INTERVIEW DE ROMAIN HISSEL dans le Ciné-Télé-Revue du 7 janvier 2011.

« Il faut qu’on arrête de fantasmer ou de supposer ceci ou cela » Romain Hissel.

« Ce qui m’a dérangé, c’est qu’on raconte n’importe quoi (…) Je parle pour éviter les malentendus, pour éclaircir un petit peu la situation… »

Voilà pourquoi le fils de Victor Hissel a accepté de parler à Thomas Longrie, journaliste de l’hebdomadaire Ciné-Télé-Revue.

Quatre pages de propos francs,lucides et courageux, parlesquels Romain Hissel montre une certaine maturité dans l’expression de nuances et une conscience de la complexité des causes. Ce que ne paraissent pas avoir saisi les auteurs des articles de presse (RTL-TVI, Agence Belga, Le Soir, La dernière Heure) qui parlent de cette interview pour n’en reprendre que des phrases tronquées,vidées de leur formulation  prudente,  et pour reconstruire, à leur manière, le portrait caricatural de Victor Hissel.

Donc,  dans ces bribes de presse, extraites de l’interview, presque émouvante de Romain, vous ne pourrez pas lire les trois passages où Romain parle de l’affaire Dutrouxcomme un des facteurs de déstabilisation et de souffrance,  puisque la recherche de Julie et Melissa accaparait complètement son père et le rendait absent, sans pouvoir, aux seuls moments rares où il était présent, se comporter vis-à-vis de son fils comme un père « normal ». Il y a aussi dans l’interview le moment où le journaliste lui demande :

 Avez-vous été abusé par votre père ?

Jamais. Là, je veux être clair, très ferme ! Il y avait des problèmes mais pas de cela ! Il n’a jamais eu de gestes de ce genre vis-à-vis de moi, ou envers quiconque à la maison.

Pour ne rien occulter (mais il faut lire l’interview dans son intégralité) Romain Hissel parle aussi de son trouble profond (mais pas « traumatisme ») pour avoir découvert à 7 ans une revue pédo-pornographique dans le fond du tiroir principaldu bureau de son père. Il parle aussi de ce qu’il a ressenti  des manières de s’exprimer de son père (« Il y avait des manières de s’exprimer, des allusions…Une espèce de posture par rapport au sexe qui ne me semblait pas normale. En fait ce n’était pas difficile de comprendre qu’il y avait un problème. D’une certaine manière, je crois pouvoir dire qu’il semblait le manifester avec une certaine fierté. Oui, je répète le mot fierté. Je dirais qu’il était fier d’être tordu. Pas en permanence ! Mais à certains moments ça se sentait… »),  mais il dit aussiavoir  appris vers 10-11ans que son père avait été abusé dans son enfance dans son environnement familial (  » Tout ça n’a pas été mis à plat entre nous « )Il mentionne  aussi des situations violentes ( «  pas fréquentes, mais le problème c’est que ça arrivait sans raison… »)

Ce qu’il y a,  c’est qu’il faut lire l’interview, mais la lire dans son intégralité, et suivre cette recherche hésitante, prudente et sincère du fils pour être vrai avec son ressenti, son vécu, et sa perception du père, qu’il devrait idéalement  compléter maintenant avec une vision plus interrelationnelle et globale de sa famille.

En finale,  je ne pourrais que reprendre un des commentaires fait sur le forum de RTL-TVI à la suite de l’annonce, dans le journal télévisé  du 5 janvier, de la séquence « Romain Hissel dit tout », annonçant l’interview dans Ciné-Télé-Revue.

Je respecte Romain Hissel comme je respecte son père Victor. Qu’il y ait eu d’énormes difficultés de communication entre son père et lui, je n’en doute pas. Mais à l’opposé de tout ce que les journalistes-justiciers ont dit du comportement familial de Victor Hissel, lors de son passage en correctionnelle (voir les journaux télévisés et la presse de l’époque, aux alentours du 2 septembre 2010), les déclarations de Romain ont pour conséquences de dédramatiser ou de dé-diaboliser son père. Selon le texte repris par RTL-INFO, il ne semble pas qu’auraient existé des faits particulièrement odieux qui auraient à justifier la gravité de l’acte contre le père. Je sais que dans la séquence du Journal de RTL, Romain parle du caractère violent de son père. Mais je ne mettrais pas ma main au feu pour dire qu’il n’y avait que son père qui était violent. En fait tous les psychologues de la famille, travaillant non pas sur les membres individuels mais sur la famille entière, savent que dans les relations familiales il n’y a pas nécessairement d’individualité qui serait la cause de tous les malheurs. Les psychologues de la famille disent : c’est le système familial qu’il faut élucider, sans nécessairement désigner de coupables ni d’un côté ni de l’autre. C’est une histoire familiale, faite de frustrations énormes (“ Mon père se consacrait plus à la recherche de Julie et Melissa qu’à sa propre famille” déclare Romain comme étant un point central qui n’a pas fait souffrir que lui). Histoire familiale comme des milliers d’autres, faites d’interprétations d’attitudes, faites de malentendus, de reproches rentrés, de violences ouvertes ou contenues, de souffrance débordante, de silences et d’isolements, de manques de communication, le tout rétrécissant véritablement les possibilités de vivre pleinement. Il fallait probablement une soupape, un geste. Peut-être pas celui-là. Les déclarations de Romain touchent de tellement près la vie quotidienne et presqu’anecdotique de milliers de familles, qu’on se demande pourquoi les journalistes veulent encore en faire des séquences télévisées gonflantes, comme celle que j’ai vue dans le journal RTL-TVI de 19h00 ? (Ghilidane)


4 réponses à “INTERVIEW DE ROMAIN HISSEL dans le Ciné-Télé-Revue du 7 janvier 2011.

  1. Sur Google on trouve maintenant uniquement les publications négatives sur Victor Hissel.
    Toutes les autres publications ont disparu…
    Nous avons trouvé encore une publication très intéressante:

    L’Etat belge condamné dans l’affaire de la disparition de Gevrije Cavas (archives)

    par Victor HISSEL

    Le 6 février 1985, le petit Gevrije CAVAS quittait son domicile de Molenbeek en fin d’après-midi pour rejoindre son frère parti jouer au football avec des copains ; il n’est jamais revenu.

    L’enquête du parquet de la jeunesse de Bruxelles s’est déroulée de façon très classique (pour l’époque), sans considération véritable de la situation dramatique de ce jeune enfant et de sa famille, qui plus est de nationalité et de langue araméennes (turques).

    En 1997, soit quelques douze années plus tard, alors qu’aucun résultat n’a pu être engrangé, l’affaire est (enfin) mise à l’instruction, sous la pression de l’opinion secouée par l’affaire « Julie et Mélissa » et ses suites (comme le relèvera le Tribunal).

    Depuis lors, cinq juges d’instruction différents, de sensibilités diverses, se sont succédés, sans plus de résultat concret, desservis par le temps perdu.

    Aujourd’hui, « l’enquête se poursuit » sans que l’on sache trop bien sur quels éléments et dans quelle direction, puisque le délai maximum de prescription (deux fois dix ans) est dépassé.

    C’est dans ce contexte que la famille de Gevrije a introduit en 2002 une action judiciaire civile contre l’Etat belge, pour les fautes et manquements commis dans le cadre de l’enquête, en réparation des préjudices qu’elle estime avoir subis de ce fait.

    Par un jugement (toujours susceptible d’appel) rendu le 29 novembre dernier, la 71ième chambre du tribunal de première instance de Bruxelles a fait droit, dans une certaine mesure, à cette demande de réparation.

    Il s’agit d’une « première », puisqu’il n’existe aucun précédent de condamnation de l’Etat belge pour motifs de manquements dans la conduite d’une enquête pénale [1].

    Vous pouvez consulter, au bas de cet article, l’intégralité de ce jugement.

    Victor HISSEL
    15 décembre 2006

    Sur le site du Réseau des Comités Blancs, le témoignage de Besim Cavas, frère de Gevrije, lu au Sénat le 20 octobre 2006.

    Rubrique: DEFENSE DES VICTIMES

  2. J’ai lu l’interview de Cine-tele-revue.
    Il y a quand même quelque chose de surprenant dans les questions du journaliste surtout quand il dit : – Un jour, si votre père vous demandait pardon, lui accorderiez-vous ?
    Je crois que là il y a un glissement – dont aurait dû être conscient le journaliste ! – qui montre que l’on est en train de se tromper de victime dans le dossier de Romain Hissel
    La victime, ici, d’ une dizaine de coups de couteaux et plus, c’est le père. Et tout ce que Romain Hissel dit, même s’il est sincère, c’est sa vision, son ressenti. Victor Hissel a bien dit qu’il ne dirait rien pour se défendre, pour des raisons affectives et morales . Il l’a dit devant le tribunal Correctionnel, devant lequel il comparaissait pour consultation d’images pédo-pornographiques pendant la période 2005-2008, et dont le jugement a écarté toutes les allégations du fils, maintes fois brandies au cours de l’audience, par le ministère public et les avocats de Romain, eux-mêmes. Et depuis aucune confrontation n’a été organisée, Victor Hissel n’a jamais été entendu par rapport à la perception que son fils a de lui, et l’instruction a même laissé tomber l’expertise qui devait évaluer le lien entre le comportement du père et la tentative de meurtre commise par son fils. La présomption d’innocence existe encore ! Et Victor Hissel n’est inculpé de rien par rapport à son fils.

  3. NOUS DEFENDONS VICTOR HISSEL

    ‘Romain Hissel explique que son père consultait des photographies pédophiles depuis très longtemps’ écrivait Sarah Rasujew dans La Dernière Heure de 6.1.2011

    Mais n’oublions pas la manière dont Victor Hissel (le père de Romain qui parlait d’un réseau pédo-criminel dans l’affaire Dutroux) a été brisé par la presse, porte-parole de la Justice belge !
    On a même publié les photos où on voit comme Victor Hissel est à moitié mort dans une mare de sang. Et les photos étaient de nouveau accompagnés par des commentaires horribles.
    Si la presse et la Justice belges avaient respecté les droits de la défense de Victor Hissel, Romain Hissel n’aurait jamais poignardé son père. La presse et les journalistes corrompus sont responsables pour ce drame familial.
    Et Child Focus jouait un sale rôle dans cette affaire en devenant partie civile
    pour Romain Hissel qui est dépeint comme une victime d’un père avec des tendances pédophiles.
    Il est trop facile de dire que Romain Hissel est devenu ‘la victime d’un père qui était obsédé par l’affaire Dutroux et qui n’avait pas du temps pour son pauvre fils’.

    http://www.dhnet.be/infos/faits-divers/article/337914/le-fils-de-victor-hissel-se-confie.html

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