Denis ROBERT aurait dû être élu » HOMME DE L’ANNEE » , alors que la plupart des médias l’ont ignoré. Connaissez-vous l’affaire Clearstream ? Non pas la deuxième, par laquelle Villepin a été mis en difficulté en France. Mais la première, qui a débuté avec la publication du livre » REVELATIONS » dans lequel Denys Robert, journaliste, avec Ernest Backes, un témoin de l’intérieur du système, a révélé les coulisses de la finance internationale, l’histoire secrète d’une association de banques se livrant à des activités clandestines de dissimulation de comptes au nom d’institutions les plus honorables, de complicité avec les banques mafieuses, circuits de blanchiments et d’évasion fiscale…Pour quoi « Homme de l’année 2011 » ? Parce qu’après 10 années de combat, simplement pour survivre, face à de puissantes actions de Clearstream et autres institutions citées dans son livre, qui sur la plan judiciaire ont voulu le réduire au silence, c’est en février 2011, que Denis Robert a pu enfin obtenir de la Cour de cassation de Paris trois arrêts lesquels son enquête est reconnue comme sérieuse, de bonne foi et au service de l’intérêt général ! Mais à quoi sert de gagner le droit de parler en toute liberté si les médias continuent à l’ignorer, alors que, tant ce qu’il dénonce est énorme, ce devrait faire l’objet, à tout le moins de commissions d’enquêtes parlementaires en France, en Belgique et au Luxembourg et autres pays…
Il était cependant donné une conférence à l’ICHEC, à Bruxelles le 27 octobre dernier. A part une interview radio, par Eddy Kakelberg dans l’émission « Face à l’info » aucun autre média n’en a fait écho.
Aussi il me paraît important de relayer ici un article très documenté de Victor Hissel, qui assistait à cette conférence. Ainsi nous ouvrons dans ce blog » Humeurs et respects » une nouvelle rubrique que nous intitulerons simplement » CRISE »
» AUX ARMES, CITOYENS « (1)
par Victor HISSEL
Connaissez-vous Denis ROBERT ?
Et les affaires « CLEARSTREAM » ? Ou les HAWALAS ?
Peut-être « L’APPEL DE GENEVE » alors ?
Ou les trois arrêts de la Cour de Cassation de France du 3 février 2011 en cause de « D. ROBERT c/ CLEARSTREAM ET AUTRES » ? [2]
Faisant preuve à la fois d’une indépendance sans concession et d’un courage juridique que l’on aimerait déceler chez la nôtre, la Cour de Cassation de France a mis fin, par ses trois arrêts susdits, à 10 années de longs, âpres et couteux combats en justice dudit Denis ROBERT, (ex-Libération), écrivain, auteur de films et documentaires, mais surtout vrai journaliste d’investigation (si, si, il en reste, mais voyez à quel prix !) contre la nébuleuse CLEARSTREAM, société de droit luxembourgeois, « chambre de compensation » des transactions financières internationales (comme sa « sœur » EUROCLEAR à Bruxelles), au chiffre d’affaires de 11 trillions d’euros (11 avec 12 zéros, ou encore 11.000.000.000.000 €), et ses affidés, parmi lesquels le journal « LE MONDE », son ancien directeur Edwy PLENEL ou Philippe VAL (ex-Charlie-Hebdo), et leurs avocats dévoués, dont notre confrère parisien Richard MALKA, conseil de CLEARSTREAM et de … Charlie Hebdo !
La Cour suprême du pays des Droits de l’Homme, de la Révolution de 1789 et de la devise fondamentale « LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE » a donc jugé que les travaux d’investigation de Denis ROBERT étaient faits tout à la fois «dans l’intérêt général, avec sérieux, et de bonne foi ».
10 ans de lutte pour pouvoir (enfin, librement) s’exprimer, publier ses livres, diffuser ses films, distribuer ses documentaires, et en donner tous commentaires utiles à qui voudra les entendre.
Sans risquer les procès en diffamation, en calomnie, en responsabilité (il a dû mener pas moins de 62 procédures de tous ordres, avant de gagner devant la Cour de Cassation).
Et il était à Bruxelles, l’autre jeudi (27 octobre), invité à l’IHECS (Institut des Hautes Etudes des Communications Sociales), présenté par le Sénateur Jean CORNIL, sur le thème attrayant « UN JOURNALISTE FACE AUX BANQUES ».
Dans l’après-midi, il était reçu par l’Association belge des Journalistes, qui tenait son assemblée générale.
Le croirez-vous ?
A part les étudiants de l’IHECS, aucun journaliste n’assistait à sa conférence, et notre « bonne presse » n’y a donné aucun écho, ni avant, ni après sa conférence !
Si les étudiants n’avaient pas été là, la salle eut été quasi vide.
Pourtant, ce qu’il avait à dire était fort intéressant.
L’auteur de « LA JUSTICE ET LE CHAOS » (STOCK, 1996), {qui donna « L’APPEL DE GENEVE » avec, entre autres, les magistrats VANRUYMBEKE (France), BERTOSSA (Suisse), GARZON (Espagne) et … DEJEMEPPE (Belgique)}, de « REVELATION$ » (2001), « LA BOITE NOIRE » (2002) et, bien sûr, « CLEARSTREAM, l’enquête » (2006) et « TOUT CLEARSTREAM » (2011), ou encore du documentaire « LES DISSIMULATEURS » (2001), nous a conté les résultats de ses recherches, sa bataille judiciaire contre les prédateurs financiers, et son espoir de voir les autorités nationales et européennes intervenir bientôt pour mettre bon ordre à cette situation, préjudiciable à tous les citoyens de l’Union Européenne et du monde.
Mais de quoi s’agit-il ?
« Le principe de base de tout Hawala est de faire circuler l’argent dans un réseau d’agents de change (les hawaladars) : un client donne une somme d’argent à l’un de ces agents, qui contacte l’agent le plus proche du destinataire de cette somme et lui demande de lui verser cette somme (moins une commission, généralement) en échange de la promesse de la lui rembourser plus tard.
Ce système fonctionne sans transmission de moyen de paiement (outil de représentation de valeur, comme la monnaie), en reposant entièrement sur la confiance existant entre les agents du réseau. » (Wikipédia – hawala).
CLEARSTREAM ou EUROCLEAR sont les HAWALAS modernes, des chambres de compensation des transferts internationaux de fonds (parfois considérables, cfr leur CA – celui de EUROCLEAR, sur lequel D. Robert n’a pas enquêté, est de 21 trillions d’euros).
Rien de répréhensible, a priori.
Sauf si certaines opérations sont occultées, voire occultes.
C’est précisément ce que les investigations de notre « TINTIN » moderne ont mis à jour, à partir des confidences et documents de deux « insiders » de CLEARSTREAM, entretemps remerciés (si je puis dire).
En peu de mots, il a pu vérifier que certaines (grosses) opérations financières ne laissaient aucune trace chez CLEARSTREAM (à l’instar des HAWALAS), par le biais de pannes informatiques délibérées, ce qui permettait de réaliser des transactions illégales, voire mafieuses (comme par ex. le transit des fameuses « commissions occultes » liées aux tout aussi fameuses « vedettes de Taiwan »).
Autre exemple frappant : CLEARSTREAM aurait pu empêcher la faillite de l’état d’Argentine, en 2001-2002, comme l’explique le journaliste dans son livre « LA BOITE NOIRE », que je ne puis mieux faire que de citer dans le texte (ce sont les pages 314 et 315) :
« Le 10 décembre 2001, l’agence Reuters de New York lâchait dans une de ses premières dépêches, à propos de la crise soudaine en Argentine : « Le bruit a couru que l’Argentine n’a pas pu faire face à une échéance de 40 millions d’euros. Mais Clearstream, la société de clearing, a confirmé que cette dette avait été réglée… » Voilà une dimension de Clearstream qui nous avait échappé. Il est quand même extraordinaire que dans les premières lignes des premières dépêches à propos de la crise argentine, on cite Clearstream. La multinationale luxembourgeoise gère quantité de fonds appartenant aux banques et entreprises argentines. Dans ses bureaux, à Luxembourg, on devait forcément savoir que l’Argentine accumulait une dette infernale. Clearstream a laissé spéculer et spéculer encore, les banques et les entreprises argentines ; elle a joué les prêteurs, et les apprentis sorciers. La dette du pays est aujourd’hui équivalente au montant de l’évasion fiscale à l’étranger. Les journalistes du monde entier découvraient une Argentine en dépôt de bilan. Plus de salaires payés, plus rien à manger, des émeutes, une monnaie de singe. Un effondrement.
C’est dire où peut mener l’utilisation, sans limites et sans contrôles extérieurs d’outils comme Clearstream. Si Clearstream a laissé spéculer, c’est parce que ses clients lui avaient donné l’ordre de spéculer. Et que rien, visiblement, ne pouvait empêcher ces ordres. Clearstream est devenue indispensable sur toute la planète. C’est son côté tentaculaire. C’est dire son pouvoir. Son influence. La manière dont elle est utilisée par les banques. Quand on a 10 euros, on spécule sur 100. Les banquiers font l’essentiel de leurs profits sur ce calcul virtuel. Leur activité repose à 90% sur des opérations qui ne sont basées que sur de la spéculation. Ce que l’on cache au Luxembourg dans des comptes non publiés, ce sont des écritures comptables qui n’ont aucune justification économique. Sinon celle de la fuite en avant de ce que les banquiers appellent « les futures ». Voilà ce que j’ai compris. Voilà aussi à quoi sert Clearstream. C’est dire à quoi nous nous attaquons. Si Clearstream n’était plus gérée par des banquiers mais par des instances démocratiques indépendantes, si Clearstream se contentait de faire de la compensation et de surveiller l’état des comptes de ses clients, il aurait été facile de prévenir cette déroute argentine. Là pourrait être la véritable fonction d’une boîte noire de la finance internationale. Il ne faut jamais voir Clearstream comme une entité luxembourgeoise déconnectée de son contexte bancaire. Clearstream est une enveloppe, un nom… Un prête-nom. Derrière, on retrouve des banques. Dois-je les nommer à nouveau? Barclay’s, UBS, BNP-Paribas, Deutsche Bank, Merrill Lynch, Intesa, Chase, BIL… Ces mêmes banques qu’on retrouve d’ailleurs perdant des milliards dans le scandale Enron1. Il en va ainsi de cette planète financière. On creuse des trous financiers. Des sociétés laissent des ardoises prodigieuses. On compense. Et les banquiers continuent. ».
Autres citations de ce journaliste d’investigation, qui n’a manifestement pas froid aux yeux, que je ne puis résister à vous faire partager :
1/ Vous connaissez la phrase d’Henri Ford : « Si le peuple comprenait le système bancaire, il y aurait une révolution avant demain matin ».
2/ L’ancien président américain Thomas Jefferson disait que « les institutions bancaires sont plus dangereuses pour les libertés que des armées entières prêtes au combat ». Et Jefferson de poursuivre : « Si le peuple américain permet un jour que des banques privées contrôlent la monnaie, les banques et toutes les institutions qui fleuriront autour des banques priveront les gens de toute possession jusqu’au jour où leurs enfants se réveilleront, sans maison et sans toit, sur la terre que leurs parents ont conquis ».
3/ « si Sarko repasse en France, ce sera l’insurrection »[3].
L’auteur conclut que « nous y sommes ».
D’où mon titre, puisque je partage son analyse.
(à suivre)
« BIBLIOGRAPHIE » (pour ceux que le sujet intéresse)
– http://fr.wikipedia.org/wiki/Denis_Robert
–http://www.rue89.com/2011/02/08/denis-robert-bat-clearstream-la-fin-dune-vraie-censure-189458
– http://fr.wikipedia.org/wiki/Hawala
Les trois arrêts de la cour de Cassation de France :
http://www.rue89.com/sites/news/files/assets/document/2011/02/Denis_Robert_Documentaire.pdf
http://www.rue89.com/sites/news/files/assets/document/2011/02/Denis_Robert_Documentaire.pdf
http://www.rue89.com/sites/news/files/assets/document/2011/02/Denis_Robert_Livre_2.pdf.pdf
– http://www.article11.info/?Richard-Malka-avocat-mediatique
– http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Justice_ou_le_Chaos
–http://actualite.lefigaro.fr/commissions-vedettes-taiwan.html

