Le pourvoi en Cassation de Victor Hissel, pour cause de procès inéquitable, vient d’être rejeté par la Cour (ce 27 octobre 2011).
Le texte de l’arrêt n’est pas encore connu dans son intégralité.(Il a été impossible de l’obtenir du greffe parce qu’il n’était pas signé !!!!)
Voici le texte lu par Victor Hissel devant la Cour :
Monsieur le Président,
Madame et Messieurs les Conseillers,
Monsieur l’Avocat Général,
Je me suis longuement interrogé sur le sens de ma présence ici ce matin.
Etre là, devant vous, c’est vous montrer que je fais face.
Pour donner à ce procès la dimension humaine qu’il comporte, qu’on le veuille ou non, au-delà des aspects purement procéduraux de l’exercice.
Pour entendre l’avis du Ministère public.
Pour le réconfort d’entendre ma défense aussi.
Ou alors :
Me faire discret ; éviter un nouveau cirque médiatique.
Ne pas devoir à nouveau refuser de répondre aux médias, puis me le faire reprocher.
Rencontrer le vœu de certains aussi, de choisir l’ombre, où j’aurais, pensent-ils, dû rester depuis le début.
Peut-être ne pas paraître provocant, en m’imposant à vous.
Je suis venu vous dire que derrière tout procès, même, et sans doute surtout en cassation, il y a une dimension humaine, qui doit prévaloir.
Cette parenthèse triste et honteuse de ma vie, que je regrette sincèrement, est définitivement fermée, la page tournée, le tunnel franchi, la vie devant et l’espoir au bout du chemin.
Je veux vous dire aussi, sans pudeur – à quoi bon, dans mon cas- ma peine et ma souffrance, pour les miens, broyés par mes choix, pour mes proches, présents malgré tout, pour le barreau, auquel je tiens décidément, pour la Justice aussi, que je veux continuer, comme par le passé, à servir au mieux, aussi paradoxal que cela puisse sembler.
Une justice vraie se doit d’être sereine.
On ne peut nier que j’ai subi tout au long de la procédure tous les excès qu’on peut imaginer : fuites organisées par le parquet, lynchages médiatiques à répétition, parti-pris de magistrats, acharnement des uns et des autres, …
Ces multiples manquements aux exigences de la CEDH sont autant de violations du procès équitable, auquel, comme tout citoyen de ce pays, comme tout justiciable, j’ai absolument droit.
Sans toutes ces violations – sans chacune d’elles – les décisions rendues auraient-elles été les mêmes ?
Vous êtes le dernier rempart contre l’arbitraire.
J’ose enfin vous adresser une ultime requête : que l’on veille à me réserver, plutôt qu’à la presse, la primeur de votre arrêt.
Le 26.10.2011 Victor HISSEL
La Justice et les médias: Transformer la réalité pour cacher la vérité