Au procès de Romain Hissel , même sa défense a été prudente dans ses plaidoiries.
Ce qui s’est dit dans la falmille avant et après la tentative de parricide n’a été évoqué par Me Gilissen et Me Wilmotte qu’avec circonspection, entourant les allégations de cette forte formule : c’est ce qui a été dit à Romain, c’est ce que Romain croyait, c’est ce qui a contribué forger sa détermination à vouloir en arriver là.
C’était la réalité, oui, mais celle de Romain Hissel. La presse quasi unanime et en a fait « la » réalité, sans aucune distance, sans aucune analyse sans même dire que pour toutes ces allégations Victor Hissel n’avait jamais été entendu durant les deux années d’instruction.
Même le témoignage de la soeur de Romain a été évoqué par Me Wilmotte en ces termes :
« Elle est venue nous dire ce qu’elle avait à dire avec un sentiment de soutien pour son frêre »
Me Gilissen quand il évoque les allégations qui ont construit la réalité de Romain dit : » Il sait ce que son père a fait, il sait ce qu’il est capable de s’être attaqué à son oncle, on ne sait pas si c’est vrai…mais il le croit. Oh Il n’y a jamais eu de la part de son père vis à vis de lui, aucun geste mal placé. Il n’y a jamais eu cela, mais il veut en protéger d’autres… »
Soit les journalistes qui écrivent les titres et les articles ne sont pas les mêmes que ceux qui ont assisté à l’audience, soit ils n’écrivent que pour nuire à un homme : Victor Hissel. Tout à sa charge. Rien à sa décharge.
Pas un mot sur le réquisitoire mesuré et équilibré, pour cette fois-ci, du ministère public, faisant la part des motivations de l’acte parricide.
Le silence de Victor Hissel durant l’audience était loin d’être un aveu.
Un seul journal semble l’ avoir compris : « Vers l’Avenir.be » ( 30 mars 2011) ose, honnêtement, faire état de la déclaration finale de Victor Hissel au procès :
// LIÈGE – A la fin de l’audience du tribunal correctionnel de Liège, l’avocat liégeois Victor Hissel a tenu mercredi à s’adresser à son fils, Romain, qui comparaissait pour une tentative de parricide.
Romain Hissel, 22 ans, est poursuivi pour des coups et blessures à sa soeur le 21 mars 2009 et pour une tentative de parricide commise le 9 avril 2009 contre son père, l’ancien avocat des parents de Julie et Melissa. Le parquet a requis une peine de 5 ans de prison assortie d’un sursis probatoire.
« Je suis là en tant que père », a tenu à préciser Victor Hissel à la fin de l’audience.
« J’ai choisi de ne pas envenimer les choses, de ne pas répliquer par rapport à ce qui a été dit. Je suis ici parce que je veux qu’on tourne la page. Je suis très heureux de savoir que Romain va beaucoup mieux. Je veux qu’il s’en sorte. Je veux bien lui présenter des excuses, lui demander pardon, si ça peut l’aider », a-t-il déclaré.
« C’est pour ça que je suis là. Ce qui importe, et ce qui me réjouis, c’est qu’on est tous là, en vie. Pour l’avenir, je lui fais confiance. Je suis avec lui depuis 22 ans. Je suis fier de mes deux enfants. Je les ai désirés et je continuerai de les aimer », a-t-il poursuivi.
« Tout ce que je peux dire, c’est que le fameux dossier (l’affaire Dutroux, ndlr) que j’ai porté à bout de bras, il a aussi pesé sur eux. Je regrette tellement d’avoir vu la souffrance de Julie et Melissa et de ne pas avoir vu celle de mes enfants. J’aimerais dire à Romain que l’avenir reste possible, que je lui tends la main pour un pardon réciproque. »
Se constituant partie civile pour 1 euro provisionnel, Victor Hissel a finalement réduit sa constitution à 1 euro définitif sur proposition de la partie adverse.
Il semble impossible d’avoir jamais une information dans ce pays. A lire la presse au moment du procès en instance de Victor Hissel, on ne pouvait pas savoir qu’il avait des avocats et surtout s’ils avaient plaidé et ce qu’ils avaient dit. Pas un mot.
Dans ce cas-ci, il semble aussi qu’il n’y ait pas moyen de savoir ce qui s’est vraiment dit. Alors où est-il ce droit que nous avons à être informé ?
Je n’arrête pas d’entendre parler de droit à l’information qui justifie le droit de la presse à tout dire.
D’une part, je voudrais rappeler ce que l’on me répète sans cesse depuis l’école primaire : ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre. J’ai moi aussi été très choquée par la prise de photos de Victor Hissel blessé et recevant des soins à un moments où l’on craignait pour sa vie. C’est tout à fait indécent.
D’autre part, quand je vois à quel point l’information dans ce cas-ci comme dans d’autres est donnée de façon subjective, partielle, tronquée, je me dis que si le droit à l’information (dans le respect) existe, nous ne pouvons pas l’exercer puisque ce que la presse donne, ce n’est pas de l’information, ce n’est pas la relation des faits ou des paroles prononcées avec éventuellement une analyse qui n’engage que son auteur, c’est plus souvent un ramassis de suppositions au conditionnel pour être inattaquables, pas souvent vérifiées ou infirmées après enquête, rarement voire jamais soumises à la contradiction, le tout à l’abri du sacro-saint secret des sources.
Qu’on me comprenne bien, je sais que le secret des sources est indispensable mais si nul n’est cru sur parole en justice et doit apporter des preuves de ce qu’il allègue, n’importe qui peut dire n’importe quoi dans la presse. Ne faudrait-il pas prévoir une possibilité de contrôle de ces sources, par un comité de journalistes qui agirait comme un ordre professionnel (cf ordre des médecins, des architectes ou des avocats, par exemple) ce qui permettrait de respecter le secret des sources tout en évitant les abus et en garantissant une information digne de ce nom dont actuellement nous sommes bien loin.
NOUS DEFENDONS VICTOR HISSEL
‘Romain Hissel explique que son père consultait des photographies pédophiles depuis très longtemps’ écrivait Sarah Rasujew dans La Dernière Heure de 6.1.2011
Mais n’oublions pas la manière dont Victor Hissel (le père de Romain qui parlait d’un réseau pédo-criminel dans l’affaire Dutroux) a été brisé par la presse, porte-parole de la Justice belge !
On a même publié les photos où on voit comme Victor Hissel est à moitié mort dans une mare de sang. Et les photos étaient de nouveau accompagnés par des commentaires horribles.
Si la presse et la Justice belges avaient respecté les droits de la défense de Victor Hissel, Romain Hissel n’aurait jamais poignardé son père. La presse et les journalistes corrompus sont responsables pour ce drame familiale.
Et Child Focus jouait un sale rôle dans cette affaire en devenant partie civile
pour Romain Hissel qui est dépeint comme une victime d’un père avec des tendances pédophiles.
Il est trop facile de dire que Romain Hissel est devenu ‘la victime d’un père qui était obsédé par l’affaire Dutroux et qui n’avait pas du temps pour son pauvre fils’.
Merci pour cet avis. Vous employez le terme « corrompus » pour les journalistes. Ce terme ne convient pas, selon moi. Il s’agit plutôt de partialité, de non-objectivité, de journalisme-sensations, de journalisme justicier…
qui me fait honte !
Au procès, pendant l’interrogatoire du prévenu, et pendant le réquisitoire du ministère public, il a été clairement dit que Romain Hissel, pendant une longue période avant son acte, était consommateur de stupéfiants et d’alcool.
« Maintenant, plus – at’il précisé -, j’ai changé » ! J’ajoute cette phrase parce il faut préserver l’avenir d’un jeune homme qui a sans doute beaucoup souffert.
La presse à sensation aurait pu tout aussi bien en faire ses titres ! Je les vois d’ici! Pour d’autres prévenus elle ne s’en est pas privée !
Elle l’a peut-être fait pour préserver l’avenir du jeune homme. Mais en entrant dans cette contradiction : que la destruction du père n’est pas nécessairement un gage d’avenir pour le jeune homme. Imputer tout ce qui lui est arrivé à son père n’est peut-être pas la meilleure façon, pour lui, n de se prendre en main.
La presse a fait son choix parmi tout ce qui a été dit à l’audience.
Elle a préféré continuer sa charge destructrice d’avenir contre l’ ancien avocat de Julie et Melissa, commencée dès le 18 février 2008.
A la lecture de votre billet d’humeur, je me demande si vous et moi, nous avons assisté au même procès….
Je ne prétends pas, dans ce billet d’humeur, retracer tout ce que fut ce procès, mais faire la différence entre les expressions employées par les avocats de Romain Hissel, eux-mêmes, et les affirmations péremptoires des journalistes et des titreurs, qui ne laissent aucune chance à Victor Hissel.
Le métier de journaliste consiste aussi à prendre ses distances et peser ce qu’il faut affirmer comme des réalités.
J’ai rédigé cet article d’humeur pendant la nuit après avoir lu les articles sur les sites « INFO.be » des différents médias et surtout après avoir vu le JTV de RTL.
Ce matin devant les articles de la PRESSE ECRITE, je pourrais-être plus nuancé.