VICTOR HISSEL DOIT-IL CONTINUER A VIVRE ?


Comment  moi, qui ai quasiment fondé le Comité de Soutien des parents de Julie et Melissa  et été coordinateur des Comités Blancs, puis-je justifier une amitié que je continue à porter à cet homme que j’estime, encore et toujours,  respectable ?

En temps normal j’aurais hésité à le faire publiquement. Mais l’insistance médiatique à le cibler partialement m’a incité à me débarrasser de cette pudeur. Le cibler, oui. Car c’est le seul dont parle la presse, avec une redondance certaine, alors qu’il y a une vingtaine de personnes, au moins,  vivant en Belgique dont les adresses IP d’ordinateur ont été relevées par les enquêteurs de l’opération « Koala ».

Certes, Victor Hissel est une personnalité dont la carrure a permis une aide juridique si efficace aux parents de Julie et Melissa, qu’il a perturbé l’ordre et la mentalité judiciaire, en prétendant mordicus que les victimes avaient des droits, dont celui d’accès au dossier de l’instruction, ce pourquoi il fut sévèrement critiqué pour en avoir été le pionnier. On dira donc que c’est une personnalité « publique ».

Il a regardé des images pédo-pornographiques, oui. Et il a déclaré, j’en suis témoin,  dès le début de son inculpation, que ce n’était pas en rapport avec des recherches de type professionnelles ce qui m’a laissé meurtri.

Je l’ai condamné, moralement, pour le tort que cela allait causer à tous ceux qui avaient combattu avec lui.  Je lui ai surtout reproché de ne pas avoir signalé les sites regardés aux services de police comme Computer Crime Unit. Mais nous étions amis et je ne l’ai pas abandonné.

Il n’a pas cherché d’excuses et a eu le courage de regarder sa réalité en face, le côté obscur qui est en lui. Que celui qui n’a pas de fantasmes, de côtes obscurs en lui,…qu’il  jette  etc…. Pour le reste, je laisse faire la justice, et la laisse décider si de regarder des  images pédo-pornographiques est une infraction à la loi ou pas, alors que bien avant le 24 juin, date de sa comparution devant le tribunal correctionnel, certains journalistes, eux, ont déjà  décidé. Pour ceux-là,  il ne suffit pas de reconnaître ses fautes, il faut encore réinventer le pilori. Certains journalistes s’ingénient même, en puisant dans le dossier du fils, inculpé pour tentative de parricide, à rendre l’image du père plus abjecte.

La relativité de cette attitude qui va au-delà des valeurs morales et déontologiques que je défends m’a sauté aux yeux quand des intellectuels, des artistes, des journalistes, des ministres mêmes, ont, à l’inverse de la pilorisation, pris la défense offusquée de Roman Polanski.

Il m’est apparu évident, tant il était isolé, que le simple fait de vouloir continuer à vivre, difficilement, non seulement face à  la réprobation sociale mais aussi face au  risque d’effondrement de lui-même, était ressenti par beaucoup et même par des proches,  comme une arrogance insupportable.

Comme s’il fallait le détruire complètement.

C’est cette puissante capacité de réduire l’image d’un homme à sa faute que je veux combattre ici.

J’ai connu Victor Hissel  quand j’étais responsable de l’émission Faits Divers à la RTBF.

Avant sa rencontre et surtout celle des parents de Julie et Melissa, je commençais à peine à prendre conscience de l’interpellation extraordinaire que la disparition d’enfants devait poser à la société. Mais la détresse des parents mêlée à la conviction que leurs filles étaient toujours vivantes, et la nécessité vitale pour eux de ne pas rentrer dans le rôle préfiguré de victimes patientes attendant simplement que l’institution judiciaire fasse sont travail, m’a convaincu que je ne pourrai jamais, après avoir fait une émission avec eux, ne pas les aider.

C’est à ce moment là que j’ai perçu toute la carrure de leur avocat qui s’est mobilisé entièrement,   pour faire valoir leur cause de victimes actives et vigilantes, alors qu’il faisait lui-même partie du pesant monde judiciaire. C’est donc à l’intérieur de celui-ci que Victor Hissel a creusé, jour après nuit et nuit après jour, une voie qui permette aux parents de survivre et de faire valoir leurs droits,  malgré leur cauchemar.

Il y avait cette attente incommensurable des parents qui recherchaient leur petite fille et la conscience pour eux que l’on pouvait les sauver en les retrouvant vivantes. Ils vivaient donc cette urgence majeure, légitime, et perpétuellement présente chez eux, pour que les choses bougent, et quand Victor Hissel  est  intervenu auprès d’eux d’une façon « classique » il a  tout de suite compris qu’il ne répondait pas à ce qui était chez eux une attente quasi-impossible à satisfaire.  Et il a bien dû, vers la fin du mois d’août 95,  se remettre en question en se disant de deux choses l’une : « ou bien je m’ arrête de m’occuper de ce dossier parce que je ne donnes pas satisfaction, ou bien je prends en charge leur indicible souffrance et je fonctionne en conséquence ! »

Et c’est ce qu’il a fait, il a  repris le dossier en étant résolu à ne plus laisser passer un jour de retard quand il demandait  quelque chose à l’institution judiciaire, résolu à ne pas se  laisser lanterner par les procédures.  Cela lui a valu énormément de critiques, de reproches et de suspicions.

Il a donc inversé sa démarche d’ avocat classique, qui relaye auprès de ses clients, les incontournables étapes des lenteurs judiciaires, et, à l’inverse, il a porté au sein même de l’institution, leur urgence et leur détermination. Il a été le fer de lance juridique, l’outil judiciaire,  du droit des victimes, et des parties civiles, pour, notamment, leur permettre l’accès au dossier de l’instruction.

Son combat a été sincère et focalisé sur une seule idée : retrouver les petites, vivantes.
Le Comité de Soutien des parents de Julie et Melissa a bénéficié également de son esprit incisif et de sa perspicacité dans l’analyse du contexte judiciaire et médiatique. Ensemble, avec les parents nous avons pu avoir une résonance sociale telle qu’il n’était plus possible de faire passer la disparition des petites filles dans la colonne « pertes et profits de la société ».  Je reste persuadé que cette cohésion, qui nous a animé autour des parents, a été le facteur décisif qui a fait qu’il devenait impossible qu’on ne les retrouve pas…Et l’on sait qu’on les retrouva, …mortes dramatiquement …

On a pu douté de tous les services judiciaires, de police et de gendarmerie, puisque le nom de Dutroux était connu et contenu dans des rapports depuis août 1995 !

Si je n’ai aucun doute concernant cette période c’est bien à propos de Victor Hissel.

Je ne doute pas un seul instant que pendant tout ce combat Victor Hissel a été fidèle à la cause des parents : l’énergie, la rectitude, la générosité, la rigueur et l’efficacité des actions ne peuvent mentir.

Pour moi Victor Hissel est bien autre chose qu’un procès en correctionnelle.

10 réponses à “VICTOR HISSEL DOIT-IL CONTINUER A VIVRE ?

  1. Victor Hissel a-t-il encore le droit de vivre ?

    oui.
    oui ?
    oui, mais …
    oui, mais alors qu’il soit plus discret.
    oui, mais qu’il cesse d’être arrogant, d’aller et venir comme si de rien n’était.
    oui, mais qu’il se taise …
    oui, mais avec humilité, en silence, à l’ombre …
    oui, sans doute, mais qu’enfin il nous laisse tranquille
    oui, peut-être, mais alors sans rire, sans sourire, sans son sempiternel humour, sans cet air de donner des leçons.
    oui, certes, mais de grâce en quittant le barreau.
    oui, mais en quittant le pays …
    oui, mais en quittant ses amis.
    oui, mais qu’il laisse ses proches vivre leur vie.
    oui, mais bon dieu sans la ramener sans cesse …
    oui, … ?!?

    oui, enfin bref, non !

    « Monter, c’est s’immoler : toute cime est sévère. »

    Victor H.

  2. Merci José pour cette importante information. Merci de si bien exprimer – et d’avoir le courage de le faire – ce que je pense aussi de cette si triste « affaire ». Pour les parents de Julie et Mélissa, j’ai aussi espéré entendre Me Hissel déclarer que ses visites sur les sites en question relevaient d’un devoir d’information pour ses investigations. Le choc passé, j’ai aussi été animée d’un sentiment d’admiration à le voir reconnaître ainsi publiquement sa faiblesse. Et pourtant, il devait être bien conscient de se jeter dans la fosse aux lions! Et quels lions!
    Il est bien clair qu’il y a absence du respect de la justice dans cet amalgame père-fils, tout aussi clair cet acharnement sur Me Hissel au regard du suivi judiciaire des autres visiteurs des mêmes sites pendant les mêmes périodes.
    J’espère que ses Conseils seront aussi tenaces et courageux que lui-même, que la justice triomphera, qu’il retrouve surtout un peu de Paix.
    Merci encore. Meilleurs sentiments. Maggy Dumont. Durbuy

  3. Je suis admiratif . Un ami reste un ami, même et surtout dans la difficulté. Continue le et les combats, José, nous sommes avec toi.

    Roberto

  4. Merci pour ce substanciel commentaire que je ne peux qu’approuver.
    Il ne s’agit pas de faire de Victor Hissel une victime, mais il est des droits fondamentaux qui concernent aussi les inculpés, quoiqu’ils aient fait. Je n’ai jamais soutenu, et Victor Hissel non plus, que le droit des victimes devait se constituer aux dépends du droit des inculpés. Je trouve même que la protection des victimes n’a rien à gagner de la destruction de la vie sociale et professionnelle d’un inculpé.
    Un avocat, même célèbre, impliqué dans la même affaire mais qui n’aurait pas mené le combat de Victor Hissel, à coups de boutoirs dans l’institution judiciaire, pour que l’on retrouve les petites Julie et Melissa vivantes n’aurait eu droit qu’à un entrefilet dans la presse avec au plus ses initiales. Donc c’est vrai que Victor Hissel n’est pas un inculpé comme un autre. Pourquoi les inculpés dans la même affaire ne sont-ils pas connus ? Parce que quelque part des décisions sont prises afin que la presse ne puisse s’emparer de leurs noms ce qui pourrait avoir pour effet la destruction de leur vie familiale, sociale et/ou professionnelle. Sur cet aspect, d’ailleurs, je ne vois pas en quoi l’opprobre, le traitement dégradant, la destruction sociale et professionnelle d’un individu peut profiter à la protection des enfants. Bien au contraire.
    Il me souvient avoir lu peu après l’inculpation de Victor Hissel un texte publié dans la Libre Belgique et signé par Jean-Yves Hayez :

    «(…) de quoi avons-nous besoin? D’abord et avant tout, de solidarité. Solidarité pour donner aux victimes potentielles de toute agression le courage de se défendre et de demander de l’aide. Solidarité avec les victimes avérées, pour les aider à se reconstruire. Solidarité pour ouvrir l’œil, protéger, prévenir. Solidarité encore pour parler à ceux que nous avons repéré parce qu’ils commencent à fauter, pour les empêcher d’aller trop loin. Solidarité enfin pour ceux qui ont commis des fautes : certes, ils doivent payer une dette et réparer mais il nous faut aussi être aussi davantage présents dans leur vie pour les soutenir et les encourager à être meilleurs !
    Je le redis nous ne sommes pas d’une nature humaine différente d’eux. Reste à espérer que nous, nous osions demander de l’aide si nous commençons à déraper. Victor Hissel a eu trop de faiblesses ou de pudeur pour le faire, ou trop de doutes face à l’indifférence sociale, et cela se paie cher ! »
    (Jean-Yves Hayez,Libre Belgique, 22 février 2008)

  5. Nous nous préoccupons du respect des droits que nous jugeons fondamentaux au point de nous donner un devoir d’ingérence.
    – Droit à la vie
    – Droit à mener une vie conforme à la dignité humaine, dont le droit à ne pas subir des traitements inhumains et dégradants
    – Droit au respect de la vie privée
    – Droit à un procès équitable
    Dans la tradition des DROITS DE L’HOMME, il est admis que c’est à l’Etat qu’il incombe de respecter ces droits du citoyen.
    C’est l’Etat qui ne doit pas torturer, qui doit organiser un procès équitable, qui doit respecter la vie privée,…
    Et l’Etat considère sans doute ici que ces magistrats ont l’indépendance d’esprit suffisante pour ne pas se laisser influencer par les discours ambiants.
    On ne dirait peut-être pas la même chose d’un jury d’assises mais des magistrats professionnels, voyons, enfin, ils sont au-dessus de tout ça !
    Et puis, j’ai cité certains droits fondamentaux mais il y a les autres : le droit à la liberté d’expression notamment, droit tellement fondamental lui aussi. La Vérité (avec un grand V) a aussi ses droits.
    Certes, mais ma liberté s’arrête là où commence celle de l’autre. Ma liberté n’est acceptable que pour autant qu’elle s’exprime dans le respect d’une égale liberté pour l’autre. La liberté d’un seul au détriment des autres, ça s’appelle dictature.
    Victor HISSEL a été inculpé en date du 14 février 2008.
    Le 18 février, Victor HISSEL doit être entendu par les enquêteurs pour la deuxième fois.
    Le matin de ce jour, la nouvelle de son inculpation est rendue publique par la radio de sorte qu’il est accueilli au palais où il se rend pour être entendu dans le cadre de l’enquête par plusieurs journalistes et caméramans.
    Ceux-ci le pressent de questions avant et après l’audition, tentent de le joindre sur son GSM, essayent tout pour obtenir des interviews, comme certains qui écrivent d’heure en heure des SMS de plus en plus pressants, allant jusqu’à dire : « si vous ne parlez pas, ça va se retourner contre vous »
    Je crois qu’il est bon que je rappelle ici que le droit au silence est un des droits fondamentaux reconnus aux prévenus, et nous qui sommes abreuvés de séries américaines, nous ne l’ignorons pas : « vous avez le droit de garder le silence, tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous, … »
    Et c’est bien parce que tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous, devant la justice ou devant l’opinion, que vous avez le droit de garder le silence et que ce silence ne pourra être retenu contre vous !
    Victor HISSEL est donc entendu dans ce contexte là ! Est-ce acceptable, est-ce admissible ?
    Peut-on considérer une audition dans ce contexte comme une prémisse à un procès équitable ?
    Toutes la journée, sur les journaux en ligne, en radio et en TV, la nouvelle va être relayée, amplifiée puis exploitée méthodiquement : Victor HISSEL va faire la Une des quotidiens belges pendant trois jours et faire l’objet d’articles où l’on annonce qu’il a payé avec sa carte visa, qu’il a téléchargé,… les amalgames sont nombreux.
    La justice a rendu des décisions de non lieu pour l’achat d’image et le payement mais les articles sont toujours visibles comme tels sur internet, sans annotation, sans mention marginale des décisions intervenues, sans rectification de la fausse information.
    Il y a là, assurément, une calomnie qui dure et se répète encore et encore. Encore un traitement indigne, inhumain, dégradant. Et que dire des droits de la Vérité ? Et d’ailleurs, qu’est-ce que la Vérité ?
    Les journaux se déchaînent contre celui que certains appellent l’imprécateur, ou l’usurpateur, quoiqu’on l’accuse d’usurper un rôle que ces mêmes lui prêtent et qu’il n’a pourtant jamais eu, ni revendiqué.
    Usurpateur de quoi ? Je vous le demande.
    On dit de lui qu’il n’est « plus même tout à fait un être social » !
    A-t-il encore le droit de vivre ? De vivre ici ? Dignement ?
    On peut en douter et pourtant c’est un droit, le droit fondamental entre tous : droit à la vie et à la sûreté de sa personne (des menaces de mort ont été proférées contre lui sur certains blogs).
    Oui, la question mérite d’être posée : Victor HISSEL a-t-il encore le droit de vivre ?
    Et sans doute tout ce qui vient d’être rappelé serait venu à bout de moins résistant que lui, résistance qui lui avait déjà donné de tenir de l’exil où l’avait mis sa défense sans répit des petites Julie et Mélissa.
    Tout le contenu du dossier, les déclarations concernant les éléments les plus intimes de la vie et de la pensée est révélé à la presse où à des « tiers intéressés »
    Sans doute un inculpé n’a-t-il plus le droit au respect de sa vie privée, ni non plus ses proches.
    Dans un tel contexte, comment peut-on imaginer qu’une expertise psychologique, pour autant que la démarche ait du sens comment donc imaginer qu’une expertise psychologique puisse se dérouler correctement alors que l’expertisé sait, non seulement que ce qu’il va confier va être retenu contre lui mais qu’il va devoir s’exprimer sur ses rapports avec ses proches, ses parents, son conjoint,… et que tout cela sera disséqué par le Tribunal, sans doute, mais aussi par Dupont, par Durant, mon cousin, ma tante Berthe et chaque citoyen de ce pays qui reçoit ainsi le droit de juger de l’intimité non seulement de l’expertisé mais aussi de sa mère qui a agit de telle ou telle façon, de son père qui a bien fait ceci mais mal cela, de sa femme, de ses enfants,…
    Non c’est impossible. Dans un tel contexte, cela ne peut être qu’une mascarade.
    Et la Justice n’a-t-elle pas ses droits, elle aussi ?
    Des journalistes ont proclamé qu’ils entendaient bien profiter des fuites et qu’il leur importait peu que celles-ci nuisent à l’enquête et à la manifestation de la Vérité et de la Justice.
    Allons, bats les masques. Ne me parlez plus de Liberté, ni des droits de la Vérité. Vous en faites des déesses pour mieux blasphémer et profaner leurs temples dont vous êtes les marchands modernes guidés par le seul appât du gain.
    Si la colère me prend c’est en pensant à Stacy et Nathalie : deux autres petites filles martyrs à propos desquelles les journalistes n’ont pas respecté le secret qui leur était demandé pour permettre qu’on les retrouve, deux petites filles dont il a fallu protéger l’exhumation en plaçant une rame de TGV entre le lieu de la découverte de leurs corps et les journalistes venus de loin pour avoir en primeur et en exclusivité, pour leur cher public, des photos de cadavres de gosses.
    Là, l’Etat a assuré, pour une fois, par hasard peut-être, à l’intervention d’une personne qui était là alors qu’une autre n’y aurait pas pensé.
    Qui sait ?
    Alors le procès équitable dans tout ça ?
    La loi FRANCHIMONT a permis la communication à la presse, dans certaines limites qu’il faudrait rechercher et étudier, du contenu des dossiers d’instruction.
    L’idée était : puisqu’il est impossible d’éviter les fuites, contrôlons la communication.
    Pour des raisons touchant à la nécessaire impartialité du juge d’instruction, il a été choisi de laisser la communication au Parquet puisqu’il a le droit d’être subjectif et que ses propos pourraient moins « être retenus contre lui » (cf le dessaisissement d’un juge d’instruction qui avait dans un courrier, parlé de « présumé coupable » à propos d’un inculpé).
    Bien, ça fait les affaires du Parquet mais il n’empêche que ça lui donne aussi une arme : le parquet peut orienter l’information et déstabiliser en cela la défense alors que le principe du contradictoire est un des principes fondamentaux du débat judiciaire.
    Les magistrats sont-ils vraiment eux sans crainte par rapport à la presse alors qu’ils sont nommément cités ?
    Est-il normal d’être escorté par des caméras de télévision pour se rendre « devant ses juges » ? N’est-ce pas inhumain ?
    Sans la médiatisation, il n’y aurait pas eu de constitution de partie civile de Child Focus, non pas parce que cet organisme n’était pas au courant (child focus aurait pu se constituer dès le 18 février 2008) mais parce qu’il recherche la publicité bien plus que la défense des enfants qui, si elle était vraiment leur but, pourrait se faire dans la discrétion et l’efficacité de toutes les salles d’audience.
    Le Tribunal se trouvant devant une assemblée pleine de journalistes, caméra prête à filmer, stylo prêt à cracher sa haine, ne travaille assurément pas avec la spontanéité habituelle. La remarque du Tribunal en fin d’audience où Victor HISSEL a comparu en dit long à cet égard : « qu’est-ce que vous croyez, ce n’est pas facile de gérer des audiences comme ça »
    N’est-ce pas la preuve que la pression est réelle, et le malaise palpable ?
    *
    * *
    Pour le surplus, je crois que les luttes qu’ils ont à mener, contre les autres et eux-mêmes, pour les autres et eux-mêmes, peuvent transcender les hommes qui mènent ces combats, malgré leurs parts d’ombre et leurs mauvaises actions et ainsi, l’Emile reste une œuvre de valeur malgré les carences paternelles de son auteur et Voltaire, un courageux défenseur des Droits de l’Hommes nonobstant la perception de dividendes d’actions dans les négriers. Quant à Beethoven le misanthrope, l’associal légendaire, il a écrit la musique que l’humanité envoie dans l’espace comme la plus représentative de ce qu’elle a de bon.
    Au delà ce cela, je suis par ailleurs habitée par l’idée que Victor HISSEL n’aurait pas à souffrir autant pour ses mauvaises actions passées, qu’il ne nie pas et dont il reconnaît le caractère inacceptable, s’il ne s’était pas tant donné à la cause des victimes et de leurs droits.
    Ne l’oublions pas, s’il n’avait pas combattu de façon si virulente, aux côtés des victimes depuis 15 ans, on parlerait de Monsieur H. et il n’aurait pas fait la « une », comme ce Monsieur G. dont Roland Planchard parle dans la LLB du 16 avril 2008 dans un article intitulé « La jurisprudence contre Victor Hissel » tout en se gardant bien en outre, de préciser que Monsieur G. a payé pour consulter. Bien sûr il aurait eu à rendre des comptes mais il n’aurait pas fait l’objet de ce lynchage médiatique qui, s’il ne trouve pas les ressources nécessaires pour tenir, risque bien de le priver d’avenir.
    C’est aux démocrates, aux défenseurs des Droits de l’Hommes, aux défenseurs des Humains tout simplement et de leur droit à la poursuite du bonheur que j’adresse un SOS désespéré, faute de pouvoir faire quelque chose de mieux et parce qu’il n’est pas possible de ne rien faire face à tant de tristesse, de souffrance et de désespoir, parce qu’à la difficulté de vivre avec le poids de sa faute il y a en plus la difficulté de vivre l’ostracisme, la mise à l’écart, le bannissement, l’exclusion sans appel des ennemis bien sûr mais aussi de certains amis (heureusement rares), la peur de perdre toute raison de vivre mais aussi la possibilité de faire vivre sa famille.
    De quel droit nous qui nous prétendons défenseurs des libertés et des droits fondamentaux laissons nous sans rien dire mettre quelqu’un au pilori (traitement inhumain et dégradant qu’on n’accepterait pour personne d’autre sans rien dire), le laissons nous être privé du droit à un procès équitable (non seulement parce qu’il aura été condamné avant d’avoir pu voir sa cause entendue équitablement, dans le respect du contradictoire mais parce qu’il a en outre été diffamé et calomnié), le laissons nous être privé de la possibilité de bénéficier du droit au secret (pourtant prévu par la loi) et même du droit à l’oubli prévu lui aussi par notre système juridique ?
    Nous assistons sans rien dire à la maltraitance dont il est victime du fait des carences de l’Etat et même de la volonté de certains de ses fonctionnaires (il y a des fuites qui ont été délibérément organisées parce que c’était lui et au vu de ses prises de position dans le passé).
    Est-ce vraiment ainsi que nous mènerons au mieux le combat en faveur du droit et de la démocratie en général et des victimes en particulier ?
    Victor HISSEL a droit à recevoir aide et soutien dont il a besoin comme n’importe quel être humain (qu’il reste malgré les propos de Roland Planchard qui dit qu’il n’est « plus même toute à fait un être social.. ».LLB 21/02/08) maltraité proche ou lointain , au nom du droit qu’il a comme tout le monde à être traité humainement quoiqu’il ait fait et en outre parce nous savons aussi le bien qu’il a pu faire (notamment en exerçant son métier) et qu’il est apte à faire encore.
    ANTIGONE

  6. Merci pour cette réaction qui est à la mesure des épreuves par lesquelles tu es passé et dont tu es sorti vitorieux.

    Mon attitude est basée sur la distinction radicale entre les faits reprochés dont le jugement relève du tribunal et la présence à un procès pour observer les conditions dans lequel il se déroule. Cela ne vaut pas tant pour le tribunal que pour la pression médiatique qui depuis le début de l’affaire bénéficie de fuites commises dans les dossiers d’instruction de l’affaire du père et de l’affaire du fils. Des informations fausses persistent dans la presse. Et je ne peux pas m’empêcher de penser que si Child Focus se porte partie civile (alors qu’en une dizaine d’années il ne l’a jamais fait qu’une fois, pour un abuseur sexuel avéré = passage aux actes sur petites filles !) ce n’est pas seulement pour réclamer une prime de 25000 euros ( pas un franc symbolique !). c’ est que l’on veut atteindre cet homme et faire de sa destruction sociale une punition plus en rapport avec ce qu’il a représenté qu’en proportion de sa faute.
    Cela signifie aussi, que si j’y suis présent c’est que je continue à penser, librement, que Victor reste pour moi éminemment amendable, non-diabolisable et respectable. Pour moi, cela fait partie aussi de la protection de l’enfance. Il faudrait en débattre.

    • salut josé,

      je partage totalement ton indignation pour la manière dont la justice et la presse
      se comporte dans cette procédure. a bientot je l’espere

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