-il cette plainte à l’instruction sans attendre d’autres dépositions, et pourquoi le juge d’instruction, à peine saisi, inculpe-t’il Victor Hissel bien avant que ne se termine  l’audition « à décharge » des deux les maîtres nageurs et de moi-même ?
  • Pourquoi le juge d’instruction interdit-il, illégalement (*),  à Victor Hissel tout contact avec la presse : ce dont ne se prive en aucune façon  le Parquet, puisqu’il est nomment cité ( le procureur du Roi Philippe DULIEU)  par la journal LA MEUSE ?
  • Pourquoi la plaignante est-elle ré-entendue par la police fédérale et pourquoi les termes de la ré-audition ne sont-ils pas les mêmes que dans la plainte originale ?
  • Pourquoi dans la confrontation entre Victor Hissel et la plaignante, celle-ci ne formule rien d’autre que oui ou non, aux questions des deux enquêteurs ? De sorte que ce sont les questions qui contiennent les accusations de cette dame ?
  • Pourquoi  le parquet fait-il expertiser la crédibilité de la plaignante  alors que le juge d’instruction avait considéré son instruction comme terminée ?
  • Pourquoi l’entièreté du dossier n’est-il pas envoyé à l’expert psychologue ?
  • Et enfin, situation inepte qui rend caduque  l’expertise de crédibilité : pourquoi l’expertise psychologique se déroule-t’elle en présence du père ? (encore lui ?)

(*) Au contraire de l’interdiction de fréquenter la piscine de Herstal pendant trois mois, l’interdiction de contact avec la presse est illégale car elle ne peut être justifiée par le contenu de la plainte.

VICTOR HISSEL, en correctionnelle ce 1er février 2017 pour « attentat à la pudeur »!

Je suis triplement  concerné par le récit que je vais vous faire. D’abord comme ami de Victor Hissel, et vous tous qui avez suivi ce Blog « Humeurs et respect » vous savez à quel point j’ai voulu réagir contre tous les excès de presse et de procédures judiciaires et disciplinaires qui ont été bien au-delà de ce qu’un justiciable, même avocat, pouvait attendre de la justice et des médias.

Ensuite parce que, depuis février 2013, je l’accompagne toutes les semaines, le dimanche à la Piscine de Herstal, lieu central de cette nouvelle affaire qui dément le titre : « Victor Hissel, fin de saga »  que je croyais être le dernier de ce Blog.

Et enfin parce que l’acharnement du milieu judiciaire liégeois, aidé par la presse locale,  ne fait que montrer dans toute la procédure que :  

INNOCENT, VICTOR HISSEL

EST DEJA  CONDAMNÉ D’AVANCE

CHAPITRE 1

 LA PRECIPITATION DU PARQUET: une arrestation sans infraction.

Il faut savoir d’abord que Victor Hissel se rend depuis vingt ans, une fois par semaine, généralement le dimanche, à la piscine d’Herstal, où il fait ses 80 longueurs, en 50 minutes quand il est en forme, 60 minutes quand il ne l’est pas. Depuis trois ans je l’accompagne, je nage aussi (20 longueurs !) et cela me fait beaucoup de bien. Pour moi tout était normal, et en trois années, il ne s’était jamais rien passé, jusqu’au jour, c’était un Lundi vers 13h00, où j’ai reçu un coup de fil de la police judiciaire fédérale de Liège, qui voulait m’entendre. Que s’était-il donc passé ? Le matin même Victor Hissel avait été privé de liberté.

Une arrestation fondée sur RIEN.

C’était donc un dimanche soir, le 20 mars 2016. Vingt Minutes après le dépôt d’une plainte, par une jeune dame de 26 ans, au commissariat de police de Herstal, trois officiers de la police judiciaire se présentaient au domicile de l’avocat Victor Hissel. Il était absent.

Dans leur rapport au Parquet du Procureur du Roi ils notèrent ce détail souligné par eux, car rien n’échappe à ceux qui mènent une grave enquête criminelle :

Notons que lors de notre passage dans le hall d’entrée, nous avons constaté que du linge de bain séchait sur le radiateur du hall. soit un essuie de bain vert/bleu. un slip de bain bleu et un bonnet de bain en tissu blanc et noir. Nous avons quitté les lieux à 21.40 heures.

C’est le lendemain matin, le lundi 21 mars, à 9h53 que Victor Hissel fut arrêté, en plein Palais de Justice, au moment où il s’apprêtait à plaider. Mis immédiatement au secret au poste de sécurité du Palais, il est transféré dans les locaux de la Police Judiciaire Fédérale, où il fut interrogé, en présence de son avocat, Me Masset (procédure « Salduz ») à partir de 12h55.

 Question : Après la communication succincte des faits pour lesqueis vous êtes entendu, souhaitez vous effectuer un récit spontané
des faits survenus à la piscine de Herstal ce 20.03.2016
Réponse : Je conteste fermement toute cette histoire ainsi que ces accusations

L’interrogatoire dure jusqu’à 15h15, en ce comprises trois interruptions ainsi notées dans le PV d’audition :

A 14 h 00, interrompons le cours de la présente audition afin d’aviser l’Office du Procureur du Roi du résultat de la présente audition ainsi que des devoirs actuellement en cours

 A 14 h 50, informons le comparant de la décision du Procureur du Roi quant au maintien de la privation de liberté en vue de permettre l’exécution des devoirs urgents ainsi que de nouvelles directives

 A 15 h 00, nous recevons un nouvel appel téléphonique de Mme le 1er Substitut COLLIGNON, laquelle nous prescrit de déférer l’intéressé au Parquet

Nouveau transfert sous escorte de la police judiciaire fédérale vers le palais de Justice, où, sur réquisition de Mme le 1er Substitut, Victor Hissel est déféré devant un juge d’instruction.

Il est 16h25, ce lundi –là, lorsque l’avocat entre dans le cabinet du Juge, qui, après un nouvel et très bref interrogatoire inculpe Victor Hissel à 16h35, et rédige une ordonnance de maintien en liberté sous condition, 1/ de ne plus fréquenter la piscine d’Herstal pendant trois mois, et 2/de n’avoir aucun contact avec la presse pendant trois mois. Victor Hissel quitte le cabinet du juge à 16h37

A ce moment là les auditions des témoins sont toujours en cours.
Mon audition se termine à 17h45
Celle du premier maître nageur qui n’a rien vu et et qui n’a rien à reprocher à Victor Hissel, se termine à 17h52.
Le second maître nageur n’a rien vu non plus et n’a rien, non plus, à reprocher à Victor Hissel. Son audition se termine à 18h30.

C’est dire que lorsque le Juge d’Instruction inculpe Victor Hissel à 16h35, il ne tient compte d’aucun élément à décharge : uniquement la plainte de la dame,  la proclamation d’innocence de Victor Hissel, et une plainte déposée par lui pour dénonciation calomnieuse.

Pourquoi cette précipitation ?
Qu’y aurait-il donc dans la plainte initiale qui justifierait cette répression pénale conduite par le parquet de Liège, qui n’avait aucunement l’obligation de mettre l’affaire à l’instruction[i] ?

Le PV INITIAL : aucune infraction !

Le PV initial porte le numéro LI 37 L3.2321/16. Il est rédigé par un inspecteur de la Zone de police de Herstal. Il concerne la plainte d’une jeune dame de 26 ans, venue au commissariat avec son père et son frère.
La jeune dame prétendait avoir été touchée par un nageur au niveau des fesses et une seconde fois au niveau de la poitrine, un an et demi environ, avant qu’elle ne se présente, ce dimanche 20 mars 2016, au commissariat de la rue Pépin de Herstal. Elle avait demandé à son frère de voir si ce nageur la suivait. Elle prétendait que ce nageur nageait encore à côté d’elle, et qu’en changeant de couloir, le nageur en question faisait de même.

Pourquoi venait-elle en parler, ce dimanche-là, à 17h53 ?

Parce que le matin-même, à la piscine, elle avait « senti » la même chose, cette fois-ci, uniquement au niveau des fesses, et reconnut, avec son frère, le nageur qui l’avait incommodé, selon elle, un an et demi auparavant.Dans sa plainte, qui englobe son premier récit et le second, cette dame ne donne aucun nom, mais se dit capable de reconnaître ce nageur ! [ii] Voici l’intégralité de cette déposition PV INITIAL 002321/16

Le père n’a rien vu.

Le nom de Victor Hissel sera donné par le père de la jeune dame, venu en même temps qu’elle au commissariat de la Zone de Police de Herstal.
Son audition débute donc le même jour à 18h38.

Alors que je nageais de mon côté j’ai été apostrophé par ma fille qui m’a désigné un homme nageant lui aussi.
Je précise d’emblée que j’étais au courant de ce qu’il s’était passé il y a environ un an et demi. Elle m’a alors expliqué que cet homme venait de recommencer son manège.

Il n’a rien vu, mais l’homme que lui désigne sa fille, il le reconnaît :

Je l’ai abordé avec l’intention de lui faire part des légitimes griefs que je portais à son
encontre. J’ai à cet instant seulement reconnu cet homme avec certitude ; il s’agit de maitre Victor HISSEL. Je suis formel.
Il a d’emblée nié ce que je lui reprochais.

Le frère n’a rien vu non plus.

C’est seulement une fois revenu à la maison que suite aux propos de mon père quant à l’identité de cet homme qu’une rapide recherche sur internet m’a permis de l’identifier à mon tour.
J’ajoute enfin que je n’ai vu à aucun moment donné les gestes déplacés qu’il aurait fait à l’égard de ma soeur mais par contre je confirme bien que cet individu suivait systématiquement ma soeur lorsqu’elle a changé de couloir à deux reprises la première fois qu’il l’avait importunée.

A ce stade aucun terme de cette plainte familiale n’indique une infraction de telle que le Code pénal le prévoit en son article 373, concernant l’attentat à la pudeur sur majeur qui implique automatiquement, c’est ainsi qu’est rédigé l’article : « violence, contrainte et et menace ».

Mais voilà, dans la déposition de la plaignante, adulte ( 26 ans), il n’y a aucune trace de violence, de contrainte ou de menace.

Alors, pour quelles raisons poursuivre Victor Hissel ?

Justement, parce que c’est Victor Hissel !

Puisqu’il n’y a ni violence, ni menace constatée, on va laisser  planer un doute : victime, âge inconnu !
C’est ce qu’écrivent les policiers de Herstal en tête de leur rapport,  et cela justifie que l’on transmette au Parquet !

Avis au parquet
Faits
CP 372,374   Attentat à la pudeur, sans violences ni menaces, avec qualité de l’auteur et âge de la victime inconnus
Le 20/03/2016 à 11:00 h.
A : Belgique, 4040 HERSTAL, Large Voie , (Piscine / solarium)

Cette mention «  sans violences, ni menaces », reprenant textuellement l’article 372 du Code Pénal qui concerne l’ attentat à la pudeur sur mineur, jointe à la mention « âge de la victime inconnu » laisse supposer que la plaignante pourrait être mineure.
Mais la plaignante ayant 26 ans, le parquet sera bien obligé de faire corriger la qualification de l’inculpation, en transmettant le dossier à un juge d’instruction bien à l’écoute :

2.- L’INCULPATION :
J.I. : nous vous signifions qu’en raison de l’existence d’indices sérieux de culpabilité, nous vous inculpons d’avoir :
A Herstal, le 20 mars 2016, commis un attentat à la pudeur avec violences ou menaces
sur la personne de noir

 Mais le Parquet avait suggéré au Juge d’Instruction la jurisprudence de la Cour de Cassation,  qui, avant d’être introduite dans la loi, associe la « surprise et la ruse » aux conditions de l’infraction prévue par l’art.373.

Qu’à cela ne tienne, c’est sur cette base là que l’on va poursuivre.

Mais pour cela il faudra obtenir du Juge d’instruction qu’il fasse ré-auditionner la plaignante  pour qu’elle soit plus « précise »!

CHAPITRE 2

Interdiction de tout contact avec la presse !

Cette condition de libération illégale[iii], n’a cependant pas empêché la presse de parler de la privation de liberté de Victor Hissel. Mais à partir d’autres sources évidemment !Celui-ci avait demandé, par l’intermédiaire de son avocat, que son dossier soit mis sous embargo. Mais dès le mercredi matin, 23 mars 2016[iv] à 9h16, apparaissait le nom de Victor Hissel au pilori d’un titre d’article où le nom de Philippe Dulieu, Procureur du Roi de Liège, était cité comme source.

Une presse sous influence.

Le Procureur devait, en effet donner, le 23 mars au matin, une conférence de presse concernant la demande, par le Parquet, de la levée de l’immunité parlementaire du député Alain Mathot . Il en profita pour donner deux informations: une sur le dossier Victor Hissel, sans motif particulier, et sans l’accord du juge d’instruction, et l’autre sur le dossier de Romain Hissel, le fils que son père n’avait plus vu depuis des mois,  pour des faits, totalement indépendants, s’étant déroulés à Namur. Ce qui permit à la rédaction de Sud-Presse d’amalgamer le tout en un seul titre, comme si il y avait un lien de cause à effet !
titre-lm-1

Mercredi 23 mars 9h16la-meuse-be

collimateurVictor Hissel dans le collimateur de la justice liégeoise.

Lundi matin, l’avocat liégeois, Victor Hissel, déjà condamné pour ses dérives pédopornographiques, a été privé de liberté à son arrivée au palais de justice de Liège. On le suspecte d’attentats à la pudeur commis, avec des violences, sur une jeune femme. Les faits en question se sont passés dimanche dernier, à la piscine de Herstal.

http://www.lameuse.be/1520605/article/2016-03-23/l-avocat-me-hissel-prive-de-liberte-pour-attentat-a-la-pudeur-a-la-piscine-son-f

Attentat à la pudeur commis « avec  des violences« ?

Comment se fait-il que les journalistes puissent faire croire au lecteur qu’il y aurait eu « des violences » ? Et pas seulement ceux de Sud-Presse, mais sur le site de la Libre Belgique  on pouvait lire :« Cette fois, la plaignante lui reproche une attitude plus que déplacée, assortie de violence ». Cela ne correspond à rien qui puisse se trouver dans la plainte de la jeune femme.

Alors voici : je suis moi-même journaliste (retraité) et ces procédés m’ont vraiment indisposé !
Aussi ai-je écrit au Conseil de Déontologie Journalistique pour porter plainte :

Plainte au CDJ pour IMPUTATION CALOMNIEUSE, concernant l’article de La Meuse.be du 23 mars 2016 paru sur le site à 9h16.
«On le suspecte d’attentat à la pudeur avec des violences ». Les déclarations de la plaignante ne contiennent aucune allusion à des violences quelconques. Aucun témoignage ne peut venir au secours des journalistes pour soutenir ce mensonge calomnieux appuyé par l’emploi de l’article indéfini « des » (violences). Si les journalistes invoquent leur source pour justifier cette désinformation du public, on doit alors se poser la question, à la fois de la partialité de la source, et du manque d’indépendance et d’esprit critique des journalistes par rapport à la source.

Réponse  du Conseil de déontologie journalistique :

Le CDJ estime toutefois que, lorsque le journaliste rapporte que la privation de liberté de Victor Hissel a eu lieu parce qu’« on le suspecte d’attentat à la pudeur commis avec des violences sur une jeune femme », il déforme l’information dont il a connaissance. L’usage du terme « violence » peut certes, dans ce contexte, renvoyer un chroniqueur judiciaire averti à la teneur de l’art. 373 du Code pénal (qui évoque l’éventualité, parmi d’autres, d’un attentat à la pudeur commis avec violence), mais il n’en va pas de même pour la majorité des lecteurs. Dès lors que la formule « avec des violences » ne fait pas clairement référence au texte du Code pénal qui justifie l’inculpation, elle donne à penser que V. Hissel aurait porté atteinte à l’intégrité physique de la jeune femme, ce que rien ne permet d’affirmer. Les articles 1er (respect de la vérité), 3 (déformation d’information) et 4 (prudence / approximation) du Code de déontologie ne sont pas respectés.

Il est vrai que l’énoncé de l’article 373 du Code Pénal en ce qui concerne l’attentat à la pudeur contre un majeur, est indissociable de la formule « …commis sur des personnes ou à l’aide de personnes de l’un ou de l’autre sexe, avec violence, contrainte, menace, surprise ou ruse… », ce qui ne veut pas dire, ce qu’exclut la plainte de la dame elle-même, qu’il y aurait eut «des violences» ou une attitude «assortie de violence», comme l’écrivent les journalistes trop empressés de faire correspondre les circonstances qu’ils imaginent avec la représentation désatreuse qu’ils se font de Victor Hissel.

Revenons à l’article de

la-meuse-be

Entendu sur les faits, Victor Hissel a été présenté au juge d’instruction qui l’a libéré sous conditions strictes. Notamment celle de se faire soigner. Contacté par téléphone, le procureur du Roi de Liège, Philippe Dulieu, confirme notre information mais ne souhaite pas s’étendre sur un dossier qui vient d’arriver à l’instruction. Et, rappelons-le, Victor Hissel est présumé innocent.

http://www.lameuse.be/1520605/article/2016-03-23/l-avocat-me-hissel-prive-de-liberte-pour-attentat-a-la-pudeur-a-la-piscine-son-f

En publiant à 9h16, le 23 mars 2016, cet article sur leur site, les rédacteurs de Sud-Presse avaient ajouté une vidéo tournée au moment où Victor Hissel avait été, en première instance, radié du Barreau de Liège. Or, en Appel à Bruxelles, il fut simplement suspendu pour un an, avec un sursis probatoire de 6 mois.(voir Victor Hissel : fin de saga ?)
Pourquoi faut-il que les journalistes soufflent dans le même sens que le milieu judiciaire liégeois qui depuis plusieurs années voudrait absolument voir Victor Hissel radié à vie ?

Cette outrance suscita l’indignation  du conseil de Victor Hissel , Me Masset, qui envoya  à Sud-Presse un communiqué cinglant:

En ma qualité d’avocat de Victor Hissel, j’affirme que les informations publiées par La Meuse.be ce mercredi matin sont inexactes.
Victor Hissel n’a pas été remis en liberté sous la condition de se faire soigner.
Mon client fréquente la piscine d’Herstal depuis 20 ans, sans le moindre incident quelconque. La seule et unique plainte déposée l’a été ce dimanche par une dame de 26 ans pour un fait d’attouchement, sous l’eau, qui n’a pas eu lieu ; mon client nie avec force.
Mon client a dû précédemment repousser le père de cette dame parce que ce père nageait sous l’eau avec des palmes et avait heurté mon client ; ce père s’était déjà fait rappeler à l’ordre par un maître nageur. Le père et le frère de cette dame, entendus par la police, n’ont été témoins de rien du tout. Un ami de mon client qui nage également à cette piscine et qui a été entendu par la police, n’a été témoin de rien. Les maîtres nageurs, présents pour surveiller les nageurs, n’ont rien confirmé contre mon client mais ont dû calmer ce père qui faisait de l’esclandre ; ils n’ont jamais dû faire la moindre remarque à mon client. La plainte de cette femme de 26 ans et de son père est une plainte malveillante pour empêcher mon client de fréquenter cette piscine. Mon client a déjà déposé plainte pour calomnie contre ces personnes et pour menaces de mort proférées par ce père. En tant qu’avocat, je ne peux que m’étonner de l’exceptionnelle rapidité et de la violence d’intervention des autorités judiciaires pour un fait d’attouchement, contesté et sans témoins, qui aurait été commis sous l’eau envers une personne majeure. Le traitement judiciaire réservé à l’avocat Victor Hissel est dérangeant et entraîne une publicité médiatique non recherchée par l’avocat Hissel.

Une autre allégation  du journaliste était celle-ci :

la-meuse-beIl dérange.
Mais voilà, Victor Hissel, tout le monde le connaît. Son passé aussi… Il dérange et sa seule présence met parfois les personnes mal à l’aise. Sa « technique » est simple. Il suit ou croise des nageuses dans le bassin et leur touche les parties intimes en effectuant de grands gestes. Il prétexte, ensuite, une certaine maladresse pour expliquer ce contact physique.

(c’est moi qui souligne)

Pourquoi ce journaliste veut-il faire croire au lecteur que, ce que prétend, sans preuve, une seule plaignante, est une habitude chez Victor Hissel, alors qu’il ne s’est jamais rien passé en vingt ans qu’il fréquente cette piscine ? Soucieux d’une presse de qualité – sans calomnies- j’ai porté plainte également au CDJ en ce qui concerne ce paragraphe. Comme le journaliste a prétendu au CDJ qu’il se basait sur plusieurs sources (?), sans les divulguer, le CDJ répond dans son avis :

le CDJ retient qu’en ne mentionnant pas dans l’article que cette information, susceptible de stigmatiser la personne incriminée, reposait sur de telles sources, le journaliste donne le sentiment de poser comme établi un fait mettant en cause la personne évoquée. Le CDJ relève qu’il ne fallait pour ce faire pas nécessairement nommer ces sources.
Un renvoi général (« selon certaines sources » par exemple) suffisait. L’article 1 du Code de déontologie prévoit que les journalistes mentionnent les sources de leurs informations dans la mesure du possible et pour autant que ce soit pertinent. Il n’a dans le cas d’espèce pas été respecté.

Or le  problème des sources de ce journaliste se pose pesamment , car il n’y jamais eu d’autres plaintes !

Les enquêteurs le signalent d’ailleurs.

PRO JUSTITIA PV n°.: JU 002321/16 du20/03/2016 (Extrait)
Renseignements :
Nous effectuons une recherche via notre terminal infornatique dans nos modules traitement et information sans obtenir de rétroacte à la piscine communale de Herstal quant à Maitre HISSEL ou des faits d’attentats à la pudeur.

Si l’on se rend compte que le journaliste tient ses informations à partir du contact qu’il a eu avec le Procureur du Roi, Philippe Dulieu, (.23 mars 2016. 9h16…. »Contacté par téléphone, le procureur du Roi de Liège, Philippe Dulieu, confirme notre information… ».) on comprend mieux pourquoi le journaliste se targue de pouvoir invoquer des témoignages.

En effet la 1ère Substitut, quand elle écrit son réquisitoire de Mise à l’Instruction, avertit le juge en ces termes :

J’attire votre attention sur la déclaration du frère qui a reçu les confidences d’un des maître-nageur
qui lui a confié que ce n’est pas la première fois que l’intéressé agit de la sorte
et qu’il faisait l’objet de soupçons de leur part.

FAUX !

Le fait que ce ne soit pas le frère, mais le père de la plaignante qui l’aie dit dans son audition n’empêche pas que l’information soit FAUSSE. Car aucun des deux maîtres nageur ne le dit lorsqu’ils sont entendus.

Interrogés par les enquêteurs fédéraux, aucun des deux maîtres-nageurs, qui auraient pu parler au père, ne dit cela. Bien au contraire l’un dit même ceci :

S.I.: Des clients sont déjà venus me trouver pour savoir si monsieur HlSSEL avait le droit de venir à la piscine. Aucun client n’est jamais venu me trouver pour se plaindre des faits et comportements de monsieur HISSEL. Les personnes qui sont venues me trouver pour savoir si monsieur HISSEL pouvait être présent, se renseignait surtout par rapport aux antécédents judiciaires de monsieur HISSEL.

Quand à l’autre maître-nageur, il dit aux mêmes enquêteurs :

Dans l’entourage de la piscine, mes collègues m’ont demandé de faire attention à Monsieur HISSEL lorsqu’il vient nager, ce que je fais avec lui, comme je le fais avec tout le monde en général. Il s’agit de quelqu’un de très correct qui dit toujours bien bonjour. Je ne discute pas spécialement avec et je n’ai jamais du intervenir à son sujet lorsqu’il venait à la piscine.

Cela en dit long sur la validité du témoignage du père de la plaignante.  Sans doute  partageait-t’il, lui aussi, le vif désir de voir Victor Hissel écarté de la piscine ?

Evidemment, de suggérer aux lecteurs que Victor Hissel faisait une habitude de ce qui lui est reproché dans des allégations qu’il nie fermement, cela permet de combler un vide puisqu’il ne se passe jamais rien lorsque Victor Hissel vient à la piscine. Or tout d’un coup il est accusé par une seule femme d’avoir eu deux fois des geste vis-à-vis d’elle seule, à un an et demi d’intervalle. Victor Hissel serait-il obsédé par elle ? ou le contraire !

J. Dessart

(à suivre)

[i] La mise à l’instruction déclenche la procédure pénale qui passe par la Chambre du Conseil, éventuellement la Chambre des Mises en Accusation, et aboutit à la Correctionnelle.

[ii] Voici l’intégralité de cette déposition PV INITIAL 002321/16

Corps d’audition:
Je me présente en vos bureaux afin de vous signaler l’attentat à la pudeur dont j’ai été
victime. Je me rends régulièrement à la piscine communale de Herstal le dimanche et ce en
famille, soit avec mon frère ou mon père.
J’ai fait une interruption durant environ un an mais je viens de reprendre assidument
depuis janvier 2016.
Je précise qu’il y a un an et demi environ, soit juste avant que j’arrête d’y aller, et
alors que je me trouvais dans le bassin en train de nager j’ai été« touchée» dans l’eau
au niveau des fesses par un autre nageur.
J’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’un accident de nage, car lorsque nous nageons la
brasse il arrive de heurter légèrement un autre nageur lorsque nous nous croisons.
J’ai ensuite été touchée une seconde fois (au niveau de la poitrine) et j’ai constaté
qu’il s’agissait de la même personne. J’ai compris à cet instant que cet acte était
volontaire, donc j’ai changé de couloir pour nager, plus exactement je me suis mise à
l’opposé de cet homme dans la piscine. J’ai alors averti mon frère de la situation
afin qu’il regarde si cet homme me suivait.Quelques instants plus tard,
j’ai remarqué que cet homme nageait à nouveau à côté de moi.
J’ai fait particulièrement attention à ne plus lui laisser l’occasion de me toucher
lorsque nous nous croisions. J’ai fini par rechanger de couloir et ai demandé à ce que
mon frère soit attentif quant aux agissements de cet homme.
A nouveau cet individu m’a suivie. J’en ai eu assez et ai décidé de sortir du bassin et
de rentrer chez moi. Les choses en sont restées là.
Ce dimanche, je me suis rendue à la piscine accompagnée de mon frère et de mon
père. Il était environ 10h30 lorsque je suis rentrée dans l’eau. Mon frère et mon père
nageaient aussi.
Subitement j’ai encore été touchée au niveau des fesses. J’ai immédiatement reconnu
l’homme qui m’avait fait cela il y a un an et demi. J’ai apostrophé mon frère qui l’a
aussi immédiatement reconnu. J’ai recommencé à nager environ 20 longeurs en
faisant attention à bien m’en écarter lorsque j’arrivais à sa hauteur.
J’ai ensuite expliqué la situation à mon papa lorsque je suis arrivée près de lui.
Je lui ai désigné cet homme. Mon père s’est approché de lui et ils ont commencé à
discutter en présence des deux maîtres nageurs.
Je suis restée pour ma part d l’autre côté du bassin.
J’ai quitté peu après la piscine et ai décidé de venir déposer plainte.
Je décris cet homme comme suit:
âge : environ 55 -60 ans, blanc de peau, porteur d’une barbe mal taillée, brune ;
Il est ventripotent. Je suis à même de pouvoir le reconnaitre.
Je précise enfin qu’il y avait cette fois un autre homme
avec lui mais qui lui n’a rien fait de répréhensible.
Je ne peux mieux vous renseigner.
[iii] En effet cette condition « de n’avoir aucun contact avec la presse » n’a aucun rapport avec le contenu de l’inculpation. Cela se comprend éventuellement pour l’interdiction de se rendre à la piscine de Herstal pendant trois mois. Mais rien à voir avec des contacts de presse ! Cette condition abusive du maintien en liberté cacherait-elle une crainte ?
[iv] Toute la surface rédactionnelle des journaux du mardi 22 mars avait été occupée par les terribles conséquences des odieux attentats de Bruxelles. Mais dès le mercredi matin les journalistes avaient retrouvé de la place, électronique et papier, pour les petites affaires.

CHRONIQUE D’UN ETE TRES TOLERANT

Cela avait commencé avec une lettre ouverte adressée à l’administrateur général de la RTBF, Monsieur Jean-Paul Philippot, pour manifester mon inquiétude devant l’annonce de la rediffusion de l’émission «  Devoir d’enquête » sur le double dossier Hissel (père et fils). Je n’ai jamais obtenu de réponse de la part de Jean-Paul Philippot. Mais certaines personnes qui avaient pris la peine de signer leur adhésion à ma démarche ont reçu, elles, une réponse de la part du service de médiation de la Rtbf, signée par Françoise de Thier : « …pour autant que de besoin, je vous précise que cette rediffusion s’inscrit pleinement dans les choix éditoriaux de la RTBF dont la mission est d’informer ses téléspectateurs sur toute question d’intérêt public, en totale indépendance et dans  le respect des droits de chacun.»

La RTBF et sa mission d’information ?

Mission d’information focalisée sur un seul homme depuis plus de quatre ans, alors que l’opération Koala, à la suite de laquelle son identité avait été révélée, avait réussi à identifier 170 adresses e-mail de « consultants » belges. Mais cela ce n’était pas d’intérêt public d’en parler.  

Mission d’information qui prétend pénétrer les secrets de la famille Hissel en ne donnant qu’une  seule version, celle du fils lui laissant attribuer la responsabilité de ses propres actes au seul coupable, c’est à dire, sans nuance, sans contradiction, et sans aucune assertion vérifiée, son « horrible » père !

En toute indépendance, est-ce possible ? Quant on ne fait que se couler dans le moule d’un jugement de première instance, frappé d’appel,  que la présidente du tribunal, Béatrice Wilmart avait permis  de filmer intégralement, chose tout-à-fait exceptionnelle ! Il y a, à certains moment, entre la presse et la magistrature, une confusion de rôle qui rend le travail d’indépendance très difficile et pour les uns et pour les autres.

    La présidente du tribunal,en face d’une vingtaine de journalistes et pas moins de 5 caméras : « Le tribunal estime que Monsieur Victor Hissel est bien ici en qualité de citoyen, comme tout un chacun, que la publicité des jugements est bien présente, que la lecture d’un jugement ne signifie pas en avoir une copie, et le tribunal, d’une manière unanime, considère qu’il n’y a pas d’objection à ce que le prononcé soit filmé… ».  (On appréciera donc l’affirmation dans la même phrase  entre «ne pas en avoir une copie » et  «être autorisé à filmer »)

Les MEDIAS et leur mission d’information ?

On peut relayer les décisions de justice, mais quand on se targue d’être le quatrième pouvoir, on peut aussi prendre du recul, les analyser, on peut même, en bonne démocratie, les critiquer.

Rien de tout cela.

 

 

On voit ici dans quelle ambiance s’est déroulé ce procès et qu’il est difficile d’écarter l’hypothèse d’une mise sous pression de la magistrature par les médias.

Dans ce cas-ci on pourrait même parler de surenchère entre la presse et la justice, et précisément dans le cas du double dossier Hissel, où près de 300 articles de presse écrite et  audio-visuelle, ont précédé les procès.

Les nouveaux justiciers

J’ai déjà, dans des articles précédents,  fait part de mon point de vue sur la dérive médiatique par laquelle des journalistes se transforment en  justiciers et prétendent dire la vérité,  avant même les tribunaux. Ce qui crèe une confusion des rôles avec ceux qui ont pour profession de juger et  les rend vulnérables à la pression de l’opinion.   https://hisselsaga.wordpress.com/2012/04/05/a-propos-des-deux-affaires-hissel-vers-un-tribunal-mediatique/

Bruno Dayez, je l’ai constaté cet été, partage à ce propos  la même analyse.  L’avocat pénaliste, chroniqueur connu, avec lequel je n’ai pas toujours été d’accord, soulevant un tollé de la part des têtes à penser de la liberté de la presse, l’a dénoncé violemment, en étant interviewé sur « La Première » Radio (RTBF) : « Il faudrait évacuer la presse des prétoires » pense l’avocat. « Les conditions du travail journalistique font que les impératifs [de la presse] vont exactement aux antipodes de ce qu’exigerait une justice juste. La justice a besoin de sérénité, elle a besoin de se dérouler hors du champ des caméras. A partir du moment où on médiatise une affaire, le mal est déjà fait. On travaille sous le feu d’une actualité qui finalement entraîne moult dérapages. »

http://www.rtbf.be/info/societe/detail_bruno-dayez-il-faut-evacuer-la-presse-des-pretoires?id=7829681 

Quelques jours plus tard Bruno Dayez explicitait, dans une rubrique de la Libre Belgique, sont point vue en employant les mêmes arguments que ceux que j’ai déjà personnellement employés pour dénoncer cette dérive de la presse  dans le rôle de justicier. Voilà ce qu’il y disait : « ….les médias obéissent quant à eux à de tout autres impératifs que la recherche de la vérité et la juste mesure de la peine. Ils leur privilégient, en bref, le spectaculaire, l’émotif, l’instantané. A l’affût du scandale, ils montent systématiquement en épingle ce qui indigne l’opinion, la bouleverse ou la divise. Car, lui étant redevables de leur succès, ils sont quasi contraints de flatter ses instincts les plus viscéraux. Leur objectif est de prendre la justice de vitesse (ce qui ne leur est guère compliqué) pour lui ravir le pouvoir qu’elle a si longtemps détenu en propre : énoncer ce qui doit être tenu pour vrai et pour juste. On est ainsi passé en quelques décennies d’une presse de connivence, qui servait seulement de caisse de résonance à une justice s’exerçant en circuit fermé, à une presse de concurrence, en passe de confisquer à la justice sa force de persuasion. Sans aucun égard, faut-il préciser, pour la présomption d’innocence, ni l’égalité des armes, ni, de manière générale, pour les « droits de la défense » dont les médias ignorent jusqu’à la notion… » (http://www.lalibre.be/debats/opinions/article/758252/les-trois-cancers-de-la-justice.html)

Un fait divers livré « clé sur porte »

C’était plus facile d’amplifier la trame d’un fait divers dont la dramaturgie s’offrait d’emblée comme particulièrement spectaculaire (La Chute du Chevalier Blanc/La trahison des idéaux/la transgression du caractère sacré de l’enfance/ Les souffrances d’un fils/La « tragédie » du parricide/L’avocat étendu sur son seuil/ l’auteur des coups de couteaux victime de son père, tyran domestique…) que de chercher ce que l’on pouvait humainement dire à ce sujet, en rendant sa complexité à l’interprétation des faits.

Les journalistes avaient la possibilité de choisir dans l’éventail  qui va des problèmes de personnalité du fils à la responsabilité totale du père en passant par la situation familiale qui aurait pu inclure d’autres acteurs – a-t-on jamais parlé de la mère ?-  : mais il ont choisi le père uniquement en le rendant abominable. Un travail de destruction totale d’un homme : un lynchage !  

L’indignation, le sentiment d’injustice, le petit écrasé par le(s) grand(s)…etc., font partie, pour moi, des émotions primaires sur lesquelles il est facile de surfer. Ces émotions primaires n’ont, pour moi, de valeur d’humanité que si elles sont revues et reconstruites par une approche de raison et d’analyse, sans quoi l’on pourrait parler, comme le fait Jean-Jacques Jespers, de dérive populiste de la presse[1]. Généralisée, sans résistance intellectuelle cette dérive pourrait devenir dangereuse à terme pour la démocratie.

Faire de la caricature n’est pas une mission d’information. [2]

Vous pensez peut-être que j’exagère en parlant dans cet article de «lynchage» à propos de Victor Hissel, et dans d’autres articles déjà écrits à son propos, de « mise au pilori » ?  

Ces termes font partie du vocabulaire constamment employé par les médias, mais toujours pour en dénoncer d’autres qu’eux-mêmes.

4 juillet : ANONYMOUS

Là où il n’était pas question de laisser « lyncher » des personnes et  où  propos médiatiques étaient beaucoup moins caricaturaux et infiniment plus nuancés,  c’est quand il s’est agit de traiter de l’information selon laquelle à partir du début juillet, ANONYMOUS avait mis sur internet l’adresse IP,  l’adresse e-mail,  le numéro de téléphone  le nom et l’adresse, de plus de 1000 « consultants payants » de sites pédophiles. Immédiatement le caractère de « délation » est mis en évidence, et le souci de protection des enfants passe à l’arrière plan devant l’étalage, accessible pour tous, et même pour l’autorité judiciaire,  de tant de noms de belges ou de hollandais.

Dès le 11 juillet 2012 la RTBF, dans son journal de 19h30 parlait « d’une nouvelle forme de  délation qui peut  avoir des conséquences sur la sécurité publique »  en, diffusant l’interview de Me Etienne Wery, spécialisé dans le droit des médias : « Si ces personnes sont déjà identifiables aujourd’hui, je pense que le procureur du roi doit prendre des mesures pour assurer leur sécurité malgré tout. L’hypothèse n’est pas théorique, l’année passée un site hollandais a mis  en ligne des  noms  et des adresses de pédophiles condamnés, et très vite on a eu peur pour la sécurité de ces gens, qui allaient se faire lyncher par les voisins tout simplement. La même chose risque de se produire ici…. » 

« Ce n’est pas dans l’intérêt des enfants »

Le même jour l’agence Belga avait relayé les propos désapprobateurs du porte-parole officiel de CHILD FOCUS,  fondation pour les enfants disparus et sexuellement exploités : « Dans l’intérêt des enfants, nous devons éviter toute récidive des pédophiles. Pour cela, il ne faut pas que des sanctions, mais aussi un traitement et un contrôle. Si vous clouez quelqu’un au pilori, ce genre de procédure devient totalement impossible. Le résultat en est alors qu’il y a davantage de récidives et de méfaits commis ».

Quelle prise de distance et, tout d’un coup, quelle tolérance par rapport aux interventions de Me Michèle Hirsch, avocate de CHILD FOCUS, s’étant portée partie civile,  au procès  de Victor Hissel, pour consultation de sites pédophiles (rappelons qu’il n’y avait dans son cas ni paiement, ni téléchargement).

 

 

 

 

 

 

– Le Commentateur  (Devoir d’Enquête. RTBF) : L’avocate Michèle Hirsch défend les intérêts de l’association Child Focus dans ce dossier. Pour elle, le comportement de Victor Hissel est gravissime vis-à-vis des enfants :

– Michèle Hirsch : « Les consommateurs de ces films de viol d’enfant ne font que regarder… que regarder… c’est quoi regarder ? C’est être là devant son écran et c’est oublier la réalité de ce qui se passe derrière, la réalité c’est les viols d’enfants en chair et en os, c’est la souffrance, la vraie souffrance donc regarder c’est quelque part violer aussi… »

Il est évident que toute photo renvoie à une réalité, elle n’est pas la réalité mais elle renvoie, et je suis d’accord qu’il fallait dénoncer cette réalité. Je l’ai écrit dans le tout premier article de ce blog. Mais si l’on s’en tient à cette logique là, qui confond un support image avec la réalité « en chair et en os », et qui ne vaut, semble t’il, dans la bouche de Child Focus, que pour  Victor Hissel !) , Anonymous a révélé sur le net l’identité d’au moins 1500 violeurs d’enfants, vivant librement en Belgique et en Hollande !  Depuis, plus rien n’a bougé. La presse n’en parle plus, la police non plus.
 « Si des choses illégales se déroulent sur le net,  c’est à la police d’agir»  disait encore Dirk Depover, le porte parole de Child Focus au mois de juillet.

En a t’elle les moyens ? En a t’elle la volonté ? Aucune enquête n’est jamais partie de la police Belge. Les grandes opérations ont toujours été initiées par d’autres pays. Parce que, souvenez-vous… « il n’existe pas de réseaux pédophiles dans notre pays ! » proclamaient la majorité des médias pendant toute la durée de l’affaire Dutroux.

Encore en début juillet la presse s’est bien empressée de dire que la Belgique n’était en aucune façon concernée, lorsqu’une enquête de la police autrichienne contre la pédophilie sur internet, baptisée « Carole », avait été menée avec succès dans 141 pays. Des centaines de pédophiles avaient été identifiés. En Autriche, 272 pédophiles qui diffusaient des vidéos sur internet ont été démasqués. L’enquête a démarré voici près d’un an. Mais poursuivait l’article sur la base d’un communiqué de l’Agence Belga : « La Belgique n’est actuellement pas activement impliquée », dans l’enquête de pédophilie autrichienne menée par les autorités autrichiennes, a-t-on appris auprès de la police et de la justice. Il n’est « certainement pas exclu » que des Belges soient impliqués mais la Belgique n’a pas encore reçu d’informations sur ce point (par exemple des adresses IP). » (Édité par: 7 sur 7  le 4/07/12 – 11h17  Source: belga.be) 

Ne serait-ce pas parce qu’il est plus convenable de ne pas évoquer le nombre considérables d’honorables citoyens belges ou hollandais qui consultent, téléchargent, achètent, échangent des photos  pédopornographiques, que la mission d’information d’intérêt public des médias belges, s’est focalisée depuis quatre ans sur la personne de Victor Hissel ?  [3]

 

 

 
C’est le constat effarant  qu’une journaliste de Sud Presse-Liège[4] a pu faire en plein mois d’août alors que le Palais de justice était désert pour cause de  vacances judiciaires.

Comment fallait-il interpréter ce titre spectaculaire auquel renvoyait même un encart, avec photo en première page, et un article pleine page à l’intérieur du quotidien ?  Devait-on en déduire que Victor Hissel hantait des prétoires vides, sans pouvoir s’abstenir de pérorer devant des tribunaux imaginaires ? 

Jamais, vu le contexte, ce quotidien Liégeois n’a pu exprimer plus clairement sa volonté d’intervenir dans une procédure disciplinaire en cours, puisque Victor Hissel avait fait appel, bien avant l’été, d’une décision de radiation à son égard, prononcée par le Conseil de Discipline du Barreau de Liège.

 Outre un article truffé d’erreurs et de rumeurs, la pleine page intérieure comprenait les déclarations du fils de Victor Hissel relayées auprès de la journaliste Laurence Wauters, par l’avocat Jean-Louis Gilissen et selon le quel

« Romain n’a jamais compris

qu’il puisse encore plaider »

 Dans le journal, ce titre apparaît en gros caractères, ici réduits, comme si l’avis du fils pouvait être déterminant.

 Tous les avocats dans cette affaire ne sont pas astreints au même silence que Victor Hissel.

J’espère, en finale de cette chronique sur un été « très tolérant »,  que l’Appel de la décision de radiation de Victor Hissel sera examinée avec une totale indépendance et neutralité puisqu’elle sera le fait d’une instance disciplinaire qui sera en dehors de cette ambiance liégeoise détestable.


[1] JJ Jespers parlant devant l’Ordre des barreaux Francophones et Germanophones (Actes du Congrès de l’OBFG Février 2011. Ed Anthémis pge 183 et svtes
 [2]Je suis tellement habitué à l’auto justification des journalistes qui ne fait que renforcer  un pouvoir, souvent abusif, sur la réputation et la vie des personnes, que la lecture de quelques extraits de la jurisprudence en matière d’objectivité me paraît nécessaire pour réaffirmer quelques principes déontologiques.« Il appartient au journaliste de prouver que ses affirmations correspondent à la vérité où, à tout le moins, qu’il a fait les recherches nécessaires pour donner au public les renseignements les plus exacts possibles (…)  Si l’on ne peut exiger du journaliste une objectivité absolue compte tenu de la précarité relative de ses moyens d’investigation, il n’empêche que celui-ci a l’obligation d’agir sur la base de données contrôlées dans la mesure raisonnable de ses moyens » Brux. 9ème Chambre, 20 sept 2001 ; « Si le principe de la liberté de presse consacré par l’article 25 de la Constitution permet aux journalistes de diffuser des informations et d’émettre des critiques, ils se doivent de donner au public des renseignements exacts relativement complets et objectifs et de s’entourer de la plus grande prudence et circonspection aussi bien dans la recherche des informations que dans leur diffusion : ils ne sont pas autorisés à déconsidérer les individus ou à dénaturer les faits qu’ils relatent » Civ.Brux. 14ème Chambre, 10 mars 1998.
Ces principes unanimes dans la jurisprudence devraient-ils être estompés dès qu’il s’agit de faits divers, de secrets de famille, ou tout simplement de ….Victor Hissel ?
[3] Cela me rappelle que j’ai moi-même fait, en 1998, une enquête sur les révélations du Werkgroep Morkhoven à propos du réseau pédophile de Zandvoort et que j’ai vu des dizaines de photos de viols d’enfants et de bébés (oui vous avez bien lu : de bébés) que j’avais demandé à Jean-Yves Hayez, spécialiste de la psychologie juvéno-infantile,  d’authentifier et de commenter devant la caméra de l’émission « Faits Divers TV ».(sans les montrer évidemment !). Dans cette émission était révélée l’existence d’un réseau de pédophiles belges qui opéraient entre Temse (Province d’Anvers) et Madeira, ainsi que  d’un réseau pédophile hollandais, le réseau de Zandvoort, ayant des ramifications dans toute l’Europe,  et qu’un travail acharné du « Werk Groep- Morkhoven », une  association privée sous la direction de Marcel Vervloessem avait réussi à mettre au jour. La presse de l’époque n’a donné aucun écho à cette émission et peu de temps après sa diffusion la seule personne inquiétée par la justice  Parquet de Turnhout) fut Marcel Vervloessem lui-même «  pour détention de matériel pédopornographique)Cette émission est visible sur You Tube à l’adresse suivante

[4] Laurence Wauters LA MEUSE du 9 août 2012.

REPONSE DE FADILA LAANAN, Ministre de la Culture et de l’Audio-visuel, à l’auteur de la lettre ouverte à Jean-Paul Philippot, Administrateur général de la RTBF

L’objet de la réponse  est, rappelons-le, le problème posé par la rediffusion de deux reportages consacrés aux dossiers « Hissel », un an après la première diffusion.

Cette réponse m’est parvenue ce 20 juillet 2012 et se montre très attentive à la démarche entreprise par cette lettre ouverte adressée à 15 autres personnalités du monde médiatique et judiciaire.
Il me paraît important de la faire connaître, d’autant plus que Jean-Paul Philippot n’a toujours pas répondu à la lettre ouverte qui lui était adressée en premier.
Pour la lire : cliquer sur ce lien Réponse de Fadila Laanan

REPONSE AU CSA (Marc Janssen) A PROPOS DE LA REDIFFUSION DES DEUX REPORTAGES SUR LES DOSSIERS « HISSEL »

A ce jour, je n’ai toujours pas reçu de réponse officielle de la part de Mr Jean-Paul Philippot. Je sais seulement qu’une réponse a été envoyée,  par la responsable de la médiation, aux citoyens qui ont soutenu cette démarche en signant une lettre d’adhésion adressée également à l’Administrateur Général de la RTBF.[1] Il s’agit plutôt d’un accusé de réception réaffirmant le droit à l’information, auquel je répondrai dans l’article suivant.
 Sur Face Book, plusieurs avis favorables me sont parvenus  (parmie eux,  Christian Pirard, Aimé Bille, Michel Bourlet, Léon Michaux, Catherine Godard (Collectif RTB89), et Jean-Louis Sbille, qui donne cours de « Critique des Médias » et qui se propose de se servir du texte de la lettre ouverte pour travailler avec les étudiants.
Parmi les quinze autres destinataires de la lettre ouverte, personne n’a répondu sauf André Linard, secrétaire général du CDJ (Conseil de déontologie journalistique) qui a envoyé un  accusé de réception, comme l’a fait également  Me Robert De Baerdemaeker, président de de l’OBFG (Ordre des Bareaux Francophones et Germanophone de Belgique) et  Bernard Hennebert, fondateur de l’ATA ( Association des Téléspectateurs actifs) et de CONSOLOISIR ( Défense des droits des consommateurs culturels), qui a mentionné sur Face Book son entière adhésion au texte de la lettre ouverte.  Marc Janssen, président du CSA (Conseil supérieur de l’Audiovisuel), qui a eu l’extrême obligeance de rédiger une lettre circonstanciée et argumentée[2] à laquelle cependant je réponds dans la suite de cet article.
Le principal argument proposé à la réflexion par Marc JANSSEN était que le droit à l’oubli, dans la diffusion d’informations par les médias, avait été reconnu par le  Conseil de l’Europe dès 2003, mais ne pouvait être invoqué qu’après l’exécution de la peine, ce qui, pourVictor Hissel ne serait valable qu’après octobre 2016, puisqu’il a été condamné en octobre 2011 à 10 mois de prison avec un sursis de 5 ans.
J’ai donc répondu ceci.

A Monsieur Marc Janssen

Président du CSA

Objet : rediffusion du reportage «  Le dossier Hissel » dans le cadre de l’émission « Devoir d’Enquête »  sur la RTBF

Monsieur le Président,

D’abord merci pour votre réponse argumentée. Je vous suis d’autant plus reconnaissant que MonsieurJean-Paul Philippot, à qui était adressée la lettre ouverte me laisse encore actuellement sans réponse, négligeant ainsi tout citoyen à partir du moment où il ne participe plus au « pouvoir » audio-visuel.

En ce qui concerne votre réponse sur le droit à l’oubli, je ne peux qu’en prendre acte en soulignant cependant que l’évocation de ce principe n’est qu’une partie des questions que je pose. La principale étant le harcèlement dontVictor Hissel est l’objet de la part de la RTBF, en particulier. Lorsque l’on parle de son fils, ce n’est que pour rappeler sa faute et sa condamnation. Je peux le prouver puisque sur les trois années au cours desquelles Victor Hissel n’est plus en contact avec son fils, chaque fois que son fils doit passer devant le tribunal pour des choses qui ne concernent plus du tout le père, le rappel en détail de ce pourquoi le père a été condamné est fait. Mais ce n’est qu’un exemple de rededondance caractérisée, qui touche plus un système de propagande qu’une véritable information.

Là où pour la plupart des faute commises par des adultes leur anonymat est soigneusement préservé (par exemple, le médecin ivre qui a écrasé un jeune homme : on préserve soigneusement son identité, et je comprends pourquoi : il  faut préserver le restant de sa vie professionnelle !), pour certains autres la répétition incessante du  nom, de la profession et des antécédents judiciaires équivaut à une  « mise au pilori » permanente. C’est dans cette répétition sans raison adéquate à la valeur informative qu’il y a, pour moi, « pilori ».

Il y a là un véritable débat de société qui me paraît absolument indispensable.

Lorsque j’ai publié la lettre ouverte sur FACE BOOK, le  procureur du roi honoraire, Michel Bourlet, dont le récent livre «  La traque au loup » évoque toutes les manipulations de ses propres interviews par la RTBF, approuve le contenu de la lettre ouverte en ces termes :

« …sans parler de la manipulation des images, des dates, des faits etc…, pour arriver à faire croire à leur vérité, alors que celle-ci est démontrée, pièces à l’appui, comme étant l’exact contraire; et bien sûr, en tenant la contradiction sous silence. Dans le cas Hissel, cet acharnement tient de la haine! »

Et j’attire votre attention, sur ce qui me paraît se placer en dehors de toute déontologie, en tout cas celle que j’ai pratiquée pendant 30 ans. Il y a de la part des journalistes qui ont produit et monté ces reportages une véritable instrumentalisation du fils, fragile comme on sait, et qui depuis la dernière diffusion de ce reportage a plusieurs fois été en état de « démence passagère», pour mieux diaboliser le père.

Le consensus général dans lequel tout cela se passe, non seulement m’écœure mais m’inquiète au plus haut point relativement à la déontologie globale de la presse actuelle, qui semble considérer tout cela comme normal, dès qu’il s’agit de certaines personnes dont Me Hissel.

Vous me direz : adressez-vous donc au nouveau Conseil de Déontologie. C’est déjà fait. Il s’agit de la Plainte 23-11. Et j’ai pu analyser la réponse qui me fut faite :  » plainte déclarée non fondée« , par un survol peu détaillé et parfois faussement documenté.(La réponse « bâclée » du CDJ a été analysée dans mon article https://hisselsaga.wordpress.com/2012/04/04/deposer-plainte-au-cdj-cela-vaut-il-encore-la-peine).

Je pense que pour juger de la déontologie des journalistes, nous pourrions avoir d’autres instances plus compétentes et performantes, sans compter que je ne connais que peu de journalistes qui oseraient donner raison à un citoyen contre leurs confrères (voyez les statistiques du CDJ, les plaintes citoyennes sont déclarées fondées à 1 ou 2 %, et encore, partiellement, alors que les plaintes déposées par les journalistes eux-mêmes le sont toutes.)

Reste donc la nécessité pour les consommateurs d’informations de s’associer comme en France (« Les indignés du Paf »), comme en Belgique (« RTBF89 »), avec comme objectif obtenir des médias responsables et de qualité, dans un contexte où je m’étonne que rien de tout cela ne fasse débat.

Encore une fois, permettez moi de vous remerciez, et de vous remettre mes salutations les plus distinguées.


LETTRE OUVERTE A Jean-Paul PHILIPPOT, Administrateur Général de la RTBF (restée à ce jour, sans réponse)

Avertissement: Je viens d’apprendre que l’émission concernant « Les Dossiers Hissel » qui m’avait été annoncée pour le 4 juillet passe en fait ce prochain mercredi 20 juin.La programmation aurait-elle été changée ? Étant retraité je n’ai pu suivre l’évolution précise des choses mais cela ne change absolument rien au contenu de la LETTRE OUVERTE A JP PHILIPPOT, qui, s’il m’avait répondu, aurait pu m’éclairer sur la date exacte de cette re-diffusion.

EMBOURG, ce 5 juin 2012

À Monsieur Jean-Paul PHILIPPOT
Administrateur général de la RTBF
Boulevard Auguste Reyers, 52
1044 Bruxelles

Monsieur l’Administrateur,

Concerne : La rediffusion d’une émission par la RTBF

Je tiens à vous faire part de ma préoccupation concernant le cas de Maître Victor HISSEL.

Mes inquiétudes sont fondées sur le fait que j’ai appris tout récemment et de source sûre que, dans le cadre de son émission « DEVOIR D’ENQUETE » du 4 juillet prochain, la RTBF va procéder à la re-diffusion du reportage de 50’00 diffusé le 6 juin 2011 intitulé « Le dossier Hissel, le prix du silence » et dont le contenu est déjà apparu, à d’aucuns, partial, partiel, et à charge, uniquement, de Victor Hissel, qui, un an auparavant, fut déjà l’objet d’un autre reportage de 50’00, unilatéral, et sans qu’il ait eu la possibilité d’y répondre, diffusé le 22 septembre 2010, suite à sa condamnation en Appel.

Pendant cette longue période l’avocatVictor Hissela dû s’en tenir aux recommandations pressantes, des autorités de l’Ordre, de ne pas intervenir dans les médias, compte tenu, quoique père, de sa qualité d’avocat. Il s’est plié au devoir de réserve que lui imposaient et lui imposent encore des procédures toujours en cours. Lui-même n’a pas désiré, non plus, entrer en conflit ouvert avec son fils par l’intermédiaire des médias. Mais ce droit au silence, doit également être respecté par les journalistes et ne les dispensent pas de leur devoir d’analyse et d’objectivité.

Il est un principe, actuellement débattu d’une façon aiguë en ce qui concerne les informations en ligne sur Internet, mais dont la pertinence aurait dû s’appliquer depuis longtemps aux médias, tant nombre de personnes en ont souffert. C’est le principe du « droit à l’oubli » que semble renier toute re-diffusion en dehors de délais raisonnables.

J’ai personnellement été impliqué dans la production de la série d’émission « Faits divers TV », qui fut respectueuse de tout antagoniste, alors que des malheurs, des états psychologiques, des réputations étaient chaque fois en jeu. Jamais je n’ai accepté de procéder à une rediffusion sans en avoir averti les principaux acteurs et obtenu d’eux leur consensus.Victor Hisseln’a jamais été consulté.

Mais il est un autre principe énoncé par des spécialistes du droit pénal : « le but d’une condamnation et d’une peine est de permettre la réhabilitation à terme » . Et donc il existe un droit fondamental à vivre l’apaisement qui doit permettre de se reconstruire une vie familiale et sociale après condamnation.

Cette re-diffusion, qui ne fait même plus partie de la liberté d’informer, puisque totalement redondante, et qui va s’accompagner de communiqués de presse et de bandes annonces, ne va pas dans le sens de l’apaisement nécessaire dans une période cruciale où une instance disciplinaire d’appel doit encore décider de l’avenir professionnel deVictor Hissel, – la RTBF voudrait-elle faire pression, qu’elle ne s’y prendrait pas autrement !

Il est cependant est d’autres motifs de préoccupation.

Cette démarche est d’autant plus déroutante et contestable qu’à de nombreuses reprises la RTBF a souligné que Romain HISSEL était une personnalité fragile et nécessitait des soins.

Le simple bon sens devrait considérer qu’être à nouveau hyper-médiatisé et utilisé pour donner « sa » version et « sa » vision de son père, ne saurait d’aucune manière bénéficier à Romain HISSEL. Et on peut se demander quel psychologue ou psychiatre pourrait soutenir le contraire.

En conclusion, et comme je sais que les changements de mentalité, individuels ou institutionnels, sont souvent le fait de la résistance de certains, dans des cas particuliers, je me permets de formuler une demande pressante pour que la RTBF montre qu’elle peut promouvoir une information digne, dans la responsabilité et la qualité, et qu’ainsi elle soit pionnière dans le respect des principes repris, entre autres, dans la déclaration européenne des Droits de l’Homme et la Constitution belge et notamment

– Droit à mener une vie conforme à la dignité humaine

– Droit de ne pas être exposé à des traitements inhumains et dégradants

– Droit à un procès équitable

– Droit au respect de la vie privée

Je laisse à la RTBF, à son Administrateur général, à la Direction de l’information et à ses Unités de production le soin de montrer le degré d’humanisme dont elle est capable

José DESSART
Journaliste.
Auteur du blog « Humeur et respects »
118, voie de Liège
4053 EMBOURG

Cette lettre ouverte est envoyée également à

  • MonsieurJean-Pierre JACQMIN, Directeur de l’Information à la RTBF
  • Monsieur Daniel Brouyère, Directeur de l’Unité de Production Magazines
  • MessieursGérard RoggeetRobert Neys, Co-Editeurs du Magazine Devoir d’Enquête
  • MonsieurAlain Gerlache, Secrétaire général de la CTF, Chroniqueur et spécialiste des Médias à la RTBF
  • MonsieurMarc JANSSEN, Président du CSA
  • MonsieurAndré LINARDSecrétaire Général du CDJ
  • MonsieurMarc Lits, Directeur de l’Observatoire du récit médiatique, UCL
  • MonsieurJean-Jacques JespersChercheur en communication et déontologie des médias, ULB
  • MonsieurBernard Hennebert, coordinateur de l’ATA, (association des téléspectateurs actifs)
  • MonsieurEric LEMMENS, le Bâtonnier de l’ordre des Avocats du Barreau de Liège
  • MonsieurPatrick HENRY, ancien Bâtonnier de l’ordre des avocats du Barreau de Liège
  • MonsieurRobert DE BAEDERMAEKER, Président de l’OBFG
  • MonsieurJean-François ISTASSEPrésident de la Commission de la Culture et de l’Audiovisuel
  • MadameFadila LAANAN, Ministre de la Culture et de l’Audio-visuel

VICTOR HISSEL RADIE DU BARREAU. Mais il fait appel.

LA PRESSE ENFIN APAISEE ?

Peu de commentaires dans la presse  où la plupart des articles se sont montrés purement factuels pour annoncer la condamnation, cette fois-ci, “de ses pairs”,  pour atteinte à la “dignité de la profession d’avocat”. Même si la saga n’est pas finie, puisque Victor Hissel va en appel de cette décision, la plupart des articles refont pour la xième  fois, à grands traits, l’historique –bien incomplet, et orienté- de la carrière de celui qui fut “notamment” ,disent-ils, l’avocat qui avait défendu les parents de Julie et Melissa, qui s’était présenté comme “le chevalier Blanc de la lutte contre la pédophilie” et fut l’une “des figures les plus en vue du mouvement blanc”.

Ainsi, croit-on sentir une certaine forme d’apaisement d’une presse qui a tellement évoqué, voire espéré,  la “radiation” comme fin de parcours pour un Victor Hissel, qu’elle n’a jamais beaucoup aimé, même si des formules actuellement utilisées le place  “ au firmament”, lorsqu’il était l’avocat des familles Lejeune et Russo (J.La. dans la Libre Belgique du 30.03.2012).

A moins qu’elle ne soit atterrée du « crime » commis avec sa complicité ?

Et muette de consternation !

LE TARIF ?

Toutes ces allusions  rappellent, pour le  moins, que la sanction qui vise à le détruire professionnellement ne s’explique pas seulement par la condamnation, en cour d’appel,  à dix mois avec sursis pour consultation d’images pédo-pornographiques.

Sur le plan professionnel, personne n’a jamais eu à se plaindre de la façon particulièrement incisive, compétente et même courageuse et généreuse avec laquelle il a toujours défendu ses clients. Jusques et y compris depuis son inculpation et sa condamnation.

Et quand on voit le tarif selon lequel certains autres avocats ont été sanctionnés, on ne peut que constater qu’il y a disproportion flagrante entre la faute et la sentence.

« ATTEINTE A LA DIGNITE DE L’ORDRE »

Bien sûr, le fait que Victor Hissel utilise tous les moyens de défense, comme il le ferait pour n’importe lequel de ses clients, peut passer pour de l’arrogance et une absence de remord.

Mais il y a aussi que cette “atteinte à la dignité de l’Ordre” ne peut s’expliquer que par l’exceptionnelle médiatisation dont Victor Hissel a  été l’objet. On peut compter jusqu’à 500, au moins, les  articles  de presse, outre les séquences et les émissions télévisuelles,  qui occupèrent l’espace médiatique entre son inculpation en février 2008 et la décision de sa radiation du barreau, en passant par la tentative de parricide dont il a été l’objet et où son droit à l’image a été totalement méprisé par la presse unanime, qui a décidé que tout ce qui concernait Victor Hissel, comme les photos de lui, étendu, inanimé, sur son seuil, après avoir été poignardé, devait être publié, sans aucun respect de la vie privée !

Il y a eu un acharnement médiatique visant à le détruire socialement, mais pas seulement médiatique, judiciaire aussi !

JUSTICE LIEGEOISE

Tout se passe dans l’arrondissement judiciaire où toutes les démarches de Victor Hissel pour aider les parents de Julie et Melissa à retrouver à temps leurs filles, ont été, à l’époque, jugées intempestives. Le référé déposé en décembre 95 (on n’est pas encore dans l’affaire “Dutroux”, mais dans l’affaire de la disparition de deux fillettes, ce dont la presse ne faisait pas grand cas à l’époque) pour permettre aux parents l’accès au dossier de l’instruction tenu par la Juge Martine Doutrewe, a été reconnu recevable mais non fondé.

Décision incompréhensible maintenant que le statut des victimes a pu progresser grâce à ces coups de boutoir pionniers dans l’institution judiciaire, pour qui les victimes n’avaient qu’une chose à faire : attendre patiemment et laisser travailler les professionnels !

C’est justement parce que les parents ne voulaient pas, ne pouvaient pas attendre, et que leur avocat refusait d’être celui qui leur ferait prendre patience, qu’il fallait que Dutroux soit enfin arrêté et que Julie et Melissa soient retrouvées…évidemment trop tard ! Parce que jusqu’alors, toutes, mais toutes les affaires de disparitions d’enfants, s’estompaient dans l’oubli et la résignation des parents. Les parents de Julie et Melissa ne se sont jamais résignés et leur avocat non plus. Au Palais certains estiment même que c’est ce qui a “tué” Martine Doutrewe décédée en 1999.[1]

Ce qui est vrai c’est que si l’on est en droit de considérer que les avocats font intégralement partie de l’institution judiciaire, Victor Hissel, de par la nécessité devant laquelle il s’est trouvé de lui trouver des failles, de trouver les stratégies juridiques susceptibles de compenser ses lenteurs et ses dysfonctionnements, s’est positionné, par la même occasion, à distance de l’institution qui le nourrissait, quitte à être considéré comme en dehors de celle-ci.

Est-ce un hasard si, exceptionnellement pour un avocat qui s’appelait Victor Hissel, la Juge de première instance a permis à la presse filmée d’enregistrer tout son prononcé concluant à la condamnation de l’avocat (jugé non en tant qu’avocat mais en tant que personne privée, cette fois) à  dix mois de prison ferme. Qui plus est, une autre Juge du Tribunal  Correctionnel de Liège, saisie du dossier de la tentative de parricide de Romain Hissel, a permis également à la presse de tout enregistrer de son prononcé, par lequel elle acquittait  le fils et faisait du père le véritable accusé et responsable des coups de couteau reçus. Cela confinait à l’instrumentalisation du fils pour mieux accabler le père, avocat de surplus. Et cela n’a jamais, semble-t-il, été considéré comme portant atteinte à la dignité de la profession d’avocat !

PUBLICITE RECHERCHEE ?

Il faut bien distinguer la période pendant laquelle, de fin juin 95 à août 96, les petites étaient portées disparues et où après six mois de recherches policières les autorités judiciaires liégeoises s’apprêtaient à réduire les effectifs et à mettre l’enquête en attente…d’éléments nouveaux, et d’autre part l’affaire “Dutroux” à proprement parler qui n’a éclaté  que lors de son arrestation le 13 août I996. Pendant la disparition des petites et la recherche éperdues de la part des parents et de leur avocat, tout leur effort était d’alerter les médias qui n’accordaient pas grande attention à ce “fait divers” qui relevait de la “fatalité”. Il en a fallu des efforts pour que les journalistes fassent le déplacement vers Grâce Hollogne.

Quant à la deuxième période, celle de l’affaire Dutroux,  on ne peut pas dire que, si la presse  y a consacré, quasiment, un quart de son volume dans les premières semaines de l’affaire, puis une attention permanente à tous les soubresauts de l’enquête,  à la commission d’enquête parlementaire, au procès etc… ce soit la faute de Victor Hissel dont on a dit qu’il recherchait la publicité !  Historiquement et mentalement, il est absurde de raisonner de la sorte !

“MON COMBAT ETAIT SINCERE”

Avec les regrets pour cette addiction coupable survenue dans une période noire de sa vie, regrets exprimés chaque fois qu’il sortait d’une audience et qu’il était assailli de questions par les journalistes, la seule initiative qu’il ait prise  vis à vis de la presse  est  d’avoir contacté un journaliste pour lui dire “ mon combat était sincère”  [2]

D’ailleurs maintenant que la mise hors course définitive de l’avocat Victor Hissel est en vue, d’aucuns s’accordent à le lui reconnaître. Ainsi Michel Gretry : “ L’homme a protesté de sa sincérité dans son combat, peut-être engagé avec cette rage, précisément pour vaincre son passé. Il a exprimé ses regrets. Il n’a pas pu éviter une condamnation, en cour d’appel, à dix mois avec sursis”  [3]

Son engagement aux côtés des parents des deux petites victimes de Dutroux fut total.

Aux dépens de sa famille ! C’est son fils lui-même qui l’a déclaré au journaliste de Ciné-Télé-Revue[4] : « Il ne s’occupait que de l’affaire Julie et Melissa. Pas de moi, ni de notre famille. Ou en tout cas très peu. (…) Je lui reproche de ne pas s’être comporté comme un père normal. »

UNE PRESSE DE QUALITE ?

Je ne suis pas fier, en tant que journaliste, de la façon dont la presse a suivi les faits et gestes de Maître Hissel depuis son inculpation. Tout a été  prétexte pour tirer de lui le portrait le plus négatif possible. Tout,  même la tentative de parricide dont il a été victime, jusqu’à la plus insipide des –fausses- anecdotes (“ Victor Hissel voulait représenter le Barreau à un colloque sur la cybercriminalité !”), les chroniqueurs judiciaires relayant la moindre rumeur, le moindre éternuement, le moindre chuchotement  des couloirs du Palais.

Si ce n’est pas du harcèlement ça y ressemble. Mais quand la presse a utilisé sans recul, sans analyse critique, le contenu des procès verbaux de l’instruction d’abord, puis les déclarations unilatérales  de son fils, de sa fille et de sa femme, alors qu’il était astreint, comme avocat au silence, puis le contenu des enregistrements des deux prononcés de première instance (un pour le procès du père, l’autre pour le procès du fils), on était carrément dans le lynchage médiatique.

J’ai personnellement réagi plusieurs fois à cette dérive. J’ai écrit une carte blanche adressée à tous les grands journaux, et qui fut chaque fois refusée[5]. J’ai porté plainte devant le Conseil de Déontologie Journalistique avec les résultats que j’expose sur ce blog. [6]

UN NOM CONNU FAIT LE BOUC EMISSAIRE.

Beaucoup de ceux qui ont fait beaucoup plus que Victor Hissel, mais occupent une position « honorable » dans la société, ont pu bénéficier et de l’anonymat et du silence de la presse.

Le dossier de l’opération Koala, celle par laquelle l’avocat a été repéré, contient l’adresse électronique de 170 belges. En avez-vous entendu parler ?

Plus récemment, en décembre 2011, au cours de l’opération d’Europol nommée “Icare”, cent douze personnes ont été arrêtées dans 22 pays d’Europe. En Belgique, dix-neuf suspects ont été identifiés dans huit arrondissements judiciaires, une personne a été arrêtée.[7]

La presse belge a-t-elle donné les noms ?

Aucun ! Et à juste titre : il faut que toutes ces personnes puissent continuer à travailler et à vivre !

J’ai même entendu Kroll dans le revu et corrigé du Mise au Point du 25 avril 2011 piquer une humeur en faveur de DSK : “ Il a bien le droit de continuer à vivre, de penser, de travailler, de s’exprimer !”

Mais pour Victor Hissel, après l’acharnement, après le lynchage, la radiation ne soulève aucune parole.

Il fallait bien qu’il paie pour plus que pour la faute pénale et morale.

Il paie pour tout ce qu’il a fait avant, dans le dossier de la disparition de Julie et Melissa.

Il fallait qu’il paie pour tous le demi millier d’articles paru dans les presse, pour les émissions télévisuelles faites à charge.

Et pour la presse consommatrice de noms, d’adresses, de détails sordides, il paie pour tous ceux qui restent anonymes et dans le secret des instructions.

On achève bien les chevaux connus… en silence !

POSTFACE

Et pendant ce temps-là, on se demande toujours s’il faut interdire ou pas la diffusion des sites pédophiles. Ainsi on peut lire ceci sur le site du Parlement Européen :

http://www.europarl.europa.eu/news/fr/headlines/content/20110218STO13923/html/Les-députés-européens-pour-la-suppression-des-sites-de-pornographie-infantile

« Près de 200 nouvelles images de pornographie impliquant des enfants apparaissent sur le Web tous les jours. Selon les députés européens, les Etats membres ne vont pas assez loin pour lutter contre la pornographie infantile. Les autorités devraient être en mesure de supprimer les pages indésirables ou de les rendre inaccessibles dans le cas où elles sont hébergées en dehors de l’Union Européenne, estiment les députés de la commission des libertés civiles du Parlement européen. »

On était le 23 février 2011

José DESSART


[1] On peut mesurer le ressenti des milieux judiciaires liégeois  à la lecture d’une article de Marc Metdepenningen, écrit le 19 avril 199, se référant à des prises de positions de certains journaux, notamment flamand, placés, semble-t-il sous  l’influence de la « curée  blanche » , dont on veut maintenant que Victor Hissel ait été la « figure de proue » !!!

En voici un extrait :

Affronter le cancer n’était pas sa seule bataille.

Ce n’est pas un cancer «privé» qui a finalement emporté Martine Doutrèwe. Sa maladie avait été accaparée dès 1997 par ses détracteurs pour alimenter encore la thèse d’un grand complot dont la juge d’instruction aurait été le bras de justice. Le 11 février 1997, le journal flamand «De Standaard» affirmait en une: «La maladie de Doutrèwe semble inspirée par des motifs tactiques et ne survient pas de manière inattendue». «La reine des glaces malade après un rapport critique d’Anne Thily», surenchérissait le «Nieuwsblad», qui traçait une ligne claire entre les métastases qui rongeaient la juge et une lettre de la procureur général de Liège Anne Thily au ministre de la Justice évoquant «la froideur de la juge» à l’égard des parents de Julie et Melissa.

Robert Bourseau, le président du tribunal de première instance de Liège, se vit obligé de lever le voile sur l’état de santé de la juge: «L’attitude adoptée par d’aucuns depuis des mois l’a à ce point affectée que sa santé en a été profondément ébranlée et qu’atteinte d’une grave maladie, elle se voit contrainte d’abandonner toutes ses fonctions».

«J’ai envie d’envoyer mon bulletin médical à ceux qui pensent qu’il s’agit d’une maladie diplomatique. C’est tellement vil!», fit savoir la juge.

Affaiblie par la maladie, Martine Doutrèwe l’était aussi par la cote de «femme la plus haïe de Belgique» que lui avaient taillée sur mesure la commission Dutroux et la curée blanche qui demandaient des têtes plutôt que la simple vérité.

Le «permis de haïr» délivré à l’encontre de la juge lui imposa de lutter sur tous les fronts. Menacée de mort, elle dut être placée sous protection, elle et sa famille. Sa vie privée fut pillée sans vergogne. D’aucuns crurent trouver dans les ennuis judiciaires de son mari (son nom est cité dans le dossier Comuélé, une escroquerie immobilière), l’explication de l’échec de l’enquête Julie et Melissa. Ses notes personnelles furent détournées afin de mieux encore l’exposer à la vindicte publique. Face à ce déchaînement, la justice liégeoise fit le gros dos et opposa un esprit de corps rigoureux, peut-être malhabile, qui fut perçu comme une protection supplémentaire.

Pendant ce temps, la maladie progressait impitoyablement. Les membres de la commission Dutroux, qui se targuaient de «tout savoir», avouent pitoyablement aujourd’hui n’avoir jamais rien su du cancer qui rongeait Martine Doutrèwe. Ils auraient pris des précautions à son égard, invoquent-ils, suggérant qu’une cancéreuse déclarée aurait mérité l’équité dont n’a pas bénéficié la juge condamnée à l’avance.

[2]  A Roland Planchar dans la Libre Belgique du 25 novembre 2008
http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/462441/me-hissel-mon-combat-etait-sincere.html

[3]  Michel Gretry sur le site RTBF info «  Retour sur la carrière de Maître Hissel »

http://www.rtbf.be/info/regions/detail_retour-sur-la-carriere-de-maitre-hissel?id=7739831

[4] in Cine-Tele-Revue du 5 janvier 2011.

VICTOR HISSEL : POURQUOI LUI EST-IL DEFENDU DE DEFENDRE ? A propos de son écartement de la cour d’assises.

J’ai lu dans LA MEUSE-VERVIERS, de ce 20 février 2012, page 6, l’éditorial de Françoise Peiffer,  dont la pertinence mérite cette citation :

« Mardi, Eric Lemmens, le bâtonnier estimait qu’ayant été condamné à 10 mois de prison avec sursis pour détention d’images à caractère pédopornographique, Me Hissel  ne pouvait plus défendre Bruno Werner. Mis à part les soupçons d’abus sexuel émis par des témoins suédois, personne, pas même le médecin légiste n’a pu établir que la fille de Bruno Werner avait été victime d’inceste. Lors du procès, l’inculpé n’a jamais été sommé de s’expliquer sur ces possibles gestes. Surprenant. Evoquées dans l’acte d’accusation, ces suspicions ont disparus  du réquisitoire de l’avocat général Pascale Schils. Pourquoi dès lors a-t-on écarté Victor Hissel ? »(1)

Et de poser courageusement la question dès le titre : « Me Hissel éjecté à cause de la pression médiatique ? »  en  mettant directement en relation la décision du Bâtonnier, Eric Lemmens,  enjoignant à Victor Hissel de se dessaisir du dossier qu’il plaidait en assises, dans l’affaire du triple homicide familial commis par Bruno Werner,  et le reportage de RTL-TVI, qui la veille,  dans le JTV de 13h00 et de 19h00, posait la fausse question : POURQUOI VICTOR HISSEL PEUT-IL ENCORE PLAIDER ?

Une fausse question, une vraie pression.

Les journalistes (Vincent Jamoulle et Marc Evrad), qui ne semblent pas lâcher Victor Hissel d’une semelle,  y rappelaient que Victor Hissel, pour ceux qui l’ignoraient encore, avait été condamné à 10  mois avec sursis pour détention d’images pornographiques, y révélaient  que le bâtonnier  avait, à ce sujet,  ouvert  une enquête disciplinaire devant le conseil de discipline et que la décision était attendue pour le 8 mars prochain.

En fait, cette information, qui jusque là était restée confidentielle,  ne faisait que confirmer que  Victor Hissel était toujours avocat de plein exercice.

Mais les journalistes insistaient car ils avaient obtenu une autre information selon laquelle il y avait pour Victor Hissel  une interdiction d’intervenir dans les dossiers de pédophilie, ce qui est faux. Tout au plus s’agissait-il d’une recommandation. Or, disaient les journalistes,  dans l’affaire qu’il plaide aujourd’hui (le reportage date du lundi 13 février), l’accusé est suspecté par le ministère public de faits d’incestes sur sa fille, l’une des trois victimes !

Pourtant, aucun élément concret  ne figurait au dossier, aucune prévention n’était formulée  à l’encontre de l’accusé.

Mais il fallait bien donner une consistance aux rumeurs.

« Des voix s’élèvent pour dénoncer le fait que Victor Hissel, condamné pour détention d’images pédo-pornographiques, puisse encore plaider à Liège, là même où il a été poursuivi. », pouvait-on lire sur le site de RTL en regard de la vidéo sur laquelle on peut cliquer pour voir ce reportage !(2)

Des voix !

Et le commentaire journalistique de terminer  la séquence en disant : «  Du côté du bâtonnier, pas de commentaires aujourd’hui (sic !). Mais, continuent les journalistes, qui veulent à tout prix mêler les deux affaires dans leur conclusion, les avocats de Victor Hissel, estiment que la justice belge a confondu consultation et détention  d’images pédopornographiques, ils viennent d’introduire un recours auprès de la Cour européenne des droits de l’homme » (2)

En matière d’amalgame peut-on faire mieux ?

Eh bien oui.

Dès le lendemain, cédant aux pressions des journalistes qui le pressaient, en outre, de se laisser interviewer, après qu’il ait enjoint à Victor Hissel de se retirer du procès,  lui, qui avait déjà ordonné le silence à l’avocat, le bâtonnier, Eric Lemmens, disait qu’il avait eut connaissance la veille d’un fait nouveau, à savoir  « qu’ au cours de la lecture de l’acte d’accusation, il est apparu qu’il y avait de manière sous-jacente, une accusation de faits de mœurs et pas n’importe quels faits : il s’agit d ‘inceste et de pédophilie. Je l’ignorais et je l’ai découvert lundi. Il m’est  alors paru inimaginable que ce soit Me Hissel, à qui on reproche des actes du même ordre, qui assure la défense  de l’accusé. (…) » ( Interview Martine Vandemeulebroucke. Le Soir du 15.02.12 pg 9) (3)

Des actes du même ordre !

Cette confusion est regrettable dit Benjamin HERMAN dans LE JOUR-LE COURRIER du 16 février 2012 :

«  ….Oui, Victor Hissel a probablement dépassé quelques limites. Mais non, il n’est pas le Diable. Il a été écarté du procès parce que l’instruction pointait la possibilité d’attouchements sexuels de l’inculpé, Bruno Werner,  sur sa fille. Dire qu’il y avait suspicion serait même exagéré. Simplement des éléments de l’enquête avaient soulevé la question.  Dans son réquisitoire, d’ailleurs, l’avocat général n’a pas fait la moindre allusion à la chose. Et pourtant…De nombreuses voix se sont permises de créer des amalgames fâcheux entre la situation personnelle de Victor Hissel et celle de son client. C’était facile, bien sûr. Mais regrettable, vraiment. »(4)

La brusque intervention du bâtonnier  au second jour du procès, est apparue tellement inhabituelle, intempestive et disproportionnée que la presse en a perdu l’unanimité qui s’y manifestait, dans le passé, dès qu’il s’agissait d’une des affaires Hissel.

«  UNE NOUVELLE GIFLE POUR VICTOR HISSEL », titrait  LA MEUSE, le présentant, cette fois, plus comme victime que comme «tyran », tandis que dans LE SOIR on pouvait lire sous le titre « LE MAUVAIS PROCES FAIT A MAITRE HISSEL ET AU MEURTRIER »(2) dans l’ édito de Marc Metdepenningen :

« A entendre le bâtonnier, il aurait découvert , à la lecture de l’acte d’accusation que M. Werner, l’accusé, pourrait être soupçonné de faits d’attouchements sur sa fille assassinée ; des suspicions fragiles pour lesquelles, il n’est pas poursuivi. Victor Hissel (…) était sous  le coup d’une interdiction de plaider dans une affaire de moeurs. (NDLR : ce qui est faux). Il était dans son droit d’être en cette  affaire, aux côtés de Xavier Magnée. La sortie du bâtonnier Lemmens est stupéfiante. La lecture à l’audience de l’acte d’accusation sur lequel il s’appuie pour justifier son indignation tardive (« une attitude nuisible à la justice et au barreau ») était à la disposition des parties depuis des semaines. Et l’affaire commentée depuis trois ans.(…) »(5)

Trois ans ! Il est nécessaire de resituer cette affaire dans la durée.  C’est effectivement il y a trois ans et demi que  Bruno Werner a consulté Victor Hissel, en août  2008, et lui a demandé d’être son conseil en vue du procès d’assises.

On est loin de l’image  d’un Victor Hissel, excité, se jetant sur la première affaire d’assise  à sa portée, pour faire parler de lui. Et pourtant cela traverse encore l’opinion publique si l’on en croit les interventions des internautes sur les forums qui suivent les articles mis en ligne.

C’est pourquoi j’estime qu’il est important à ce stade de faire la chronologie de l’intervention de Victor Hissel dans cette affaire.

CHRONOLOGIE

Me Hissel mandaté par Bruno Werner

Victor HISSEL est intervenu pour la première fois à ses côtés juste un an après le drame, soit devant la Chambre du Conseil de Verviers du 28 octobre 2008.

Il était alors son troisième conseil.

Et c’est donc en pleine connaissance de la situation personnelle de Me HISSEL (inculpé en février 2008) que Mr WERNER, l’a appelé à sa défense.

A la demande de la sœur de l’accusé, Me MAGNEE est intervenu à son tour, en septembre 2009, essentiellement dans l’optique de la future cour d’assises.

Me MAGNEE a exigé toutefois, avant d’intervenir, que Me HISSEL reste également au dossier. C’était aussi le vœu de Mr WERNER, unilingue germanophone, dès lors notamment que Me MAGNEE ne pratique pas l’allemand, que Me HISSEL maîtrise parfaitement.

Une instruction interminable

Depuis le début de l’instruction, le Juge JAMIN s’est convaincu que le mobile avancé par l’accusé pour expliquer le drame, soit les difficultés financières, n’était pas le vrai mobile des faits. Il a d’emblée cherché à établir – en vain – le mobile « mœurs », soupçonnant l’accusé d’avoir commis des faits de mœurs à l’égard de sa fille.

Cet élément était donc connu de tous les intervenants depuis le départ, de même que le fait que cet élément n’a pas été retenu en termes de prévention, , ce qui en définissait ainsi les limites.

Me Hissel plaide en Chambre des mises en accusation…et obtient la remise en liberté de son client.

Ainsi, le fait que Me HISSEL était – et allait rester – le conseil de Mr WERNER pour la future cour d’assises ne pouvait être ignoré d’aucuns de ceux qui, de près ou de loin, s’intéressaient à l’époque, soit à ce dossier WERNER, soit à la situation de Me HISSEL, puisqu’au moment du règlement de la procédure d’instruction, et du renvoi du dossier aux assises, en mai 2011, Me HISSEL a plaidé – seul – en chambre des mises en accusation, et a obtenu – décision qui a entraîné une véritable commotion dans les milieux judiciaires verviétois, et même liégeois, et dans la région de PLOMBIERES – la remise en liberté de l’accusé jusqu’au moment du procès à tout le moins, en raison de la trop longue durée de l’instruction et du délai avant le jugement.

Certes, les médias ont volontairement tu, ou minimisé l’événement, en raison de la présence de Me HISSEL ; mais le monde judiciaire était parfaitement au courant.

L’étonnement tardif du Bâtonnier

Il est dès lors surprenant que le Bâtonnier LEMMENS (élu en juin 2011 au bâtonnat de Liège, et donc vice-bâtonnier depuis un an) puisse prétendre, non seulement qu’il ignorait cet élément, mais même qu’il ignorait qu’une cour d’assises où interviendrait Me HISSEL allait avoir lieu en février 2012.

D’autant plus que Victor Hissel avait demandé et obtenu, en janvier 2012,  une entrevue avec  le bâtonnier lui-même, pour prévenir tout incident lors de cette session de cours d’assises.

Des rumeurs circulaient en effet au Palais selon lesquelles tant le Président de la Cour, Mr GORLE, que l’avocat général P. SCHILS qui allait siéger, s’inquiétaient de cette situation.

Il faut croire toutefois qu’ils n’en ont pas alerté le chef de l’ordre des avocats, comme il eut été logique de le faire, puisque ce dernier prétend qu’il ignorait la chose au moins jusqu’à l’entrevue de  janvier 2012.

De même, si la question du mobile « mœurs » avait réellement posé problème – quod non, puisqu’à part dans son acte d’accusation, l’avocat général n’en a plus parlé lors de ses réquisitions, et qu’il n’en est fait, à juste raison, aucun écho dans l’arrêt de condamnation – on peut légitimement se demander pourquoi ni le parquet général, ni la Cour n’en ont fait état au bâtonnier.

En outre, rien n’interdisait au bâtonnier, dès lors qu’il paraissait soucieux de la présence de Me HISSEL à cette cour d’assises, de s’informer.

Me  Hissel interdit de parole.

Il a préféré se contenter, lors de cet entretien de janvier,  d’imposer à Me HISSEL un silence absolu, et une interdiction totale de contacts avec la presse à propos de ce procès.

On peut du reste s’interroger sur la légitimité d’une telle mesure, en regard de l’obligation faite à tout avocat de défendre son client partout où cela est nécessaire, y compris face à la presse (voir Arrêt de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (5° section) du 15 décembre 2011 (!), en cause d’une avocate française MOR / FRANCE).

C’est donc très interpelant d’entendre le bâtonnier LEMMENS justifier son intervention du mardi 14 février 2012, en faisant valoir la composante mœurs du dossier, et excuser sa tardiveté, en parlant « d’élément nouveau » !

De son côté, Me HISSEL n’a pas pu – et ne peut toujours pas – donner sa version des faits, puisqu’il était et reste interdit de parole !

C’est pourquoi j’ai tenu à vous faire le présent compte-rendu des événements, tels que je les connais. José DESSART

(1) http://archives.sudpresse.be/analyse-me-hissel-ejecte-a-cause-de-la-pression_t-20120220-H3P5XM.html?queryand=Hissel&firstHit=0&by=10&begYear=2012&begMonth=02&begDay=21&endYear=2012&endMonth=02&endDay=22&sort=datedesc&when=-1&pos=0&all=764&nav=1

(2) http://www.rtl.be/info/votreregion/liege/856354/condamne-pour-detention-d-images-pedopornographiques-l-avocat-plaide-toujours

(3) http://archives.lesoir.be/assises-de-liege-l-avocat-quitte-la-defense-de_t-20120215-01U042.html?queryand=ERIC+LEMMENS+b%E2tonnier&firstHit=0&by=10&when=-1&sort=datedesc&pos=1&all=16&nav=1

(4) http://www.lavenir.net/article/detail.aspx?articleid=DMF20120218_00119923

(5) http://archives.lesoir.be/le-mauvais-proces-fait-a-victor-hissel-et-au-meurtrier_t-20120215-01TZW4.html?queryand=ERIC+LEMMENS+b%E2tonnier&firstHit=0&by=10&when=-1&sort=datedesc&pos=0&all=16&nav=1

AFFAIRE CHEBEYA, UN CRIME D’ETAT ? Un film de Thierry Michel.

J’ai été très impressionné par le filmde Thierry MICHEL «  L’affaire Chebeya ».

(Le 2 juin 2010, Floribert Chebeya, 
militant congolais des Droits de l’Homme 
est retrouvé assassiné dans sa voiture. 
Plusieurs policiers sont arrêtés et un procès 
a lieu. Seul journaliste international présent durant le procès : Thierry Michel et sa caméra)

Nous avons peu d’informations sur ce qui se passe réellement en République Démocratique du Congo.  En fait il y a beaucoup d’informations mais les médias occidentaux en font peu de cas. Il faut voir ce film parce que plus qu’aucun commentaire il fait ressentir quasiment dans les tripes ce que peut être la menace de mort  que fomentent  sourdement  les polices et les pouvoirs  dont l’impunité  se joint à l’arrogance, au déni et au mensonge, sur tous ceux qui osent prendre la parole « au nom des sans voix » comme Floribert Chebaya, ardent défenseur des droits de l’homme face à des pouvoirs qui ne les reconnaissent pas. Ce qui m’a le plus touché ce sont ceux qui, courageusement, après l’assassinat de Philibert Chebaya ont repris ce combat pour que les Congolais puissent vivre debout. Mais que de menaces pèsent sur eux . Nous leur devons beaucoup.

Actuellement dans les salles

Liège 21 mars Le Parc

Lundi 21 mars 2012, au cinema Le Parc à Liège, un débat a suivi la projection du film de Thierry Michel “ L’Affaire Chebeya, un crime d’Etat?”  qui relate le procès des auteurs de l’assasinat de Floribert Chebeya militant charismatique des Droits de l’Homme, en République Démocratique du Congo, retrouvé mort  le 2 juin 2010 à Kinshasa.

Ce débat a été organisé par le jeune barreau de Liège et animé par Jean-Pierre Jacques, en présence de Me Joseph Mukendi wa Mulumba, Bâtonnier de Kinshasa et de Jean-Charles Paras, représentant  de l’organisation “Avocats sans frontières”.

Ce débat a été enregistré. Vous pouvez y avoir accès   Sur Dailymotion

(1)http://www.dailymotion.com/video/xpna64_l-affaire-chebeya-un-crime-d-etat-un-debat-liege-21-mars-2012_news

(2) http://www.dailymotion.com/video/xpnh4p_l-affaire-chebeya-un-crime-d-etat-debat-avec-me-mukundi-liege-21mars-2012-2eme-partie_news

 ou   sur You TUBE (1) http://youtu.be/xkMsh1BdSCc       (2) http://youtu.be/H_GnCAWBlUo

PROCHAIN FILM+DEBAT

Jeudi 29 mars ESPACE DELVAUX  (La Venerie) Watermael-Boitsfort

Diplomatie et coopération

Soirée film + Débat

Après la projection du film : 

L’affaire Chebeya, un crime d’Etat ?

Le  débat  « RDC – Etat de droits, Raison d’Etat »

A l’issue de la projection du film « L’affaire Chebeya, un crime d’Etat ? » Louis Michel, ex Commissaire Européen à la Coopération et ex Ministre des Affaires Etrangères, ainsi que plusieurs députés et sénateurs s’interrogeront sur les limites du droit d’ingérence lors de violations manifestes des Droits de l’Homme dans des pays soutenus politiquement et économiquement par la Belgique et avec lesquels nous avons des partenariats en termes de coopération et de réduction de la dette.

Nos pays sont-ils complices de ces assassinats, de ces dénis de démocratie, de ce soutien à des régimes peu scrupuleux en matière de droits humains. Ou nos gouvernements font-ils du néo-colonialisme en dénonçant et exigeant le respect des droits de l’homme dans les pays avec lequel ils entretiennent ces relations privilégiées.

Quelle ligne de conduite adopter en matière de diplomatie et de coopération dans les cas de non-respect des règles démocratiques et d’atteintes brutales aux droits fondamentaux tels que ceux définis par la convention universelle des droits de l’homme.

Le débat sera animé par 

Benoit van Maele –  Ex président Ligue des Droits de l’Homme

Intervenants

Louis Michel – Député Européen MR

ex Ministre des Affaires Etrangères

ex Commissaire Européen à la Coopération

Georges Dallemagne  – Député CDH

Jacky Morael – Sénateur Ecolo

Dirk Van der Maelen – Député SPa 

et 

Maître Joseph Mukendi wa Mulumba – Bâtonnier de Kinshasa

Coordinateur du collectif d’avocat – Procès Chebeya

Thierry Michel – Cinéaste et Journaliste

Auteur du film « l’affaire Chebeya, un crime d’Etat? »

Lieu

Cette soirée aura lieu à L’Espace Delvaux    3, rue Gratès (pl. Keym) à 1170 Watermael-Boitsfort   Téléphone: 32 2 663 85 50

Réservations : tél / fax 32 2 672 14 39

Email : info@lavenerie.be

 Voiture = grand parking couvert et gratuit en face

Stib =  bus 95, 41 & 17 ( arrêt Keym ) Métro = Beaulieu + bus 17 Train = gare de Watermael + 500m    Taxi = station sur la place Keym 02 349 49 49

 Itinéraire

Plan Google

 Site officiel http://www.chebeya-lefilm.com/